**** chef-d'oeuvre / *** excellent / ** bon / *médiocre / 0 mauvais
Hurlements / The howling (Joe Dante, 1980) ***
Traumatisée par un reportage, une journaliste TV (Dee Wallace) fait un séjour dans un centre de repos qui se révèle être une colonie de loups-garous. Dans la lignée d'excellence de Universal et de Hammer, un classique du néo-fantastique moderne qui renouvelle en s'en jouant les codes du genre tout en restant dans la tradition de l'horror qu'on aime. Belle direction artistique, beaux effets spéciaux, bonne mise en scène et la chouette atmosphère mélancoliquement vintage du tournant 70s-80s. BR FR StudioCanal
Le couturier de ces dames (Jean Boyer, 1956) **
Un séducteur effréné marié à une jalouse hérite d'une maison de couture qu'il relance tout excité par le défi et les mannequins. C'est "Coiffeur pour dames" que je voulais voir mais je me suis trompé de film et tant mieux : j'ai beaucoup ri avec cette comédie de boulevard qui n'y va pas de main morte avec les pitreries de Fernandel, le tempérament de Suzy Delair, le politiquement incorrect - les grivoiseries, les deux co-gérants invertis - et les petites tenues. A l'écran, l'idiotie comique a souvent du bon. DVD FR René Chateau
La Passion selon Béatrice (Fabrice du Welz, 2024) ***
Accompagnée d'un ami - Clément Roussier - interprète et confident Béatrice Dalle traverse l'Italie du nord au sud sur les pas de Pasolini, "l'homme qu'elle aime". Construit en voyage de mémoire et de sensation, un film-document sur une femme et une actrice sans équivalent dont la sensibilité à fleur de peau et de larmes - même peut-être un peu appuyée pour la caméra - ne peut laisser insensible. Sur un noir et blanc à la Sixties somptueux, je l'ai regardée et écoutée touché par l'humanité brute et débordante de ce que j'ai vu entendu. Un magnifique portrait. Et cette fin ! BR FR Carlotta
Le roman de Jim (Arnaud & Jean-Marie Larrieu, 2024) ***
Père par défaut depuis toujours de l'enfant de son amie, un homme bon se voit trahi et rejeté lorsque le vrai père revient. Un magnifique mélodrame contemporain, c'est-à-dire à la fois lacrimal et ancré dans le réel, sur la bonté innée et sur l'idée de paternité pour lequel on pourrait créer le terme de Man's picture. Karim Leklou est d'une justesse bouleversante en simple et discret confronté à la cruauté souriante, la pire. Il est entouré d'un casting formidable dont Laetitia Dosch et Sara Giraudeau et des paysages magnifiquement impassibles du Jura. Oui, magnifique. BR FR Pyramide Video
L'amant sans visage / Nora Prentiss (Vincent Sherman, 1947) ***
Bon époux et père, un médecin respecté de San Francisco ruine tout pour une chanteuse de cabaret accidentée. Au-delà du scénario tortueux, tous les stéréotypes de ce qui commence comme un vrai Film noir sont retournés dans ce mélodrame qui évolue en Woman's picture et c'est passionnant. En femme fatale malgré elle et en quidam endiablé d'amour fou, Ann Sheridan et Kent Smith - craquant avec ses lunettes et sa moustache - font des compositions complexes que la photo de James Wong Howe sublime. Un de ces petits trésors des Forties. BR US Warner Archive
Tout ou rien / Nothing but the best (Clive Donner, 1964) ***
A Londres, un jeune ambitieux d'origine modeste utilise l'expérience d'un fils d'aristocrates déclassé pour grimper l'échelle sociale. Maline, dynamique et étonnamment amorale, une excellente comédie noire de moeurs où chaque ordure exploite l'autre à son profit professionnel, personnel ou sexuel. Avec Frederic Raphaël au scénario, Nicolas Roeg à la photo, Alan Bates en arriviste, une chouette mise en scène et les Swinging Sixties en fond de décor et de musique, voilà une pépite enfouie qui ne redemande qu'à ressurgir. Une belle découverte. BR UK StudioCanal
Les créatures de l'ombre / Don't be afraid of the dark (John Newland, 1973) **
La femme d'un couple récemment installé dans une maison ancienne est harcelée par trois inquiétants humanoïdes qui occupent une cheminée condamnée de la cave. Un téléfilm de ABC porté sur l'ambiance qui serait tombé dans l'oubli sans la création réussie des petites créatures insidieuses qui trottent partout en chuchotant et rendant l'épouse hystérique. Leurs apparitions fugaces et leurs intentions obscures en font de mémorables personnages entre Leprechaun et Lovecraft qui mériteraient plus de développement. BR US Warner Archive
Torso / I corpi presentano tracce di violenza carnale (Sergio Martino, 1973) **
Un tueur en série masqué frappe des étudiantes en art de Pérouse. Chargé d'atmosphère et bénéficiant du beau site de la ville italienne et d'une production chatoyante, un slasher précoce qui repose comme le genre l'exige sur le suspense, la conjonction érotisme/agression, du coulis rouge vif et une explication freudienne finale neuneu. L'intérêt historique du film est évident, l'histoire se suit et le casting est formidable, mené par Suzy Kendall, Luc Méranda et surtour Tina Aumont au visage si cinématographique. Pas mal du tout. BR FR Carlotta
Au fil de l'eau / House by the river (Fritz Lang, 1950) ***
Un écrivain poussif qui a tué sa bonne qu'il convoitait entraîne son frère dans le débarras du corps puis le silence. Dans une atmosphère 1900 néo-gothique faisant la part belle aux décors et aux éclairages qui hybrident expressionnisme et film noir, un Fritz Lang dont le budget sans doute modeste est sublimé par la noirceur du propos sur le passage à l'acte, la culpabilité et la trahison. la conjugaison de l'âme pourrie du criminel et des ombres qui s'étendent dans l'image est une superbe idée de cinéma. je lme suis demandé ce qu'Hitchcock en aurait fait. BR FR Lobster









