3 mai 2015

Films vus par moi(s) : mai 2015


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Voici le temps des assassins (Julien Duvivier, 1956) **
Du bon cinéma de scénario, d'acteurs, de studio et d'atmosphère comme la France (et pas que) en a produit à la pelle pendant des décennies. Celui-ci est mémorable pour la garce manipulatrice que joue Danièle Delorme, son déchet de mère héroïnomane (géniale Lucienne Bogaert), Gabin égal à lui-même et le plaisir de revoir Gérard Blain. La scène de fouet est un de ces moments qui dépasse les bornes et personnellement m'enchante. DVD Z2 Fr  

Gli ultimi giorni di Pompei / Les derniers jours de Pompéi (Mario Bonnard & Sergio Leone, 1959) 0
Les réalisateurs ne font rien du format 2:35 et filment amorphes la narration de l'histoire, à peine inspirée du roman et qui se traîne jusqu'aux dix dernières minutes d'éruption pyrotechnique. Dommage parce que les décors sont pas mal du tout et les couleurs vives. Comme les bottines rouges à fourrure blanche de Steve Reeves, dont les limites du jeu d'acteur vous explosent à la figure. On s'ennuyait tant que ça à Pompéi le 24 août 79 ? DVD Z2 Allem 

Strangers on a train / L'inconnu du Nord-Express (Alfred Hitchcock, 1951) ***
Depuis les pieds qui se rencontrent au début jusqu'au manège fou à la fin, ce film est une leçon de mise en scène qui additionne ses séquences inspirées. Celle de la fête foraine, excitante et inquiétante à la fois, est un des sommets de Hitchcock. Quant au sujet, d'après Patricia Highsmith, il panache tentation ambigüe et remords, attirance et répulsion autour d'une machination psychopathique  Et ce casting, des premiers rôles aux derniers ! BR Allem  

Laura (Otto Preminger, 1944) ***
Ce film noir atypique et mondain autour d'un meurtre à rebondissements est surtout le prétexte à décrire quelques spécimens de la haute société new yorkaise chez lesquels l'Amour est impur (avec l'évocation - rien que ça ! - du fétichisme, de l'homosexualité, de l'impuissance, de la nécrophilie et de la prostitution) et d'aligner un casting formidable. Dans mon ordre : Clifton Webb, Judith Anderson, Vincent Price, Gene Tierney et Dana Andrews. BR Fr 

King Kong (Merian C. Cooper & Ernest B. Schoedsack, 1933) ***
Mon film préféré depuis que je l'ai découvert gosse, un soir, à la télé. Celui auquel toujours je reviens. Concevoir une histoire aussi délirante, la mettre en images en utilisant tous les trucs du cinéma, lui donner vie et la faire entrer dans la mémoire collective et continuer, 80 ans plus tard, à toujours projeter son pouvoir d'émerveillement et de fascination : King Kong est pour moi le film parfait. Et le seul mythe moderne que l'Antiquité aurait adoubé. BR US

The young and prodigious T.S. Spivet / L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet (Jean-Pierre Jeunet, 2013) 0
Un gamin inventeur du Montana fugue pour aller recevoir un prix au Smithsonian de Washington. C'est le pitch sur la jaquette du BR mais je n'en sais pas bien plus parce que je me suis arrêté au bout de 40', fatigué par les maniérismes de Jeunet avec l'accumulation de scènes disjointes, les couleurs criardes, la froideur émotionnelle due à l'artificialité de l'ensemble. Ca m'apprendra à redonner sa chance à un réalisateur qui m'insupporte. BR Fr   

J'ai tué ma mère (Xavier Dolan, 2009) **
Le découvrir après le formidable "Mommy" (2014), donne l'impression d'assister à un galop d'essai. Sur un sujet proche, les liens conflictuels entre un fils et sa mère, le jeune réalisateur-acteur tire un film nerveux et intrépide, sans doute en grande partie autobiographique, porté par les interprétations explosives de Dolan et d'Anne Dorval. On l'a assez dit, mais c'est vraiment remarquable d'accoucher d'un tel premier film à seulement vingt ans. DVD Z2 Fr

Walkabout (Nicolas Roeg, 1971) ***
Une adolescente anglaise et son petit frère, perdus dans l'outback australien, rencontrent et suivent un jeune aborigène. L'impossible dialogue entre la civilisation moderne et ses racines est le sujet principal, mais pas le seul (à l'époque, il y a aussi le constat de l'échec de la tentation contemporaine du retour à la Nature) de ce film beau et amer, aux images, à la musique et au rythme envoûtants. Une puissante métaphore entre rêve et cauchemar. BR UK 

Dial M for Murder / Le crime était presque parfait (Alfred Hitchcock, 1954) *
Le revoir en 3D fait apprécier encore plus le génie de la composition visuelle d'Hitchcock et la scène du meurtre raté (et surtout celle qui suit où Grace Kelly titube dans le salon éclairé d'un feu de cheminée) sont magnifiques. Pour le reste, le film souffre d'un bavardage pénible et l'histoire des clés n'en finit pas. Ray Milland est excellent mais Grace Kelly lutte avec l'accent britannique et le massacre. Médiocre en 2D, moyen en 3D, donc. BR 3D Ital 

House of wax / La maison de cire (Jaume Collet-Serra, 2005) * 
Un petit groupe de jeunes américains se retrouve aux prises avec deux cinglés obsédés par la cire. Les dix dernières minutes avec l'incendie original et spectaculaire d'un manoir de cire et la présence de Paris Hilton dans un rôle d'intérêt purement people sont les deux atouts de ce film de série atone qui n'a ni l'humour d'un pastiche ni la noirceur d'un vrai thriller d'horreur. Pas nul mais très loin derrière ses prédecesseurs mémorables de 1933 et 1953.  BR Fr

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