2 octobre 2012

Films vus par moi(s) : octobre 2012


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Project X / Projet X (Nima Nourizadeh, 2012) **
Je ne sais pas si les scénaristes ont voulu dire ou dénoncer quelque chose du comportement social souvent irresponsable de certains ados actuels mais ce film sur une fête d'anniversaire Facebook qui tourne à l'émeute, derrière sa façade potache, est une émanation vraiment intéressante de son époque. Je m'attendais au pire, j'ai été heureusement surpris. BR Fr

The cabin in the woods / La cabane dans les bois (Drew Goddard, 2012) **
Un film d'horreur postmoderne truffé de références qui se plaît à multiplier ses interprétations (à la fois une réflexion sur le ciné d'horreur, la télé-réalité, Jung, Lovecraft, les peurs primales...) et qui se regarde avec intérêt parce que les idées et visuels sont astucieux et le rythme soutenu. Même si le propos se perd dans une indescriptible confusion, ça reste fun et malin. BR Fr 

Live and let die / Vivre et laisser mourir (Guy Hamilton, 1973) *
Après l'excellente séquence pré-générique, c'est vraiment poussif jusqu'au dernier tiers et l'excitante poursuite en hors-bord. Le suave Roger Moore ne m'a jamais convaincu en James Bond (ni ici, dans sa première incarnation de l'espion, ni ensuite) et Jane Seymour est une bien fade Bond Girl. Mais quelques scènes sont très chouettes, dont le vaudou et les alligators. BR Fr

L'affaire Dominici (Claude-Bernard Aubert, 1973) *
L'avocat de Gaston Dominici prend le spectateur à parti en conclusion de ce film qui se veut factuel mais qui est (selon les avis autorisés) subjectif et orienté à décharge. La réalisation est sans aucun intérêt mais Gabin et le reste du casting incarnent avec brio les membres de cette énigmatique famille de paysans empêtrée dans l'affaire du meurtre des Drummond. DVD Z2 Fr

Thunderball / Opération Tonnerre (Terence Young, 1965) *
Le 4e James Bond n'est pas à la hauteur des 3 premiers : l'histoire se traîne, sans véritable enjeu, et le décor des Bahamas est banal. Claudine Auger est une Bond Girl idéale, le générique et le combat sous-marin épatants mais cela ne suffit pas à en faire un grand épisode. C'est surtout l'ambiance mid-Sixties qui fait le charme du film, ainsi que Sean Connery, évidemment. BR Fr

Snow White and the huntsman / Blanche-Neige et le chasseur (Rupert Sanders, 2012) **
La noirceur originale du conte de Grimm est préservée dans cette adaptation à la formidable direction artistique (les décors sont superbes) et au dynamisme de film d'aventures. Mais Kristin Stewart n'a pas le charisme nécessaire et le dernier tiers avec l'attaque du château semble déjà vu. C'est quand même du très bon spectacle et une intéressante exploitation de l'histoire. BR Fr

Take shelter (Jeff Nichols, 2011) **
La perte de repères et les inquiétudes de la société américaine actuelle sont en toile de fond de ce drame métaphorique sur la plongée d'un homme dans la psychose. Michael Shannon et Jessica Chastain rendent crédible et bouleversant leur couple de l'Ohio dont l'amour est mis à l'épreuve de la tempête. Quelques longueurs pouvaient être évitées. BR Fr

Windjammer : the voyage of the Chistian Radich (Louis de Rochemont III & Bill Coleran, 1958) ***
Un chef-d'œuvre du Cinerama, travelogue sur le voyage d'un Trois-Mâts Ecole norvégien entre Oslo et Portsmouth en passant par Madère, Porto Rico, Trinidad et New-York. Les cadets apprennent le travail d'équipe à bord et découvrent les coutumes locales en escale. De l'aventure en mer, de l'exotisme et des images spectaculaires, portées par une partition lyrique. BR US (avec une superbe restauration en format Smilebox)

Un singe en hiver (Henri Verneuil, 1962) ***
Le vieux Gabin et le jeune Belmondo se donnent la réplique (pour l'unique fois) dans ce magnifique film sur le temps qui blesse. Au-delà du jeu des acteurs et des dialogues ciselés d'Audiard, de l'hiver N&B sur la côte normande en Cinemascope et de l'humour subtilement grave, c'est la tendresse pour les personnages qui lui donne sa mélancolie intemporelle. DVD Z2 Fr

Clash of the Titans / Le choc des Titans (Desmond Davis, 1981) **
Un divertissement mythologique vieille école, plein de créatures en stop-motion par Ray Harryhausen et d'acteurs britanniques en dieux de l'Olympe. Il y a de l'action (le clou étant le combat dans l'antre de Méduse), de l'humour et des surimpressions criantes. Il y a aussi l'obscène et distrayante sensualité des lèvres et des tétons d'Harry Hamlin en Persée. BR Fr

Antoine et Antoinette (Jacques Becker, 1947) ***
L'enthousiasmante fraîcheur de la première moitié du film, consacrée à la vie quotidienne, dans ses détails les plus anodins, d'un jeune couple de travailleurs dans le Paris de l'après-guerre, se dilue un peu dans la seconde, avec la péripétie du billet de loterie perdu mais le charme de Claire Mafféi, l'animation du quartier et la grâce de la mise en scène emportent tout. BR Fr

Chronicle (Josh Trank, 2012) ***
Trois copains de high school investis par accident du pouvoir de télékinésie et de voler les emploient pour s'amuser. Puis l'un en fait des usages plus sombres. Un des meilleurs films de "teenage angst" que j'ai vus, cette sorte de "Carrie" des années 2010 est spectaculaire et superbement réalisé. Avec une profondeur et une intelligence peu communes dans le genre. BR Fr

Broadway (Paul Fejos, 1929) *
Un backstage routinier des débuts du parlant avec un jeune premier, des chorus girls et un crime. Les scènes de dialogue sont figées et plutôt mal jouées (sauf Evelyn Brent, toujours excellente) mais tout s'anime dans le décor géant du cabaret "Paradise", au superbe design Twenties qu'une caméra placée sur une grue explore en virevoltant. Pour ces séquences seulement... BR US (en bonus du BR "Lonesome" chez Criterion)

Wake in fright / Outback (Ted Kotcheff, 1971) *** 
Au fin fond de l'outback australien, la descente aux enfers d'un jeune instituteur en congés qui se perd dans le jeu, la bière et la fréquentation risquée des rednecks. Un film sur la corruption qui culmine dans une éprouvante séquence de chasse nocturne au kangourou. Implacable et nihiliste comme seul le cinéma des Seventies pouvait l'être. BR Australie

Mandingo (Richard Fleischer, 1975) ***
Le politiquement correct n'a pas cours dans ce film sur les rapports entre maîtres blancs et esclaves noirs d'une plantation décrépite du Sud. Le commerce, la violence et le sexe tissent les liens entre les personnages qui vivent (et meurent) la fin d'un monde. Fleischer osa le réalisme et fut taxé d'exploitation : sa carrière ne s'en remit pas. 40 ans après, le film (d)étonne toujours. BR US

Cloclo (Florent-Emilio Siri, 2012) 0
Un biopic terriblement académique qui essaye de raconter le maximum en 2h20 et empile les événements marquants sans émotion ni dynamisme. Jérémie Renier est excellent (son mimétisme avec Claude François est troublant) mais le film manque d'une vision de cinéaste. Tout est lisse et convenu et même les séquences musicales sont décevantes. BR Fr

Dr. No / James Bond contre Dr No (Terence Young, 1962) ***
Le prototype des films de James Bond n'a pas encore de chanson de générique ni de gadget et son histoire est bien tranquille par rapport à celles qui viendront par la suite mais le magnétisme érotique qu'y dégagent Sean Connery et d'Ursula Andress n'a jamais été égalé. Et le style Sixties du décor, des accessoires, des costumes et de la couleur est à tomber. BR Fr

The invisible man / L'homme invisible (James Whale, 1933) ***
Court et concis comme tous les Horror films Universal des Thirties, un thriller qui parvient à mélanger suspense, cruauté et humour en un parfait équilibre. La voix de Claude Rains donne corps et caractère au personnage imaginé par Wells, aidée par de formidables trucages qui gardent toute leur force de suggestion. Et puis, il y a Una O'Connor, égale à elle-même en aubergiste hystérique. BR UK

Prometheus (Ridley Scott, 2012) *
Allez, je mets * pour la magnifique direction artistique (et la 3D sobrement efficace) mais j'ai failli mettre 0 pour l'indescriptible confusion, pour ne pas dire bêtise, de l'écriture qui ne donne pas vie aux personnages, leur fait faire des actions risibles et réussit à rendre le film ennuyeux en dépit de tous les atouts qu'il avait à priori. Comment Scott a-t-il pu laisser passer ça ? BR 3D Fr 

La folie des grandeurs (Gérard Oury, 1971) 0
Je me faisais une joie de revoir ce film qui a marqué mon enfance mais les grimaces, gesticulations et cris de Louis de Funès ont eu raison de ma patience au bout de 30'. Je ne connais pas de comique dont le jeu ait aussi mal vieilli : son succès monstre, rétrospectivement, est atterrant. Dommage parce que la production est plutôt réussie et la musique épatante. BR Fr

This is Cinerama (Robert L. Bendick, 1952) **
Kitsch en diable et outrageusement superlatif, un travelogue qui stupéfia l'Amérique en 1952 par son emploi du format géant et du son stéréo. Vaincu par sa complexité technique et l'arrivée du Cinemascope en 1953, le Cinerama mourut jeune, laissant quelques titres fascinants, comme ce tout premier film du genre. Le célèbre séquence des Cypress Gardens est excellente. BR US (avec une superbe restauration en format Smilebox)

Sleeping Beauty / La Belle au bois dormant (Walt Disney / Clyde Geronimi, 1959) ***
Le merveilleux design du film, qui doit autant aux tapisseries médiévales qu'au style Fifties, ne manque jamais de m'enchanter à chaque fois que je le revois. Et toutes ces scènes inoubliables, de la parade du début au combat avec le dragon en passant par la rencontre dans la forêt et bien sûr, les apparitions des fées et de la géniale Maléfique. Un de mes Disney préférés. BR US