1 août 2018

Films vus par moi(s) : août 2018

*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

A girl walks home alone at night (Ana Lily Amirpour, 2014) *
Dans une banlieue d'Iran, la rencontre d'un homme et d'une femme vampire. Ce film en N&B produit et tourné aux US mais de réalisatrice, de langue et d'acteurs persans part du chador comme cape vampirique. L'attaque virulente contre les interdits du régime iranien est judicieusement menée, il y a plein d'idées et les images sont soignées mais l'ambition et la prétention affichées de vouloir faire un film d'art pour festivals m'ont cassé les pieds. BR UK.

Que la lumière soit / Let there be light (John Huston, 1946) ***
Dans un hôpital du New Jersey, les traitements de soldats revenus de la guerre avec des symptômes psychologiques post-traumatiques (PTSD). Ce documentaire de commande de l'US Army fut invisible jusqu'en 1981, officiellement par respect de leur vie privée. Le savoir faire de Huston dans le découpage, la voix off (de Walter Huston) et la musique appliqués aux visages et aux mots des GIs en font un film d'une humanité bouleversante. BR US

La vie de plaisir (Albert Valentin, 1944) **
Le gérant d'un cabaret prospère (Albert Préjean) épouse la fille d'aristocrates ruinés (Claude Génia) et expérimente l'hypocrisie de la haute société. La demi-heure d'installation est un peu poussive mais la suite est un dynamitage réjouissant des conservatismes porté une construction rusée et les dialogues de Charles Spaak. Entre "La règle du jeu" et "Le charme discret de la bourgeoisie", un pamphlet féroce sous l'habit du mélodrame. 

A very English scandal (Stephen Frears, 2018) ***
De 1962 à 1979, la chute du brillant politicien Jeremy Thorpe suite à sa liaison homosexuelle avec un garçon instable. L'affaire de moeurs et de politique qui a défrayé la chronique britannique lors du procès de 1979 est racontée par ce téléfilm BBC de 3h en une tragicomédie superbement mise en scène par Frears. Ben Whishaw est excellent en gigolo perturbé et Hugh Grant, méconnaissable, y trouve de loin le meilleur rôle de sa carrière. DVD UK

Le criminel / The stranger (Orson Welles, 1946) **
En 1946, un enquêteur international (Edward G. Robinson) vient déloger un officier nazi (Orson Welles) qui tente de se refaire dans une bourgade du Connecticut. Tourné en 1945, ce Film Noir est l'une des premières fictions à aborder de front la fuite des nazis et les camps de concentration (dont on voit des images). Ça et la mise en scène baroque de Welles en font un film passionnant. Le jeu outrancièrement nerveux de Loretta Young est pénible. BR US

Une femme fantastique / Una mujer fantastica (Sebastian Lelio, 2017) **
A Santiago, la maîtresse transexuelle d'un notable est rejetée par la famille de celui-ci quand il meurt subitement. Entièrement porté par l'actrice transgenre Daniela Vega, ce film chilien où le mélodrame n'a aucune place montre le parcours difficile d'une femme proscrite à plusieurs titres. La mise en scène suit son cheminement déterminé dans le deuil et la résilience avec une dignité et un refus du sensationnel un peu forcés. Oscar 2018. BR UK

Love hunters / Hounds of love (Ben Young, 2016) * 
A Perth, un couple de sociopathes enlève et martyrise une étudiante. Inspiré d'un fait divers de 1986, ce torture porn australien ne lésine pas sur la violence mais s'attache un peu plus à l'aspect psychologique que physique. Le casting est de qualité et la mise en scène, dans un genre codifié à l'extrême, tente l'élévation malgré quelques choix putassiers dans la B.O. et le découpage. Mais le film ne va pas plus loin que l'histoire qu'il raconte. BR DE

2 commentaires:

  1. Bonjour, La vie de plaisir est un féroce et réjouissant jeu de massacre de la bourgeoisie découvert au Cinéma de Minuit mais il n'existe pas en dvd hélas..Vous lavez vu au cinéma ?

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    1. Non, enregistrement ancien de son passage au Cinéma de Minuit justement. Il semble qu'une restauration du film est prévue pour réédition.

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