2 décembre 2017

Films vus par moi(s) : décembre 2017


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

La mélodie du bonheur / The sound of music (Robert Wise, 1965) ***
En 1938 à Salzbourg, une jeune religieuse est envoyée s'occuper des sept enfants d'un capitaine de marine veuf. Le Musical le plus aimé du public reste après cinq décennies un film d'une rare générosité. Sur un sujet menaçant de mièvrerie, Robert Wise offre un chef-d'oeuvre de dynamisme et de sincérité, porté par les chansons inoubliables de Rodgers & Hammerstein et le charme (et le talent) fou de Julie Andrews. Un film et un titre parfaits. TV  

Le Roi des rois / King of kings (Cecil B. DeMille, 1927) ***
De son entrée à Jérusalem à l'apparition aux Apôtres, les derniers jours terrestres du Christ. Malgré ses 51 ans au moment du tournage, l'acteur H.B. Warner est sans doute le meilleur Jésus de cinéma : son jeu retenu et nuancé apporte une dignité sans emphase à cette fresque biblique qui privilégie l'intime au grandiose tout en présentant les moments et les mots gravés dans les Evangiles. Un des derniers grands films muets. BR FR (sublime restauration par Lobster Films)  

Stay hungry (Bob Rafelson, 1976) ***
En Alabama, un héritier (Jeff Bridges) chargé par un promoteur de déloger une salle de musculation se prend d'intérêt et d'amitié pour ses habitués. Dans l'esprit de l'indépassable "Five easy pieces" (Rafelson, 1970), ce film sur un homme qui rompt les amarres dresse aussi une formidable galerie de portraits dans des moments digressifs pleins d'humanité. Avec le rôle qui le révéla, Arnold Schwarzenegger crève l'écran. Les 70's dans leur meilleur. BR US  

Les banlieusards / The 'burbs (Joe Dante, 1989) 0
Les habitants d'une rue pavillonnaire du Midwest s'inquiètent des voisins mystérieux d'une maison à l'abandon. Ni Tom Hanks ni Carrie Fisher ne peuvent sauver cet effarant navet qui cumule tout ce que la comédie Eighties a fait de pire. Les cris et les gesticulations font office de mise en scène, les tentatives d'humour se vautrent, les acteurs en font des tonnes pour rien. 30' m'ont suffi, le reste en accéléré m'a convaincu de mes doutes. Indéfendable. BR UK

Ce qui nous lie (Cédric Klapisch, 2017) 0
En Bourgogne à Meursault, deux frères et leur soeur doivent s'occuper du petit domaine viticole de leur père décédé. Le réalisateur des films de tribus (voisins, amis, familles) s'attache ici à une fratrie de trois. Le film se laisse regarder grâce au casting (Pio Marmai, François Civil, Ana Girardot) et au décor du vignoble mais les bons sentiments, la prévisibilité et l'innocuité du scénario et la lourdeur des effets temporels donnent envie de recracher. BR FR 

Sausage Party (Greg Tiernan & Conrad Vernon, 2016) **
Dans un supermarché, les aliments industriels paniquent quand ils réalisent qu'ils finiront bouffés. Ce film d'animation joue la surenchère de l'obscénité et du politiquement incorrect en détournant l'histoire de "Toy Story" vers celle d'une miche de pain plantureuse et d'une saucisse obsédée sexuelle. L'outrance des situations, des "personnages" et des dialogues centrés sur "fuck" et "shit" font qu'on rit souvent et grassement. Potache, cul et sympa. BR ES

Je sais où je vais / I know where I'm going! (Michael Powell & Emeric Pressburger, 1945) **
Une jeune femme ambitieuse (Wendy Hiller, au physique anti-hollywoodien) partie épouser un riche industriel sur une île écossaise est coincée par la tempête sur une île voisine. Elle y découvre des gens et des sentiments purs. Il y a du John Ford dans ce film où le romantisme et le réalisme magique sont amplifiés par la nature convulsive. Les images de la mer donnent une ampleur cosmique à l'ensemble qui autrement serait anodin. BR FR 

Grave (Julia Ducournau, 2016) ***
Une jeune végétarienne en fac vétérinaire prend goût au sang et à la chair humaine. Au-delà de l'histoire croquignole, ce film franco-belge s'appuie sur l'horreur physique et psychologique pour évoquer, à la "Carrie", les difficiles stations finales de l'adolescence. Le scénario sans cesse surprenant, la mise en scène inventive et le casting impeccable (mention à Garance Marillier) construisent un film de genre d'une remarquable profondeur et originalité. BR ES

Voyage au centre de la Terre / Journey to the center of the Earth (Henry Levin, 1959) **
En 1880, un professeur (James Mason) à la fac d'Edimbourg conduit trois équipiers dans une grotte islandaise vers les profondeurs de la Terre. Jules Verne est bien servi dans cette adaptation qui repose avant tout sur les décors en studio et en matte painting, magnifiés par le CinemaScope et le De Luxe. Comme dans le roman il y a peu d'enjeux, le film n'étant qu'un parcours d'aventure dans la descente avant la remontée expéditive. BR UK

Les yeux de Laura Mars / Eyes of Laura Mars (Irvin Kershner, 1978) **
Une photographe de mode a des visions en temps réel d'assassinats de collègues et d'amis. Ce giallo à l'américaine (un inoubliable souvenir de cinéma d'ado) n'aurait rien de vraiment spécial si il n'y avait Faye Dunaway en roue libre, Tommy Lee Jones et Brad Dourif, une B.O. 100% d'époque ("Let's all chant", Streisand...), Helmut Newton pour les photos porno-chic, le design mid-70's et les rues crados du Manhattan d'alors. Et ça, c'est spécial. BR UK
 
American Gods - saison 1 (Bryan Fuller & Michael Green, 2017) **
Le vide spirituel et les religions dévoyées sont au coeur de cette série très originale où les dieux anciens et nouveaux, d'Anubis à Odin, de Yahvé à Jésus-Christ et de Media aux GAFA se croisent sur la route US. L'idée est formidable et d'actualité, le résultat déséquilibré : si toutes les séquences impliquant les dieux sont fascinantes, j'en aurais aimé plus car l'histoire qui fait le lien (un homme et sa femme morte-vivante) est trop étirée et bavarde. BR DE 

Life : Origine inconnue / Life (Daniel Espinosa, 2017) **
A bord de l'ISS, des cellules biologiques ramenées de Mars évoluent en une créature féroce. Le titre "Alien" déjà pris, ils ont du en trouver un autre. Malgré la proximité scénaristique avec le chef-d'oeuvre de Ridley Scott, ce film réussit le doublé en plaçant toute l'action en apesanteur (les SFX sont bluffants) et en inventant un monstre d'une espèce fascinante et encore plus retorse que l'autre. Un très bon thriller de terreur existentielle dans l'espace. BR FR  

Le journal de David Holzman / David Holzman's diary (Jim McBride, 1967) **
En juillet 1967 à Manhattan, un jeune cinéaste en galère décide de filmer des choses qui l'intéressent : son studio, sa copine, ses voisins de quartier et lui-même avant tout. Un petit film fauché indépendant influencé par Warhol et Godard et à la technique hasardeuse mais qui, vu cinquante ans plus tard, est incroyablement visionnaire. La culture narcissique partagée d'aujourd'hui y est toute entière. C'est aussi l'un des premiers mockumentaries. DVD Z2 UK

Colossal (Nacho Vigalondo, 2016) 0
Une new yorkaise un peu paumée va se mettre au vert en province et se rend compte qu'un monstre kaiju qui ravage Séoul réplique ses mouvements à distance. Cette métaphore sur l'expression des frustrations et des rages est une belle idée mais le film ne tient pas, la faute à un scénario répétitif et bavard et surtout au surjeu d'Anne Hathaway, tout en mimiques faciales et roulements d'yeux. Omniprésente, elle y est exaspérante, comme souvent. BR ES

2 commentaires:

  1. Hello Tom,
    Un petit message pour te souhaiter un très joyeux Noël en compagnie de tes proches.

    Bien à toi :)

    Jordan

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    1. Merci Jordan ! Et une belle année 2018 à toi.

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