1 janvier 2014

Films vus par moi(s) : janvier 2014


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Cinerama holiday (Robert L. Bendick & Philippe de Lacy, 1955) *
Le plus faible des travelogues Cinerama. Ici, un jeune couple du Kansas visite la Suisse et Paris tandis qu'un autre, Suisse, découvre les Etats-Unis. Les séquences se succèdent, réussies (le bobsleigh, le porte-avion) ou chiantes (les shows du genre Holiday on Ice ou Lido). Le plus intéressant est le point de vue Fifties sur les Fifties, entre mièverie et propagande et l'accumulation involontairement hilarante des clichés nationaux. BR US Smilebox    

Downton Abbey, The London Season (Julian Fellowes, ITV, 2013) **
Le Christmas Special 2013 transporte tous les personnages à Londres en 1923, pour un début à Buckingham Palace et des réceptions mondaines. Tout cela se suit comme on savoure son bonbon sucré préféré : agréablement et sans grande surprise. Le piment des saisons passées n'est plus et le scénario tend à patiner. Mais la production, le casting et l'exotisme social font qu'on continue à regarder et à en reprendre. Jusqu'à quand ? BR UK  

Nosferatu (F.W. Murnau, 1922) ***
La Mort elle-même semble avoir inspiré au génial Murnau les ineffaçables visions qui jalonnent sa libre adaptation du "Dracula" de Bram Stoker. Les angoissants décors, le dynamisme de la mise en scène, l'atmosphère morbide qui infuse chaque image et chaque carton et les acteurs comme sortis tout droit des années 1830 font de ce chef-d'oeuvre le mètre étalon du film d'angoisse existentiel. Max Schreck est, quant à lui, hors de ce monde. BR US

En kongelig affaere / Royal affair (Nikolaj Arcel, 2012) **
Intrigues politiques et passion amoureuse sur fond de philosophie des Lumières avec ce film en costumes très classique dans son approche mais qui raconte un moment intrigant de l'histoire danoise des années 1760-1770 : l'influence progressiste du médecin allemand Struensee (Mads Mikkelsen) qui prit temporairement le contrôle du pouvoir sous le règne du roi simplet Christian VII et devint l'amant de la reine. Pédagogique et distingué. BR Fr 

The Blues Brothers (John Landis, 1980) ***
Même si c'est dommage d'avoir terminé le film par une course poursuite trop longue et une débauche logistique assez gratuite, le dynamlsme potache et l'énergie communicative de cette comédie musicale (au sens propre) restent irrésistibles. Comme ses numéros musicaux (formidables), ses caméos de célébrités et son humour intrépide qui ravage tous les clichés sociaux de l'Amérique. Un remède imparable à toute forme de morosité. BR Fr 

The overlanders / La route est ouverte (Harry Watt, 1946) *
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, un groupe de cowboys (hommes et femmes) fait traverser une partie de l'Australie à un grand troupeau de bétail. Régulièrement commenté en voix off et d'un esprit documentaire plus que fictionnel, une odyssée westernienne qui souffre d'un manque de péripéties et surtout de couleur (les vastes paysages australiens et tout le film en auraient été transfigurés). Une curiosité plus qu'une réussite. DVD Z2 UK

Female on the beach / La maison sur la plage / Cet homme m'appartient (Joseph Pevney, 1955) **
Un véhicule éhonté pour Joan Crawford qui est presque de toutes les scènes, splendide en caricature d'elle-même, face au trop rare et magnétique Jeff Chandler (dans un étonnant rôle de gigolo de plage manipulé par un couple d'aigrefins). Les tenues et la coiffure de Crawford, les gros plans outranciers et l'extravagance mélodramatique des sentiments propulsent le film vers les sommets du camp, ce qui suffit à faire ma joie. DVD Z1 US

Jack the Giant slayer / Jack le chasseur de Géants (Bryan Singer, 2013) **
Adapté de l'histoire des Haricots Magiques, un conte d'aventures vieille école (au sens noble du terme) avec ce qu'il faut de jeune héros, de princesse, de roi médiéval, de méchant et de créatures repoussantes. Et des spectaculaires lianes géantes qui grimpent vers le ciel. La froideur des CGI minore le pouvoir d'émerveillement mais si on a retenu un peu de son âme d'enfant, on retrouve dans ce film l'esprit des classiques d'antan. BR 3D Fr  

Dark skies (Scott Stewart, 2013) *
D'inquétants phénomènes s'abattent sur une famille suburbienne (intrusions domestiques, éruptions cutanées, assault aviaire...) : des aliens les ont choisi comme cobayes. Un film fantastique ni bon ni mauvais (et plutôt bien réalisé) qui recycle des éléments d'autres de "Rencontres du 3e type" à "Signs" en passant par "Poltergeist" et "Paranormal activity". Rien de bien original donc, on regarde un produit de série en sachant ce qu'on va voir. BR Fr

Oblivion (Joseph Kosinski, 2013) 0
Une bonne critique dans le livre "100 ans de cinéma fantastique et de SF" d'Andrevon m'a donné envie de le voir. J'ai tenu 1 heure (sur 2) en me forçant puis j'ai abandonné. Une nullité totale avec un Tom Cruise qui n'y croit pas plus que moi et les autres, un univers visuel postapocalyptique qui ne va pas plus loin que sa première idée, des références gratuites à des classiques de la SF toutes les 5 minutes... Et une histoire à la con. BR UK

Breaking bad, saison finale (Vince Gilligan, AMC, 2013) ***
Au terme de cinq saisons, "Breaking bad" s'achève comme il le fallait, avec Walter White (formidable Bryan Cranston) atteignant le bout du chemin de crime sur lequel il s'était engagé. Orientée sur le dialogue, la psychologie et les liens entre les personnages mais avec des éclairs fulgurants d'action et des envolées existentielles, cette série brillament écrite, jouée et réalisée restera comme un des grands moments de la télé contemporaine. BR Fr

Insidious (James Wan, 2011) *
Les films de maison hantée ou de possession ne fonctionnent que quand ils restent maintenus dans un contexte réaliste. "Insidious" commence comme ça et ménage des effets d'angoisse réussis mais la seconde partie, en abusant d'artifices visuels et narratifs et en choisissant de montrer ce qui devait rester suggéré, plonge dans le bazar grand-guignolesque et ruine tout. Le réalisateur s'est rattrapé en 2013 avec l'excellent "The conjuring". DVD Z2 Fr 

The act of killing (Joshua Oppenheimer, 2012) ***
Près de 50 ans après les faits, des membres d'une milice de Djakarta qui tortura et assassina des milliers de suspects communistes après le coup d'état militaire de 1965 racontent leurs exploits en rejouant avec zèle pour la caméra leurs propres crimes. Un film et un documentaire sans équivalent, qui pose des questions vertigineuses sur la mémoire et la culpabilité, la réalité et la fiction, la célébrité et le Mal... Surréaliste et très dérangeant. BR UK 

The wicker man (Robin Hardy, 1973) ***
Un flic bigot venu enquêter sur la disparition d'une gamine dans une île d'Ecosse tombe sur une communauté villageoise païenne et libertaire. On va de surprise en surprise avec ce film britannique inclassable qui mêle thriller, comédie, érotisme, musical, camp et poésie fantastique tout en les subvertissant. Pareil à nul autre, il est totalement de son époque tout en étant étrangement intemporel. La coiffure de Christopher Lee est impayable. BR UK

Love, Marilyn (Liz Garbus, 2012) **
La vie, la carrière et surtout la quête personnelle de Marilyn Monroe racontée à la première personne grâce à la lecture par des acteurs (Adrien Brody, Ellen Burstyn, Glenn Close, Uma Thurman...) d'extraits de ses notes et carnets intimes issus du livre "Fragments". On croit avoir tout vu sur elle et pourtant voilà encore un documentaire avec un nouvel angle d'approche. Les mots retrouvés de Marilyn y résonnent de façon vraiment émouvante. DVD Z2 UK

Revanche (Götz Spielmann, 2008) ***
Une pute ukrainienne et son ami, un flic et sa femme, un grand-père. Cinq personnages rapprochés par les conséquences d'un braquage et d'un drame personnel touchent le fond et pourtant... Un film noir existentiel autrichien en deux temps, citadin puis bucolique (Vienne et sa campagne) qui suggère, par petites séquences comme des chapitres, l'équilibre déterminé de l'Univers. Les acteurs, la mise en scène et la photo sont admirables. BR US

Shane / L'homme des vallées perdues (George Stevens, 1953) **
C'est par ses non-dits que ce western centré sur l'humain est captivant. Et surtout par l'énigmatique personnage de Shane (Alan Ladd, dont le jeu détaché sied parfaitement au rôle) qui arrive et repart sans qu'on en sache rien. Le point de vue d'un enfant, le Technicolor qui sublime les paysages du Wyoming et la réalisation assez académique auraient pu tirer le film vers la mièvrerie. C'est au contraire une oeuvre forte et adulte, des plus singulières. BR Fr 

The conjuring / Conjuring : les dossiers Warren (James Wan, 2013) ***
Un film de maison hantée qui en reprend tous les clichés avec portes qui grincent, coups sur les murs et ombres furtives et qui réussit magistralement à faire monter la tension à l'écran et chez le spectateur. L'assurance de la mise en scène, du scénario et des acteurs (notamment Vera Farmiga dans le rôle de la démonologue) est à l'unisson pour créer une atmosphère. Un classique du genre qui fait peur sans surenchère d'esbrouffe ou de gore. BR Fr

Vincere (Marco Bellocchio, 2009) *
Le drame de la première femme de Mussolini, répudiée et jetée à l'asile. La première partie du film, où l'on découvre l'histoire, la mise en scène et le style opératique choisis par Bellocchio laisse croire à un magnifique morceau de cinéma métaphorique. La seconde partie, qui accumule les scènes d'enfermement et de larmes, provoque un ennui fatal. Il y a plein de choses intéressantes mais bizarrement, c'est le désintérêt qui l'emporte. BR UK