12 novembre 2011

Heroes of mine : Coral

Coral Browne (1913-1991)

C'est dans l'alcool et la prédation sexuelle qu'elle se révèle : comment oublier Coral Browne dans "Dr. Crippen" (Robert Lynn, 1963) où elle noie sa frustration de n'être pas assez honorée par son mari dans le bourbon et l'abus de gigolos et dans "The killing of Sister George" (Robert Aldrich, 1966) où elle incarne une productrice de télé lesbienne et arachnide ?

Pompette dans "Dr. Crippen"

Elle est née australienne, à Melbourne, mais a fait la plus grande partie de sa carrière sur les planches, au cinéma et à la télé, en Angleterre et aux USA. Sa bouche qui panachait aristocratie et vulgarité (cristallisées dans sa lèvre supérieure fine et sa lèvre inférieure charnue) était redoutée pour ses sorties outrancières et son sens de l'humour ravageur. C'est elle qui pouvait dire lors d'un dîner en parlant de deux collègues comédiens mariés : "Je n'ai jamais compris ce que Godfrey Tearle avait bien pu trouver à Jill Bennett avant de l'avoir vue manger un épi de maïs".

Manipulatrice dans "The killing of Sister George"

Chaque fois que son nom est au générique d'un film, je me fais une joie. Elle fait partie des ces acteurs de seconde célébrité qui vous dévorent une scène en laissant leurs partenaires sur le carreau. Et qui, c'est un plus, portent très bien le chapeau. Ses apparitions à l'écran furent trop rares à mon goût, c'est pourquoi je chéris, en plus des deux films précités, "Auntie Mame" (Morton DaCosta, 1958), "The roman spring of Mrs Stone" (José Quintero, 1961) et "Theater of blood" (Douglas Hickox, 1973). C'est au cours du tournage de ce dernier film qu'elle a d'ailleurs rencontré Vincent Price, qui l'épousa.

Vincent & Coral

Coral Browne était l'une des plus hautes dignitaires du Camp. A Lady with a thing.