1 janvier 2017

Films vus par moi(s) : janvier 2017


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Les oubliés / Land of mine / Under sandet (Martin Zandvliet, 2015) *
En 1945, des ados allemands soldats vaincus de la Werhmacht doivent déminer une plage du Danemark sous le contrôle d'un officier danois. Un film germano-danois sur un épisode méconnu de l'immédiate après-guerre dont le scénario va exactement où on l'attend en dosant suspense (les mines) et morale (le traitement des garçons). Le parti pris esthétisant de la photo est discutable mais la fin réussit à faire passer une certaine émotion. BR DEUT

Le météore de la nuit / It came from outer space (Jack Arnold, 1953) **
Sur une histoire de Ray Bradbury, un des classiques de la SF paranoïaque des 50's. Dans le désert d'Arizona, un vaisseau spatial s'écrase et libère des aliens cyclopes et gélatineux qui prennent apparence humaine. L'impression de déjà vu vient du fait que ce film, l'un des premiers de monstres extra-terrestres, a été copié mille fois. Il reste efficace grâce à la réalisation de Jack Arnold qui choisit de souvent filmer du point de vue des créatures. BR 3D UK

Song of Summer (Ken Russell, 1968) * 
Entre 1929 et 1934, un jeune musicien (Christopher Gable) assiste le compositeur Frederick Delius (Max Adrian), aveugle, paralysé et colérique. Austère mais lumineux, ce téléfilm de la BBC était l'oeuvre dont Ken Russell était le plus fier. La création artistique face aux aléas de la vie, l'altruisme au risque du masochisme, le temps qui fuit... des thèmes bergmaniens traités avec tact mais trop de froideur, en laissant l'émotion à distance. BR UK

Society (Brian Yuzna, 1989) *
Un rich kid de Beverly Hills en psychothérapie s'inquiète de l'identité réelle de ses parents et de sa soeur. Alors que la première heure a tout du soap Eighties pour ados (avec vestes épaulées et mullets), la suite tourne au délire horrifique et à la satire marxiste avec une orgie de mutants assez dégueu. A part cette séquence mémorable, le film n'accroche pas, la faute à un scénario trop lâche qui prend son temps pour aller nulle part. BR UK

L'avenir (Mia Hansen-Love, 2016) ***
Une prof de philo quinquagénaire bourgeoisement installée voit son univers se disloquer. Un film d'une sensibilité de tous les instants sur le passage du temps et l'instinct de survie. La mise en scène met en valeur les idées et les dialogues dans une lumière solaire qui irradie Paris, la Bretagne et le Vercors. Dans un de ses plus beaux rôles, Isabelle Huppert joue la vulnérabilité et la force avec une prestation à fleur de peau, exceptionnelle. BR FR 

Varieté (E.A. Dupont, 1925) ***
Crime passionnel dans un trio de trapézistes. Un mélodrame à l'histoire convenue sublimé par la lumière, les décors, la formidable mobilité de caméra et le jeu moderne et puissant d'Emil Jannings en acrobate trompé. La mise en scène dynamise les séquences d'action (au Wintergarten de Berlin) et d'intimisme. Un des grands films muets de la République de Weimar. Le score chanté des Tiger Lillies est un véritable hold-up sur le film. BR DEUT

Pattaya (Franck Gastambide, 2016) *
J'avais bien ri avec "Les kaïra" (2012) du même réalisateur. Il reprend ici trois gentils simplets du 93 qu'il transporte en Thaïlande comme alibi d'une série de potacheries toutes portées sur le mauvais goût et le politiquement incorrect. Les racailles, les nains, les gros, les asiatiques, les transsexuels sont ridiculisés dans une suite de gags cracras d'une lourdeur calculée. Les quelques éclats de rire ne compensent pas la paresse qui s'en dégage. BR FR 

Les fous du roi / All the King's men (Robert Rossen, 1949) ***
Exalté par le goût du pouvoir et de toute puissance, un juriste de Louisiane se fait élire gouverneur sur des thèmes populistes et s'imagine monter plus haut. Un des grands films politiques américains, porté par la formidable prestation de Broderick Crawford dans le rôle d'un franc-tireur égocentrique sans scrupule ni morale. L'effet miroir avec l'actualité est saisissant, notamment les scènes de discours enflammés contre l'Establishment. BR US

Atlantis, terre engloutie / Atlantis, the lost continent (George Pal, 1961) *
Inoubliable souvenir d'enfance (les hommes-animaux ! le rayon de la Mort !), ce peplum d'aventure fantastique autour d'un pêcheur grec mis en esclavage sur l'île condamnée d'Atlantis bénéficie de son effet nostalgie. Mais le petit budget truqué par d'amusants emprunts à d'autres films (Quo Vadis, la Marabunta...), la transparence de l'acteur principal et la faiblesse du scénario n'en font qu'un film mineur - mais sympathique - d'un dimanche après-midi. BR DEUT

Au bout du conte (Agnès Jaoui, 2013) *
L'histoire d'une jeune femme qui cherche le prince charmant et de ses proches, en une actualisation de situations et de personnages - de la bonne fée au méchant loup - de contes de fées. L'idée est originale et les acteurs sans reproche (Agnès Jaoui est formidable) mais une fois les bases du scénario posées, ça tourne un peu en rond et l'intérêt s'effiloche. Un film sympathique qui aurait eu besoin d'un coup de baguette magique. BR FR

Dans le noir / Lights out (David F. Sandberg, 2016) **
Une petit film d'angoisse horrifique très bien ficelé autour d'une créature humaine démoniaque qui apparaît dans le noir pour tourmenter une jeune femme et son demi-frère. L'effet recherché est le sursaut du spectateur et ça marche, dès la formidable séquence d'ouverture, avec une utilisation magistrale de l'obscurité. On peut voir le sujet comme une métaphore des dégâts que peut causer la maladie mentale au sein d'une famille. BR DEUT

Mademoiselle Swing (Richard Pottier, 1942) *
Un jeune provinciale passionnée de rythmes nouveaux monte à Paris pour se faire un nom au music-hall. Produit pour exploiter le triomphe de la chanson "Mademoiselle Swing" de 1940 (par Irène de Trébert, qui joue ici le rôle titre) une comédie musicale bébête et poussive qui reste un document historique intéressant sur les mouvements Swing et Zazou, mal vus sous l'Occupation à cause de leur excentricité et de leur influence américaine. DVD Z2 FR 

Pétain (Jean Marboeuf, 1993) **
De l'Exode à Sigmaringen, les parcours liés de Pétain et Laval. Les grandes étapes y sont, les personnages majeurs aussi mais tout est précipité pour rentrer dans 2h et le sujet est brossé à gros traits, façon Vichy pour les Nuls. La mise en scène est sans surprise et la musique de trop mais Jacques Dufilho et Jean Yanne surclassent et sauvent le film par leurs interprétations remarquables et fascinantes de Pétain et de Laval. Alors rien que pour eux. DVD Z2 FR

Julieta (Pedro Almodovar, 2016) ***
L'esprit de la Tragédie antique et classique plane sur ce mélodrame qui marque le retour à la pleine forme d'Almodovar après le navet "Les amants passagers" (2013). Par son riche scénario parfaitement articulé et sa mise en scène d'une impressionnante précision, l'histoire et le portrait de cette femme confrontée à des disparitions successives devient un conte universel sur le complexe tissu des liens familiaux et les affres de la culpabilité. BR FR 

Starman (John Carpenter, 1984) *
Une jeune veuve aide un extraterrestre qui a pris les traits de son mari décédé à rejoindre le vaisseau des siens. La formidable idée de départ est exploitée de façon décevante par la linéarité du scénario et le jeu monocorde de Jeff Bridges (ses mouvements saccadés) et de Karen Allen (sa voix éteinte). Dommage parce qu'il y a de superbes scènes comme le début, le chevreuil et le final. Ca aurait pu être un grand film de SF romantique. BR FR

2 commentaires:

  1. décidément il faut que je vois Isabelle Huppert elle m'avais tapé dans l'oeil dans "La cérémonie" mais j'ai rarement eu l'occasion de la voir ailleurs

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    1. Alors oui, il faut voir les films avec Isabelle Huppert, même dans les moins bons sa présence et son jeu valent le coup, toujours. Récemment, Valley of Love, Elle et L'Avenir...

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