Pour le plaisir inaltérable de revoir Louise de Vilmorin. Et de l'écouter. Ici, sur l'âge. Jamais Vieille France ne fut aussi jeune.
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9 avril 2014
8 mai 2011
Heroes of mine : Louise

C'est grâce à la sublime adaptation de "Madame de..." par Ophuls que je me suis un jour intéressé à Louise de Vilmorin (1902-1969), qui est vite devenue, par son excentricité, son aventureuse histoire personnelle, sa beauté et son charme irrésistibles, l'une des personnalités du siècle dernier pour lesquelles j'ai le plus de tendresse. Son talent d'écrivain, dans la nouvelle, la poésie ou les jeux de mots, je ne peux pas en juger, n'ayant lu que "Madame de..." justement, dont j'ai en tous cas un excellent souvenir.
Pendant une décennie (du début des années 50 à celui des années 60), celle qui fut l'épouse d'un héritier américain (avec qui elle vécut à Las Vegas dans les années 20), d'un comte hongrois qui l'installa dans un château des Carpathes dans les années 30 et la compagne ou maîtresse de grands noms du siècle, de Saint-Exupery à Malraux, qui lui ferma les yeux (elle se surnommait elle-même "Marilyn Malraux"), en passant par Welles et Duff et Diana Cooper (l'ambassadeur britannique en France et sa femme), reçevait le Tout-Paris - et même le Monde entier quand il était de passage - dans sa propriété de Verrières-le-Buisson autour d'un pot-au-feu du dimanche soir.

Louise de Vilmorin fut la représentante archétypique d'une certaine idée - la plus sympathique - de la "vieille France", bourgeoise et distinguée, éduquée et spirituelle. Ses rares interviews enregistrées sont des bijoux d'esprit et de légéreté. Il faut la voir et l'écouter donner son avis sur la littérature, l'amour, le bonheur et tant d'autres petites choses. Son choix de vocabulaire et son utilisation de métaphores, ses modulations de voix et sa façon d'infléchir la fin d'un mot dans une délicieuse tonalité teintée de snobisme (elle qui n'était pas snob pour un sou) font qu'on a envie de s'asseoir à côté d'elle en lui demandant de nous raconter quelque chose, n'importe quoi, autour d'une tasse de thé. Je l'aurais écoutée parler pendant des heures.
Sa devise était "Au secours !". Une femme merveilleuse, je vous dis.
Louise de Vilmorin vers 1930 : une jeune femme qui fit tourner bien des têtesLe 7 mars 1964, la TSR (Télévision suisse romande) diffusait une récente interview de Louise de Vilmorin réalisé dans son manoir de Verrières. L'émission de 15 minutes est visible sur leur site internet. C'est, avec la courte et très amusante interview qui figure sur le DVD Criterion de "Madame de...", l'un des rares témoignages subsistants de son charme irrésistible. Je ne m'en lasse pas. Ecoutez-la répondre aux questions - souvent assez stupides ("Vous n'aimez pas ce qui est profond ?") - de son interlocuteur, laissez-vous porter par ses intonations et la gestuelle de ses mains.
Et on comprend à la vision de ce document qu'il y a, dans "Madame de...", beaucoup, mais beaucoup, de Louise de...
Vous pouvez y accéder en cliquant ici. (Louise de Vilmorin commence à parler à partir de 3'10)
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