1 mai 2012

Films vus par moi(s) : mai 2012



*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Le Comte de Monte-Cristo (Robert Vernay, 1943) ***
Une mise en scène plus exaltée aurait fait du film un chef-d'oeuvre mais tel qu'il est, avec sa photo superbe, son scénario respectant intelligemment Dumas et surtout la présence charismatique de Pierre Richard-Willm, un Dantès/Monte-Cristo classieux en diable, c'est sans doute la meilleure version (qui eut sous l'Occupation un succès immense). DVD Z2 Fr

The Maltese Falcon / Le Faucon Maltais (John Huston, 1941) ***
Bogart, Astor, Lorre, Greenstreet et Cook sont inoubliables et la réalisation de Huston s'approche de la perfection mais c'est le dialogue d'un cynisme hilarant  - "Quand on perd un fils, on peut toujours en avoir un autre mais il n'y a qu'un Faucon Maltais" - qui propulse au firmament ce classique (du Film Noir ? de la comédie ?) au bavardage étourdissant. BR Fr 

Tu seras mon fils (Gilles Legrand, 2011) ***
La morbidité des tragédies classiques plane sur cette histoire de haine paternelle dans un vignoble du Bordelais. Niels Arestrup compose - formidablement - un monstre face au vulnérable Lorànt Deustch. La photographie solaire magnifie le paysage qui sert de décor à une bataille affective d'un genre rarement évoqué au cinéma. Un film qui frappe fort. DVD Z1 Fr

The jungle book / Le livre de la jungle (Wolfgang Reitherman, 1967) ***
A part la séquence un peu longuette des éléphants, il n'y a rien à jeter dans cette merveille de Disney. De la splendide jungle du générique au beau final près du village, des personnalisations aux immortels morceaux musicaux ('The bare necessities","I wanna be like you"...), la magie opère à chaque fois. Un film qui m'est très cher : mon premier vu au cinéma. DVD Z1 US

Die goldene Stadt / La ville dorée (Veit Harlan, 1942) *
Gros succès du cinéma nazi, ce mélo en Agfacolor sur une oie blanche (Kristina Söderbaum, qui joue en équarquillant les yeux) qui quitte la ferme paternelle pour aller à Prague - la ville dorée - où elle perd toutes ses illusions, est anodin avec de belles images. Le message réactionnaire contre la ville et ses tchèques corrupteurs est l'élément le plus intéressant. DVD Z2 Allem

Le fugitif (Robert Bibal, 1946) *
Un étrange hybride entre le réalisme français et le film noir américain sur un innocent évadé (René Dary) qui revient dans une petite ville montagnarde canadienne pour se venger et retrouver son amour. La Savoie passe pour le Canada, tout le monde parle français sans accent et l'action patine. Ces multiples bizarreries font du film une vraie curiosité. DVD Z2 Fr

La prima cosa bella (Paolo Virzi, 2011) 0
Un frère et une soeur éloignés se retrouvent au chevet de leur mère qui se meurt d'un cancer alors que la chronique de leur vie familiale, des années 70 au présent, nous est racontée en flashbacks. Tout cela sonne terriblement artificiel, entre scènes d'humour et d'émotion fabriquées. Les bons acteurs (et le plaisir de revoir Stefania Sandrelli) n'y peuvent rien. DVD Z2 Fr

Snowtown / Les crimes de Snowtown (Justin Kurzel, 2011) **
Le quotidien terrible d'un ado d'une banlieue d'Alélaïde entraîné par le compagnon de sa mère, un serial-killer, dans une série de crimes brutaux. D'après un fait-divers australien, ce portrait éprouvant d'une manipulation psychologique dans une société sordide est uniformément désespéré. Impressionnant et formidablement interprété mais vraiment crade. BR UK

Nos jours heureux (Eric Toledano & Olivier Nakache, 2006) *
Cette chronique d'une petite colonie de vacances au début des années 90 remplit son humble mission : jouer sur le charme du souvenir sans provoquer une seule vague. C'est sympa et démago comme il faut et ça se laisse regarder sans surprise (avec un running gag plutôt drôle : la monitrice timide et coincée qui se déchaîne dans le juron ordurier). DVD Z2 Fr

Mission: Impossible - Ghost protocol / Mission : Impossible - Protocole fantôme (Brad Bird, 2011) 0
De l'action, de la technologie, du cool, de l'exotisme géographique, de la musique qui martèle et Tom Cruise qui a pris un coup de bouteille (c'est ça le plus intéressant) : toute cette débauche d'énergie pour un blockbuster formaté qu'on regarde passer comme une vache un train. J'ai laissé tomber à la fin de la séquence de la tempête de sable à Dubaï. BR Fr

Weekend (Andrew Haigh, 2011) ***
A Nottingham, deux gays proche de la trentaine se rencontrent en boîte, passent une nuit ensemble et les 48 heures suivantes à discuter en évaluant leur attachement réciproque. Les thèmes de la solitude, de l'identité sexuelle, des choix affectifs sont traités avec finesse dans ce film qui parle pour dire quelque chose. Avec deux très bons acteurs. BR UK

La grande illusion (Jean Renoir, 1937) ***
Quel bonheur que de revoir un classique comme celui-là et d'en redécouvrir scène après scène la justesse, l'émotion, l'intelligence et l'audace. Bien sûr, les personnages sont des stéréotypes (et encore) mais n'est-ce pas ce qui en fait l'universalité ? Gabin, Fresnay, Dalio, Stroheim, Carette, quoi ! Et les scènes du show, du géranium, de la veuve... BR Fr

Damages, saison 1 (FX Network, 2007) ***
Glenn Close est le choix parfait, évident, pour le rôle d'une avocate new-yorkaise reptilienne aux prises avec un homme d'affaires crapuleux et une jeune juriste qu'elle vient de recruter dans son cabinet. En treize épisodes tendus comme un arc, cette série-feuilleton formidablement écrite (et étonnament stressante) martèle son message : "Trust no one". BR UK

Bird of Paradise / L'oiseau de Paradis (King Vidor, 1932) ***
Dolores del Rio et Joel McCrea passent leur temps dénudés dans cet exotique et très pulp Pre-Code sur l'histoire d'amour impossible dans une île du Pacifique entre un matelot américain et une princesse condamnée au sacrifice. L'érotisme, les indigènes, la musique de Max Steiner... annoncent "King Kong", mais avec une toute autre innocence. BR US

Anonymous (Roland Emmerich, 2011) **
Le mystère sur l'identité de l'auteur des écrits attribués à Shakespeare sert de trame à cet thriller historique sans scrupule qui nous emmène au Globe Theatre et à la cour d'Elizabeth I. Ce n'est évidemment pas parole d'Evangile politique ou littéraire mais c'est malin, spectaculaire et superbement porté par Rhys Ifans et Vanessa Redgrave. BR UK

Sharkwater (Rob Stewart, 2006) **
Les formidables images sous-marines et la séquence de Greenpeace au large du Costa-Rica sont les moments forts de ce documentaire activiste contre le massacre des requins (pour leurs ailerons). Si le plongeur-réalisateur se met lui-même un peu trop en valeur, sans doute emporté par sa jeunesse, son film résonne comme un nécessaire cri de colère. BR UK

Nocturnes (Henry Colomer, 2006) *
En neuf séquences nocturnes N&B, le réalisateur évoque ses souvenirs et impressions d'enfance de 1957-1958, avec l'histoire familiale (mort de la grand-mère, déménagement..) sur fond de grande Histoire (Spoutnik, Guerre d'Algérie...). Contemplatif, sensible et aussi un peu chiant mais avec plusieurs scènes très belles (le cétacé échoué, les vers luisants...). DVD Z2 Fr

2 commentaires:

  1. comme quoi Vechiali est un peu con des fois

    RépondreSupprimer
  2. Par contre Bird if Paradise m'avait semblé très conventionnel

    RépondreSupprimer