5 juillet 2015

Films vus par moi(s) : juillet 2015


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

The White Tower / La Tour Blanche (Ted Tetzlaff, 1950) **
Dans les Alpes suisses, une jeune femme convainc cinq hommes de former une cordée avec elle pour conquérir un sommet invaincu. Un intéressant film d'aventures montagnardes en Technicolor qui file la métaphore sur l'immédiate après-guerre : dans le groupe, il y a une suissesse, un français, un allemand, un américain et l'escalade en révèle les psychologies profondes. Avec Alida Valli, Claude Rains, Glenn Ford, Cedric Hardwicke. Ciné

Summertime / Vacances à Venise (David Lean, 1955) *
Sur le sujet de la femme mûre seule en vacances italiennes, "The roman spring of Mrs Stone" (1961) avec Vivien Leigh est insurpassable. Celui-ci, avec Katharine Hepburn au jeu comme souvent assez hystérique, reste un film à la fois splendide visuellement avec ses images en cartes postales de Venise et triste dans son portrait d'une solitude définitive éclairée par une aventure d'été. Mais il lui manque un je ne sais quoi de vibration. DVD Z2 UK

Looking - Saison 1 (Michael Lannan & Andrew Haigh, 2014) ***
Une excellente série HBO autour de trois copains gays (de 29, 31 et 40 ans) à San Francisco de nos jours. Chaque épisode de 30' présente des personnages, des situations et un point de vue étonnamment justes, loin des caricatures mélodramatique ou cyniques attendues dans le genre. Les thèmes abordés (dont la place de l'individu dans la communauté), les très bons dialogues et le casting sans faute en font une vraie réussite. BR UK     

Shakespeare in love (John Madden, 1998) 0
Comment ce navet a-t-iI pu récolter sept Oscars en 1999 dont meilleur film, scénario et actrice ? Je l’avais vu à sa sortie et avais été dépité. Revu par hasard, c’est la même impression, en pire encore. Tout le monde surjoue (sauf Gwyneth Paltrow qui n’a aucune présence) et l’humour forcé est minable. Le seul moment qui fonctionne est la série de scènes de Roméo et Juliette et tout est dû à Shakespeare. Much ado about nothing. DVD Z2 Ital

I a man (Andy Warhol, 1967) **
En huit séquences distinctes, les bavardages désabusés d’un play boy (Tom Baker) avec huit coups récents ou potentiels. A partir d’une trame ténue, les dialogues improvisés (souvent drôles) et les effets de strobe cuts donnent un modèle de cinéma vérité Pop Art. Le plus intéressant est de revoir les filles de la Factory : Cynthia May, Stephanie Graves, Ingrid Superstar, Nico, Ultra Violet, Ivy Nicholson, Valerie Solanas et Bettina Coffin. Quelle time capsule ! DVD Z2 Ital

My hustler (Andy Warhol, 1965) ***
Après ses films expérimentaux (Blow Job, Sleep, Empire…), Warhol s’attaque à plus classique (enfin, tout est relatif). A Fire Island, un homo sur le retour observe et commente avec une voisine un Apollon blond (Paul America) étendu sur le sable. Un gigolo professionnel se joint à eux pour cancaner. En quelques plans séquences N&B et un son direct médiocre, l’impression d’assister, dans la forme et le fond, à un nouveau cinéma. DVD Z2 Ital

Jeepers Creepers 2 (Victor Salva, 2003) *
On ne sait toujours pas ce qu'est, d'où vient et pourquoi le féroce vampire ailé mangeur d'ados réapparait tous les 23 ans, mais bon... Cette suite du très bon "Jeepers Creepers" de 2001 n'a aucun autre sens que de le faire revenir pour s'attaquer cette fois à un bus d'appétissants lycéens. La photo de la campagne américaine est belle et le Creeper est un monstre original mais tout cela ne décolle pas, à cause d'un scénario bien trop indigent. BR US

Othello (Orson Welles, 1952) **
L'expressionnisme des décors, des placements de la caméra et du noir et blanc contrasté font de cette adaptation de Shakespeare par Welles un spectacle toujours intéressant. Je suis plus dubitatif sur la narration de l'histoire elle-même et le jeu un peu éteint des acteurs. La faute sans doute à la production longue (quatre ans) et compliquée du film. Au final, une oeuvre pas entièrement satisfaisante mais pleine d'images mémorables. BR Fr 

Inferno / L'Enfer (Francesco Bertolini, Adolfo Padovan & Guiseppe de Liguoro, 1911) **
Les passages les plus marquants de L'Enfer de Dante sont mis à l'image sans génie mais avec un bon sens du cadre et de l'effet. Dante et Virgile y parcourent les Cercles dans des décors naturels ou construits (inspirés des gravures de Gustave Doré) grouillants de figurants dénudés. Les trucages descendent en ligne droite de Méliès. Les spectateurs de 1911 n'avaient sans doute jamais vu de pareilles visions érotico-fantastiques. DVD Z2 Fr

ParaNorman / L'étrange pouvoir de Norman (Chris Butler & Sam Fell, 2012) ***
Un excellent film d'animation (en stop motion assistée de CGI, formidable) sur un collégien harcelé qui a le don de voir et de parler avec les morts et qui se retrouve aux prises avec sept zombies. Le scénario original joue sur les idées de différence/puritanisme et ose des situations morbides rarement vues dans un film pour enfants (mais celui-ci l'est-il ?). Le langage parfois cru et une blague gay on mis à cran les ligues familiales américaines. BR 3D Fr

42nd street (Lloyd Bacon, 1933) ***
Faut-il que le scénario et la mise en scène soient parfaites pour que ce backstage musical fondateur tienne aussi bien la route après tant d'années et de copies et résiste à la présence de l'exécrable Ruby Keeler en chorus girl qui monte. L'histoire ne s'encombre pas de fioritures, les personnages sont crédibles et émouvants et les numéros musicaux (paroles, musiques et chorégraphies) devenus des classiques. Un film important des Thirties. BR US

Paradis perdu (Abel Gance, 1940) **
Ce mélodrame relativement retenu autour d'un couple brisé par la guerre de 14 et la mort bascule d'une excellente première partie (de la rencontre à la séparation) à une seconde plus problématique dans son écriture et ses articulations, qui le rend bancal. Micheline Presle est radieuse dans un double rôle mère-fille mais c'est Fernand Gravey qui porte le tout par son jeu d'une sobre justesse. Avec le plaisir de retrouver Elvire Popesco. BR Fr

Timbuktu (Abderrahmane Sissako, 2014) **
Dans la campagne désertique du Mali, des islamistes imposent la charria à la population. A travers l'histoire d'une poignée de personnages touaregs, le poison insidieux du djihad contamine jusqu'à la Nature, dans laquelle les Toyota des barbus circulent comme le requin de Jaws. L'esthétisme de la mise en scène peut déranger mais réussit quelques merveilles, comme dans la magnifique scène de football. Un oeuvre forte, entre révolte et élégie. BR Fr

Noordzee, Texas / Sur le chemin des dunes (Bavo Defurne, 2011) *
En Flandres maritime dans les Sixties, le quotidien solitaire d'un adolescent de quinze ans qui a une liaison avec son voisin de deux ans plus âgé. Primé dans plusieurs festivals LGBT, une histoire d'amour dont le début promet mieux que le reste. On marche en terrain balisé et les décors trop propres semblent issus d'une boutique de design vintage. Un film qui manque de caractère et qui aurait été plus abouti en format de court métrage. BR Fr

The offence (Sidney Lumet, 1973) **
Un inspecteur de police qui enquête sur le viol d'une fillette voit ressurgir vingt ans d'horreurs criminelles et pète un plomb avec un suspect. Sean Connery, habité, fracassait son image de James Bond dans ce drame psychologique sur la part d'ombre de chacun et les risques du métier. La mise en scène essaye de donner souplesse à la structure théâtrale tripartite du matériau d'origine. Un film étouffant dans son thème et ses images. BR US 

Prends la route (Jean Boyer, 1937) ***
Un film-opérette (comme le dit le générique) autour de plusieurs couples sur la route des vacances vers le Sud. La bonne humeur de l'ensemble est irrésistible, portée par des chansons entêtantes signées van Parys ("A mon âge", "Y'a toujours un passage à niveau"...), l'entrain des comédiens chanteurs (Pils et Tabet, très bons) et l'esprit boulevardier. Une sorte de chef-d'œuvre d'insouciance et de légèreté du temps du Front Populaire. DVD Z2 Fr  

Canyon passage / Le passage du canyon (Jacques Tourneur, 1946) ***
Tout le talent de Jacques Tourneur s'exprime dans ce western sur des colons dans l'Oregon de 1856. L'action (étonnament violente pour l'époque), concentrée dans les quinze dernières minutes, laisse la place au développement des personnages et des situations conflictuelles. La mise en scène fait la part belle à l'ombre, à la lumière et au décor, avec une photo Technicolor magnifique. Le casting, mené par Dana Andrews, est parfait. BR Allem