4 avril 2021

Films vus par moi(s): avril 2021


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais / NS ne sait

Soul (Pete Docter & Kemp Powers, 2020) ***
Un prof de musique noir désabusé d'un lycée de Queens se tue accidentellement le jour où il réalise son rêve de jouer dans un club de jazz. Depuis l'Au-delà, son esprit, accompagné d'un autre, découvre les recettes simples d'une vie qu'il aurait pu réussir. Pitch réducteur de ce brillant film d'animation Disney-Pixar qui étonne constamment par sa richesse thématique, narrative et visuelle. Beau, complexe et touchant. BR UK 

Fondu au noir / Fade to black (Vernon Zimmerman, 1980) **
Un cinéphile psychotique (Dennis Christopher) s'attaque déguisé à ceux qu'il perçoit comme ses ennemis, tout en s'éprenant d'un sosie de Marilyn Monroe (Linda Kerridge). Une série B de l'aube des Eighties qui nous promène dans un Los Angeles nocturne superbement photographié et dans l'univers d'un fou du Hollywood de l'âge d'or. Truffé de références cinématographiques, un film culte des rats de vidéoclubs, dont je fus. BR US

La route des Indes / A passage to India (David Lean, 1984) ***
Dans les années 1920, venue voir son fiancé en poste en Inde, une anglaise découvre une communauté d'expatriés fermée sur elle-même et s'éveille au pays dans la douleur. Sublimé des images lyriques chères à Lean et du score de Maurice Jarre, un mélodrame colonial qui effleure ses questions politiques, culturelles et raciales autour de la confusion de son intrigant personnage principal, superbement interprété par Judy Davis. BR FR

Soudain... les monstres / The food of the Gods (Bert I. Gordon, 1976) 0
Dans la région des Grands Lacs, une île est infestée d'animaux devenus géants après avoir mangé une mystérieuse bouillie. En surimpressions, modèles réduits et marionnettes, des poules, des vers, des guêpes et des rats attaquent une bande d'imbéciles menée par Ida Lupino, mamie repartie au taf sans doute pour payer ses impôts. Ça qui devait passer en 1976 ne le fait plus aujourd'hui. Une curiosité des festivals de l'époque. BR FR

Par un beau matin d'été (Jacques Deray, 1965) 0
Un petit truand et sa soeur s'embarquent dans le kidnapping d'une jeune héritière (Géradine Chaplin) dans la campagne espagnole. Tout est mauvais là-dedans : l'histoire réchauffée, le déséquilibre entre le thriller et le cool des dialogues banals d'Audiard, la mise en scène transparente du médiocre Deray et le jeu exaspérant de Belmondo et Sophie Daumier. Un film dont la réapparition et la restauration étaient tout à fait inutiles. BR FR

Underwater (William Eubank, 2019) *
Six survivants de la destruction d'une station sous-marine qui tentent d'en rejoindre une autre en scaphandre - à 10.000 mètres sous la surface - découvrent qu'ils sont chassés par des monstres. Un survival aquatique de série B sans autre enjeu que le suspense et le décor bleu nuit, entre Alien et The Abyss. On ne s'ennuie pas trop, l'idée des créatures lovecraftiennes est plutôt intéressante et puis je regarde tout avec Kristen Stewart. BR FR

8 mars 2021

Films vus par moi(s): mars 2021


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais / NS ne sait

La Princesse grenouille / Tsareva Iyagushka / The frog Princess (Mikhaïl Tsekhanovski, 1954) ***
Le fils d'un roi part délivrer une princesse transformée en grenouille par un sorcier qu'elle a éconduit. Un moyen-métrage qui concentre en 40 minutes les merveilles des contes populaires et de l'animation soviétique avec son histoire aux métaphores emboîtées en poupées russes, ses mouvements fluides - travaillés en motion capture - et ses décors colorés de forêts et de châteaux. Sans mignonnerie ni superflu, toute la pureté du classicisme. YouTube

Show Boat (George Sidney, 1951) **
Les amours et les drames d'une petite troupe de comédiens d'un bateau théâtre sur le Mississippi. S'il n'égale pas le chef-d'oeuvre de James Whale de 1936, cette adaptation MGM du merveilleux musical de Kern & Hammerstein en impose avec son Technicolor hurlant, son dosage de sourire et de pathos et Howard Keel, Kathryn Grayson et Ava Gardner. Mais les morceaux chantés sont un peu mous, "Old Man River" compris. BR US

Jazz à Newport / Jazz on a summer's day (Bert Stern, 1959) **
En juillet 1958, sur scène et avec les vacanciers au festival de jazz de Newport. Le premier film de concert non classique réalisé est, au-delà de l'alignement de Thelonious Monk, Anita O'Day, Big Maybelle, Chuck Berry, Louis Armstrong, une formidable time capsule d'humanité radieuse. Représentant la moitié des images, les beaux visages des spectateurs de toutes couleurs de peau irradient. Et ce final avec Mahalia Jackson ! BR US 

La mousson / The rains of Ranchipur (Jean Negulesco, 1955) **
Aux Indes dans les années 30, un couple en visite chez des expatriés se fissure quand la femme s'éprend d'un docteur indien et que la mousson provoque un tremblement de terre. Un mélodrame colonial sublimement absurde, tout centré sur les occidentaux, les deux seuls autochtones étant Richard Burton et la Maharani Eugenie Leontovich, frottés au brou de noix. Avec le Cinemascope, le Technicolor et Lana Tuner, je me régale. BR FR

Sainte Maud / Saint Maud (Rose Glass, 2019) *
A Scarborough, une jeune femme perturbée est chargé de s'occuper d'une ex-chorégraphe mourant d'un cancer. Bien interprété par ses deux actrices principales (Morfydd Clark et Jennifer Ehle), un drame intimiste flirtant avec l'horror religieux qui souffre de trop rappeler de meilleurs films sur la schizophrénie ou le mysticisme. Mais vu comme une métaphore des ravages de la solitude extrême, ça se tient malgré les maladresses. BR UK

Piège pour Cendrillon (André Cayatte, 1965) **
Brûlée et amnésique suite à un incendie qui a tué sa riche "cousine" dont elle était le sosie, une jeune femme tente de comprendre ce qui s'est passé. D'après un roman de Sébastien Japrisot, un thriller à la Hitchcock à la française qui n'est pas sans défauts dans l'écriture mais qui est porté par ses personnages : un triple rôle pour Dany Carrel qui s'en sort bien et surtout la formidable lesbienne manipulatrice de Madeleine Robinson. BR FR 

Vaiana : La légende du bout du monde / Moana (Ron Clements & John Musker, 2016) **
Une ado polynésienne s'aventure hors de son île pour rendre son coeur à une déesse de la Nature qui se l'est fait voler, plongeant la région dans un désastre environnemental. Avec son message animiste, féministe et écologiste, un dessin animé Disney pour notre temps, qui s'égare un peu dans l'action au milieu mais dont le spectacle des décors et des couleurs est formidable, comme la chanson "Shiny" du crabe-démon. Très sympa. BR FR

6 février 2021

Films vus par moi(s): février 2021


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais / NS ne sait

Liberté (Albert Serra, 2019) 0
En 1774, un petit groupe de libertins exilés de Versailles se retrouve dans une forêt pour une nuit de débauche. Du réalisateur, j'avais adoré "La mort de Louis XIV" (2016) et le thème de celui-ci promettait. Hélas, malgré les acteurs aux physiques improbables, le travail sur le son et la spectaculaire photo nocturne, qu'est-ce que je me suis fait chier. L'austérité et la froideur délibérée du traitement m'ont fait lâcher prise. Prétentieux à l'extrême. BR UK

San Francisco (W.S. Van Dyke, 1936) **
En 1906 à San Francisco, un rossignol (Jeanette McDonald à l'apogée de sa beauté) s'éprend d'un patron de la nuit (Clark Gable à l'apogée de sa suavité) alors qu'elle triomphe dans "Faust" à l'opéra - dans des morceaux d'un camp inouï - et que le tremblement de terre couve. Un mélodrame sentimental et social à gros budget dont la dernière demi-heure mute en un monument du film-catastrophe qui reste très impressionnant. BR US

Quand les tambours s'arrêteront / Apache drums (Hugo Fregonese, 1951) ***
Chassés de leurs terres, des indiens s'en prennent à un petit village d'Arizona. Un western de série B qui se hausse au niveau des grands par son scénario sans scories, ses personnages crédibles et ses idées de mise en scène qui surclassent à merveille le petit budget. L'utilisation de l'espace, du Technicolor et du son (ces tams-tams !) créent une ambiance presque fantastique qui culmine dans l'extraordinaire séquence de l'église. BR FR

Détective privé / Harper (Jack Smight, 1966) **
A Los Angeles, la femme d'un businessman qui a disparu engage un détective privé (Paul Newman, azuréen) pour le retrouver. Le type de film où l'intrigue minimale ne sert qu'à présenter des personnages hauts en couleur et amoraux interprétés par un casting trois étoiles (Lauren Bacall, Robert Wagner, Shelley Winters, Janet Leigh...) évoluant dans le top du design moderne de l'époque, ici les Sixties. Sympathiquement cool. BR US

Le prince et la danseuse / The prince and the showgirl (Laurence Olivier, 1957) **
De passage à Londres pour le sacre de George V en 1911, le régent de Carpathie invite une petite actrice du West End à dîner à l'ambassade. D'après une pièce de Terence Rattigan, une comédie à l'histoire sans grand intérêt mais où la présence et l'extraordinaire charisme de Marilyn Monroe, sublimement photographiée par Jack Cardiff, défont Laurence Olivier dans un K.O. sans appel. Quelle étonnante actrice cette fille était... DVD Z2 FR 

L'Hôtel de la Plage (Michel Lang, 1978) **
En août, dans un hôtel familial de Locquirec en Bretagne, les habitués se retrouvent et les marivaudages reprennent du côté des parents comme des enfants. L'effet nostalgie joue à plein avec cette comédie de moeurs de la France moyenne au casting idoine (Guy Marchand, Daniel Ceccaldi, Myriam Boyer, Anne Parillaud, Sophie Barjac...) et à la légèreté tempérée de tendresse et de beauferie. En plus, c'est mon coin d'origine, alors... BR FR 

La rose et la flèche / Robin and Marian (Richard Lester, 1976) **
Vingt ans après son départ pour les Croisades, Robin des Bois revient à Sherwood où il retrouve Marianne devenue abbesse et le sheriff de Nottingham. Filmé sans les fioritures artificielles du film historique, une histoire sur le temps et les corps qui passent et les sentiments intacts. Physiques mûris, Sean Connery et Audrey Hepburn forment un couple touchant et étonnamment naturel. Mélancolique mais avec légèreté et humour. BR US    

Pique-nique en pyjama / The pajama game (Stanley Donen & George Abbott, 1957) ***
En conflit autour d'une augmentation salariale, le directeur d'une usine de pyjamas (John Raitt) et la déléguée syndicale (Doris Day) tombent amoureux. Dans le contexte complètement original d'une usine en lutte sociale, ce formidable Musical regorge de trouvailles de mise en scène, d'acteurs atypiques et d'exaltantes chansons dont Once-a-year-day!, une séquence d'une vitalité inouïe. Avec Bob Fosse à la chorégraphie. BR US

L'exorciste / The exorcist (William Friedkin, 1973) ***
A Georgetown, le Diable s'approprie une enfant de douze ans. L'irruption de l'inconnu dans le flux du quotidien et la rupture des certitudes sont le socle thématique de ce film mythique qui reste un des sommets du cinéma. La force en repose sur le scénario ancré dans le réel qui présente sans expliquer, l'habilité démoniaque de la mise en scène, la crédibilité des acteurs et le refus de l'horreur au profit d'une insinuation de l'effroi. Magistral. BR FR

Une femme cherche son destin / Now, Voyager (Irving Rapper, 1942) ***
Sous la coupe de sa mère tyrannique, une vieille fille de Boston fait une thérapie qui la révèle au monde et à elle-même. Un des chefs-d'oeuvre du Woman's Picture, un mélodrame où la psychanalyse et le proto-féminisme structurent un scénario outrancier mais fascinant autour de la libération et du sacrifice. Bette Davis en vilain petit canard et Gladys Cooper en monster mother s'affrontent de façon inoubliable. Sublimement névrotique. BR UK

2 janvier 2021

Films vus par moi(s): janvier 2021



*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais / NS ne sait

They'll love me when I'm dead (Morgan Neville, 2018) **
Ce documentaire sur le tournage confus du dernier film - jamais sorti à l'époque - d'Orson Welles, "The other side of the wind" (1970-1976), permet de voir l'immense réalisateur au travail dans des conditions difficiles, alors qu'il est lui-même dans la détresse morale et physique. Les images sont rudes mais émouvantes, entre John Huston acteur qui semble perdu et  le fidèle Peter Boganovich dépassé. Un document crépusculaire. Netflix  

Moffie (Olivier Hermanus, 2019) *
En 1981 dans l'Afrique du Sud de l'Apartheid, un adolescent doit faire son entrainement militaire dans un camp à la frontière angolaise alors les deux pays sont en conflit. La brutalité des comportements d'humiliation et la virilité proclamée rythment de façon répétitive tout le film dont la seule autre piste narrative est celle de la montée du désir du garçon pour un autre. C'est beau mais la retenue de l'ensemble tape vite sur le système. BR UK  

Suez (Allan Dwan, 1938) **
La création du canal de Suez à travers l'histoire de son inventeur, Ferdinand de Lesseps. Un mélodrame historico-biographique typique de l'Hollywood des Thirties qui mêle allègrement la politique internationale et les affaires de coeur d'un trio de séduisantes vedettes : Tyrone Power au sommet de son charme, Loretta Young et Annabella. Les séquences des explosions et de la tempête des sables restent impressionnantes. BR ES 

Greenland (Ric Roman Waugh, 2020) **
Un couple séparé (Gerard Butler et Morena Baccarin) se retrouve avec son jeune fils pour se mettre à l'abri alors qu'une comète va frapper la Terre. Un film-catastrophe pas mal du tout, centré sur les personnages plus que sur les effets spéciaux. Du coup, il y a un supplément d'âme surprenant dans ce genre codifié et malgré quelques coïncidences obligées, on se prend à s'attacher à cette famille plongée dans le chaos. BR BE

Panique dans la rue / Panic in the streets (Elia Kazan, 1950) ***
A la Nouvelle-Orléans, l'autopsie d'un homme assassiné lié à la pègre révèle qu'il avait la peste. Un médecin et un policier traquent ses tueurs pour éviter une épidémie. Un excellent scénario de Film Noir où la poursuite est sanitaire - la recherche des cas contacts - et non criminelle. Le décor naturel du port et la superbe photo N&B servent la mise en scène dynamique où Richard Widmark, Zero Mostel et Jack Palance (génial) étincellent. BR UK 

Le pirate / The pirate (Vincente Minnelli, 1948) ***
Dans les Caraïbes, un acteur s'éprend d'une jeune fille promise au maire de sa ville. Un Musical expérimental, dont le scénario basé sur la confusion d'identités est prétexte à une sorte de film d'art en gesticulations et en Technicolor où le jeu des acteurs (Judy Garland et Gene Kelly, fascinants) frise l'hystérie dans un décor d'opérette. Le score de Cole Porter mêle l'excellent  ("Mack the Black", "Be a Clown") et le dispensable. On adore ou déteste. BR US

Nous étions un seul homme (Philippe Vallois, 1979) **
En 1943 dans la campagne landaise, un simple d'esprit recueille dans sa ferme un soldat allemand blessé. Un classique pionnier du cinéma gay qui n'est pas du tout le récit d'une attraction homosexuelle mais celui du pansement de deux solitudes. Cette approche et l'aspect naturaliste du film, petit budget évident, lui donnent le ton original d'une tragédie solaire. Serge Avédikian, Piotr Stanislas et Catherine Albin sont formidables. DVD Z2 FR

Les voyages de Sullivan / Sullivan's travels (Preston Sturges, 1941) ***
Un réalisateur de Hollywood qui veut faire un film sur les miséreux de l'Amérique s'immerge dans leur milieu, accompagné d'une aspirante actrice. Inclassable panaché de comédie, de film social, de romance et de drame, un des chefs-d'oeuvre des Forties, jalonné des séquences audacieuses et magnifiques, chacune dans leur genre. Dans le luxe ou les bas-fonds, Joel McCrea et Veronica Lake forment un duo au charme fou. BR UK

3 décembre 2020

Films vus par moi(s): décembre 2020


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais / NS ne sait

La joyeuse divorcée / The gay divorcee (Mark Sandrich, 1934) **
Lors d'une mise-en-scène de flagrant délit d'adultère dans une station balnéaire, une jeune femme retrouve un soupirant qui l'importune. Le deuxième film avec Fred Astaire et Ginger Rogers est une bonne comédie d'identités et de situations parsemée de séquences musicales mémorables (Needle in a Haystack, Night and Day, The Continental) et une des mes préférées : Let's k-nock k-nees (avec Betty Grable et Edward Everett Horton). DVD Z1 US

Minuit dans l'Univers / The Midnight sky (George Clooney, 2020) 0
Isolé en Arctique alors qu'une catastrophe écologique à détruit la vie sur Terre, un scientifique veut alerter une station spatiale en retour d'une planète lointaine de rebrousser chemin. Un film de fin du Monde au contexte existentiel intimiste - il n'y a qu'une poignée de personnages - mais à la structure et grammaire totalement hollywoodiennes. Le mélange ne prend pas et malgré le message climatique sincère, on s'ennuie de tant d'austérité artificielle. Netflix

Tootsie (Sydney Pollack, 1982) **
N'arrivant pas à décrocher de rôles, un comédien new-yorkais (Dustin Hoffman) se travestit en femme, est engagé pour un soap télévisé et s'éprend d'une collègue actrice (Jessica Lange). Une comédie de situation sur le genre qui reprend bien sûr des éléments de Certains l'aiment chaud (1959) mais parle surtout - et vu d'aujourd'hui, c'était pionnier - du harcèlement sexuel dans le showbiz. Le ton n'est pas celui de la farce et c'est étonnant.

Les 5.000 doigts du Dr T / The 5.000 fingers of Dr. T (Roy Rowland, 1953) *
Énervé par son professeur de piano, un garçon rêve d'une usine à apprendre l'instrument contrôlée de façon totalitaire. Complètement atypique pour l'époque, une fantasy pour enfants au budget visiblement limité contourné par l'étendue du plateau et le Technicolor criard. À part le petit Tommy Rettig, tous les acteurs sont fades. Sans doute imperceptible à l'époque, l'aspect ultra-queer est aujourd'hui le plus intéressant du film. BR US

Deux moi (Cédric Klapisch, 2019) ***
A Paris, deux jeunes trentenaires souffrent de solitude et de mal de vivre sans savoir que seul un mur d'immeuble les sépare. Sur un thème proche du formidable classique muet Lonesome (Paul Féjos, 1928), un film mélancolique mais lumineux sur les traumas psychiques qui repose sur le charisme et le jeu d'Ana Girardot et de François Civil, interprètes de deux personnages d'une touchante fragilité. Avec une bien belle dernière scène. BR FR

Crime et châtiment / Crime and punishment (Josef von Sternberg, 1935) **
Un brillant et pauvre jeune homme qui a tué une prêteuse sur gages joue au chat et la souris avec un inspecteur. Le roman de Dosteïevski est adapté à l'essentiel dans cette version dont le petit budget et les simples décors sont compensés par une utilisation du clair-obscur et surtout, par l'interprétation géniale de Peter Lorre en névrosé arrogant au bord de l'hystérie. Edward Arnold est excellent aussi dans rôle de policier manipulateur. BR UK 

Blanche-Neige et les Sept Chevaliers / Skazka o myortvoy tsarevne i semi bogatyryakh (Ivan Ivanov-Vano, 1951) **
Le court-métrage d'animation soviétique d'après le poème de Pouchkine (qui s'appelle Le Conte de la Princesse Morte et des Sept Chevaliers) raconte en 32 minutes l'histoire d'une Blanche-Neige russe où sept cavaliers baraqués remplacent les nains. Parfaitement classique, l'animation est très belle avec de superbes séquences dans la forêt de bouleaux, l'isba des garçons et les questions du Prince au Soleil, à la Lune et au vent. YouTube

Grand Canyon (James Algar, 1958) ***
Un film de 28 minutes sur le Grand Canyon qui remporta en 1958 l'Oscar du meilleur court-métrage de fiction. Pas du tout documentaire mais franchement artistique, c'est une sorte de symphonie naturelle illustrant la "Grand Canyon Suite" de Ferde Grofé (1931). Les images en 70mm et Technicolor sont spectaculaires, exploitant toutes les techniques de pointe de l'époque. Les séquences des rapides et des nuages sont sublimes. BR US (en bonus sur celui de Sleeping Beauty)

La Belle au bois dormant / Sleeping Beauty (Clyde Geronimi, 1959) ***
Au 14e siècle, une méchante fée jette un sort contre une jeune princesse que seul l'amour pourra briser. Le conte de Perrault et de Grimm adapté par Disney est un formidable exercice de style avec ses décors géométrisés et ses couleurs vives inspirés des enluminures médiévales. C'est aussi une suite de morceaux de bravoure qui culmine dans la séquence des ronces et du dragon. Un classique que je revois toujours avec plaisir. BR US

Le Père Noël est une ordure (Jean-Marie Poiré, 1982) **
Une nuit de Noël très agitée chez SOS Détresse Amitié. Les situations et les dialogues de ce vrai film-culte restent toujours aussi drôles, portés par un casting imbattable qui connaît chaque rouage de la comédie sur le bout des doigts. Enfin, jusqu'à l'incident du réparateur qui fait dérailler le dernier tiers du scénario et du film en brisant l'unité de ton et de lieu. Mais la première heure est un festival de dynamique comique indémodable. BR FR    

Beyond the Visible. Hilma af Klint (Halina Dyrschka, 2019) ***
Un documentaire qui lève le voile sur l'artiste suédoise Hilma af Klint (1862-1944), oubliée jusqu'il y a quelques années, redécouverte et reconnue aujourd'hui comme la pionnière de l'Abstraction et de l'art spiritualiste. Le film montre que celle qui se considérait "peindre pour le Futur" sera une icône dans quelques décennies et que la réhabilitation des artistes femmes est enclenchée. Une visionnaire inclassable, à plus d'un titre. BR US 

Mank (David Fincher, 2020) *
À la fin des Années Trente, le scénariste Herman Mankiewicz (Gary Oldman) se débat avec le spleen et l'alcool alors qu'il écrit le scénario de Citizen Kane. Une évocation extrêmement bavarde de Hollywood qui fonctionne par séquences mais pas dans son ensemble, la faute à la construction artificiellement alambiquée truffée de clins d'oeil autosatisfaits au cinéma de l'époque. La photo en monochrome gris est mode, hideusement. Netflix

Cornouaille (Anne Le Ny, 2012) 0
Ayant hérité d'une maison près d'Audierne, une jeune femme y fait face à ses traumas familiaux. La place de leurs morts chez les vivants. J'ai arrêté au bout d'une heure, ennuyé sans redemption par la fausseté de l'ensemble, écriture, dialogues, jeu des acteurs (Vanessa Paradis essaye pourtant, Samuel Le Bihan pas), irruption du fantastique et mésusage du paysage breton. Tout cela m'a semblé tourner en rond pour arriver nulle part. BR FR

Beau travail (Claire Denis, 2000) ***
Sur une base du désert maritime de Djibouti, un adjudant légionnaire est perturbé par l'arrivée d'une nouvelle recrue. Avec un minimum de moyens et de dramaturgie, Claire Denis laisse s'exprimer les corps, les paysages et les couleurs en une chorégraphie visuelle fascinante aux accents de tragédie antique. L'homoérotisme subtil créé une tension silencieuse qui s'incarne dans le jeu de Denis Lavant, Grégoire Colin et Michel Subor. BR UK

La nuit déchirée / Sleepwalkers (Mick Garris, 1992) **
Une mère et son fils, créatures extraterrestres ayant pris apparence humaine, repèrent une lycéenne dont ils veulent aspirer l'énergie vitale. Sur un scénario original de Stephen King, une série B sympathique et généreuse en surprises, entre les chats martyrs et vengeurs, les relations incestueuses des aliens, les morphings de première génération et les monstres. Mädchen Amick est une jeune fille en péril formidable. Un chouette petit film. BR DE

Scandale / Bombshell (Jay Roach, 2019) **
En 2016, deux présentatrices vedettes et une aspirante de Fox News brisent la loi du silence contre le patron harceleur de la chaîne conservatrice. Les origines du scandale Roger Ailes qui annonça le mouvement #MeToo est raconté efficacement, à l'américaine, dans une réalisation classique qui bénéficie du casting de Charlize Theron, Nicole Kidman et Margot Robbie en Barbies blondes qui ne se laissent plus faire. Pour elles et pour le message. BR DE

L'évadé du bagne / I Miserabili (Riccardo Freda, 1948) **
En trois heures et deux parties (Chasse à l'homme et Tempête sur Paris), le roman de Hugo est solidement adapté par le scénario qui va à l'essentiel et la mise en scène dynamique qui surclasse le budget sans doute serré (il y a deux décors  de rues pour Paris). Tous personnages majeurs y sont, pas caricaturaux, Gino Cervi est un Jean Valjean intériorisé plutôt intéressant et Hans Hinrich un Javert aux yeux hantés. Une très bonne version. BR FR 

Le fantôme de la liberté (Luis Buñuel, 1974) **
Des personnages subissent divers incidents dans une suite de moments disjoints... ou pas. L'absurde surréaliste de Buñuel baigne ce film à la logique excentrique des rêves, brillamment structuré par des acteurs qui se passent le relais d'une séquence à l'autre. Interprétable à volonté mais sans solution, l'exercice est fascinant avec ses scènes mémorables de l'hôtel aux fétichistes, la table WC, le tireur de la Tour Montparnasse... BR UK 

Dementia (John Parker, 1953) **
À Los Angeles, un jeune femme névrosée est assaillie par ses traumas sous forme de cauchemars. C'est en tous cas ce que je comprends de ce moyen métrage (56') sans un dialogue mais baigné des modulations aigües d'une voix féminine et d'une superbe photo noir et blanc. Le film est totalement unique dans son temps, mi Film Noir, mi Horror avec partout, le Surréalisme à l'Américaine. Un vrai film culte, le seul de son auteur. BR UK

A rainy day in New York (Woody Allen, 2018) **
Amenée à interviewer un réalisateur, une étudiante en journalisme passe quelques jours à Manhattan avec son petit bourgeois de copain. Un retour au classique pour Woody Allen avec cette comédie romantique dynamique, bavarde et sympathique autour de quelques personnages privilégiés et insécures. Le film entier est porté par Elle Fanning, vraiment excellente en jeune fille enthousiaste et craquante d'ingénuité. BR DE

Été 85 (François Ozon, 2020) 0
Au Tréport en 1985, la liaison d'un garçon de seize ans obsédé par la mort avec un autre un peu plus âgé tourne mal. Les personnages, les péripéties et les conflits dessinés à gros traits donnent au film un artifice qui empêche d'entrer dans l'histoire, par ailleurs hésitante entre romance, thriller et métaphore. On sent qu'Ozon a tenté quelque chose dans le genre balisé du film d'ados gays mais le résultat est d'une confusion totale. BR FR

Bagarres au King Créole / King Creole (Michael Curtiz, 1958) **
A La Nouvelle-Orléans, un jeune homme en conflit avec son père est embauché pour chanter dans une boîte de Bourbon Street. Celui de ses films qu'Elvis préférait est un drame romancé autour du lien père-fils aux chansons bien intégrées, au casting solide (la formidable Carolyn Jones, Dolores Hart, Walter Matthau), à la photographie de Film Noir et à la mise en scène très pro de Curtiz. Elvis est excellent, en action ou en chanson. BR DE

1 novembre 2020

Films vus par moi(s): novembre 2020


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais / NS ne sait

L'amant double (François Ozon, 2017) 0
Une jeune femme  fragile (Marine Vacth) découvre que son psychothérapeute (Jérémie Renier) a un jumeau, qu'elle rencontre. Un film bancal et au final incompréhensible avec des confusions d'identités, des traumas, du sexe et beaucoup de circonvolutions qui m'ont perdu. Le sujet - la gémellité psychotique - ayant été traité une fois pour toutes avec le génial Faux-semblants de Cronenberg, la comparaison est implacable. BR FR

Cats (Tom Hooper, 2019) 0
A Londres, une tribu de chats recueille une jeune chatte esseulée. Le musical d'Andrew Lloyd Webber - que je n'ai pas vu - passe très mal l'épreuve de l'adaptation avec une mise-en-scène à esbrouffe mais désespérément vide sur des chansons médiocres et des CGI affreux et omniprésents. Le plus intéressant est l'hybridation des chats-humains, visuellement obscène. Et le final avec Judi Dench est vraiment chouette. BR FR 

The Crown, Saison 4 (Peter Morgan, 2020) ***
Les Windsor affrontent les Eighties. L'irruption de Diana et de Thatcher forment les deux conflits de la 4e saison de la formidable série. Découvrir par la fiction les coulisses d'événements dont se souviennent ceux qui en ont l'âge est un délice irrésistible. La famille royale y est un monstre à plusieurs têtes et Diana le révoltant sacrifice. Le casting est immense mais c'est Gillian Anderson qui emporte tout en géniale incarnation de la Dame de Fer. Netflix

Incantations / Hagazussa (Lukas Feigelfeld, 2017) *
Dans les hauts-pâturages autrichiens du 15e siècle, une fille-mère isolée accusée d'être fille de sorcière pète un plomb. Je ne mets pas 0 grâce à la magnifique photographie qui sublime les forêts et les alpages. Aleksandra Cwen est très bien dans un rôle discrètement hystérique mais l'étirement affecté des plans et des silences tourne vite au système et fatigue. Il y avait tout pour un excellent film, les choix hautains ne l'ont pas permis. BR UK

Le doulos (Jean-Pierre Melville, 1962) **
Un informateur de la police tente d'aider un ami truand suite au meurtre que celui-ci a commis. L'ami doute de sa sincérité. Nous aussi puisque le film est un essai sur les apparences et les voies du destin. L'histoire alambiquée m'a un peu perdu et ennuyé dans ses développements mais la mise en scène sèche dans son artifice et la photographie de Film Noir sont admirables. Comme le sont Jean-Paul Belmondo et Serge Reggiani. BR FR

Daniel isn't real (Adam Egypt Mortimer, 2019) *
Un jeune homme qui s'était inventé un ami imaginaire dans l'enfance le voit revenir en force. Pas facile d'aborder la schizophrénie au cinéma. Le film s'y essaye avec les moyens du bord et hésite entre le thriller psychologique et l'horror sans convaincre malgré le bon sujet de départ et des idées intéressantes. Le jeu incertain de Miles Robbins (fils de Tim Robbins et Susan Sarandon) et de Patrick Schwarzenegger n'aide pas. BR UK

Dans les mailles du filet / The system (Michael Winner, 1964) **
Dans une station balnéaire anglaise, un groupe de potes menés par un jeune macho passent l'été à séduire des vacancières pour une nuit. Loin d'être une comédie, un film désabusé sur la tentation et la résistance du passage à l'âge adulte. Mi-studio, mi-extérieurs, il a parfois le feeling de la Nouvelle Vague, notamment dans son traitement des femmes, dévictimisées. Oliver Reed, à 25 ans, est d'un charisme animal stupéfiant. BR UK

Pot-Bouille (Julien Duvivier, 1957) ***
Dans le Paris du Second Empire, le provincial Octave Mouret fait son trou en baisant les femmes de son immeuble. Une formidable adaptation du roman de Zola à la mise-en-scène fluide et dynamique, portée par un casting éblouissant (Gérard Philipe génial, Danielle Darrieux, Dany Carrel, Jane Marken épatante...) et des dialogues brillants de drôlerie caustique. Tout y tourne autour du sexe avec un culot sublimement désinvolte. BR FR

Harpoon (Rob Grant, 2019) 0
Deux amis d'enfance et la copine de l'un d'eux vont faire un tour en mer pour tenter de réparer une violente altercation qu'ils ont eue. Ça empire. Après dix première minutes intrigantes et prometteuses, le film s'effondre dans l'amateurisme du scénario, des dialogues et du jeu des trois acteurs. Voulant tirer sur le cool, quelques catchprases parsèment les aboiements et le gore. J'en ai vu les trois quart en accéléré, sans rédemption. Nul. BR UK

L'Amérique insolite (François Reichenbach, 1960) *
Ces fragments de l'Amérique de 1959 vue par un Français sont enfilés à la suite sans fil directeur, malgré l'introduction de Jean Cocteau qui y voit une prise de liberté. On a le droit aux majorettes, à un rodéo de détenus, à Disneyland, à une parade noire à la Nouvelle-Orléans... Un sujet fort : les délinquants juvéniles. Du cliché qui a fait son effet en 1960. Soixante ans plus tard, c'est les mémères de 50 ans aux étoles de vison qui m'ont plu. BR UK

Atlantique (Mati Diop, 2019) **
A Dakar, les âmes de jeunes ouvriers morts en mer prennent possession de leurs fiancées restées au pays. La drame de l'émigration vu à travers le filtre d'un conte d'amour fantastique ancré dans la réalité de la vie des Sénégalais pauvres. Malgré quelques longueurs, le panachage du réel et de l'irréel fonctionne bien, semé d'images oniriques et de références à "I walked with a Zombie" de Tourneur. Le message passe, en douceur. BR FR

La michetonneuse (Francis Leroi, 1972) ***
Une étudiante qui a rompu avec fac et famille fréquente la faune interlope parisienne. Comme la Justine de Sade dont elle a le prénom, sa passivité est exemplaire dans la dégradation au fil de ses rencontres. Un petit budget malin et tellement de son époque, où les acteurs naturels semblent improviser les dialogues écrits sur des situations au goût d'absurde, d'érotisme et de pamphlet. Mais derrière l'humour, la désespérance. ENR TV

5 octobre 2020

Films vus par moi(s): octobre 2020


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais / NS ne sait

La sagesse de la pieuvre / My octopus teacher (Pippa Ehrlich & James Reed, 2020) **
En Afrique du Sud, après un burnout, un documentariste se ressource en se liant d'amitié avec une pieuvre auprès de laquelle il plonge chaque jour. L'histoire de cet apprivoisement mutuel entre l'homme et le céphalopode est fascinant et étrangement émouvant, la pieuvre étant un véritable personnage dramatique. Je suis un peu réservé sur la narration et le ton assez monotones de Craig Foster mais quelles images sous-marines ! Netflix 

Aimez-moi ce soir / Love me tonight (Rouben Mamoulian, 1932) ***
Un tailleur parisien se fait passer pour un baron et séduit une princesse languissante. Une comédie et un musical d'une inventivité de tous les instants dans la réalisation, les voies de l'humour et les dialogues pleins de sous-entendus sexuels. Maurice Chevalier déploie son habituelle énergie bravache et Jeanette MacDonald son charme irrésistible. La mise-en-scène de la chanson "Isn't it romantic?" est jubilatoire. Le reste aussi. BR US

Carré 35 (Eric Caravaca, 2017) ***
L'acteur Eric Caravaca enquête sur sa soeur Christine, morte à trois ans au Maroc en 1963, avant sa naissance à lui, et effacée de la mémoire familiale par leur mère. Avec des films personnels Super 8, des entretiens avec les proches concernés et des déplacements sur les lieux de l'histoire, un documentaire intimiste en forme de parcours dans les méandres d'un lourd secret de famille. Très fort émotionnellement. DVD Z2 FR

J'ai perdu mon corps (Jérémy Clapin, 2019) NS
A Paris, un jeune homme se débat dans le quotidien tandis qu'une main sectionnée tente une traversée de la ville. L'originalité graphique de cette main qui affronte les dangers au ras du sol m'a plu mais le ton monocorde et désabusé du garçon de l'histoire parallèle m'a vite cassé les pieds. Bref, je suis passé au fast-forward à la 42e minute et n'ai rien vu dans la suite accélérée qui aurait pu me faire revenir. De très belles images, mais... BR FR 

La prière (Cédric Kahn, 2018) **
Dans les Alpes, un toxicomane de vingt-deux ans rejoint une communauté de réhabilitation par le travail et la prière. Un film austère dans son écriture mais généreux dans ses images et son message qui suit la transformation d'un être humain par le combat contre ses ombres et avec l'assistance des autres. Le jeune Anthony Bajon est très vrai dans un rôle à la fois physique et intérieur. Un beau regard sur le Don bien plus que sur la Foi elle-même. BR FR

Le quatrième homme / Kansas City confidential (Phil Karlson, 1952) **
Faussement soupçonné d'un braquage, un livreur en retrouve les véritables auteurs pour se venger. Un petit film noir tout en gros plans et coups de poings que la mise en scène nerveuse structure avec précision. Le casting de gueules (Jack Elam, Neville Brand, Lee Van Cleef) fait des étincelles et John Payne est un anti-héros parfait. Il y a aussi des flics véreux et un début de romance. Un classique dynamique de la Série B. BR FR

Sea fever (Neasa Hardiman, 2019) 0
Un chalutier est immobilisé au large par une créature tentaculaire. A bord, une étudiante en biologie tente de comprendre ce que c'est. Un petit film fantastique irlandais qui navigue dans les eaux du formidable "The Thing" de Carpenter mais s'échoue sur un scénario prévisible, une réalisation amorphe, un monstre et des personnages insignifiants (l'héroïne fait la gueule tout le temps). Même en accéléré, c'est terriblement ennuyant. BR FR 

Matthias & Maxime (Xavier Dolan, 2019) **
Deux amis d'enfance amenés à s'embrasser pour un court-métrage sont déstabilisés par leur attirance mutuelle inavouée. Dolan joue lui-même l'un des deux copains de ce film de sentiments traversé comme d'habitude de moments d'hystérie, de musique et de tendresse. Un peu long et ponctué d'une fin à retournement abruptement plaquée, il fonctionne par morceaux tout en manquant d'unité. Mais le sujet est touchant. BR FR  

Vacances romaines / Roman holiday (William Wyler, 1953) *
Une princesse en voyage officiel à Rome profite d'une échappée anonyme d'un jour dans la ville en compagnie d'un américain qu'elle ignore être un journaliste. J'avais le souvenir d'un film sympathique mais le revoir a été une douche froide, la réalisation poussive et le rythme désaccordé provoquant l'ennui presque dès le début. Reste les vues de Rome et le charme du visage d'Audrey Hepburn. Un classique bien fade. BR US

Un idiot à Paris (Serge Korber, 1967) 0
L'idiot d'un village de l'Allier débarqué à Paris fait des rencontres diverses. L'idiot est Jean Lefebvre, dans le seul rôle principal de sa carrière... Un navet irrécupérable où le casting déclame les insipides bons mots d'un Audiard à bout de souffle et où le rythme patine autour d'une idée uniforme : l'innocence ébahie du simplet. J'avais envie de le voir pour les images de Paris en 1966 (dont les Halles) mais même ça déçoit. Lamentable. BR FR 

La ville sans Juifs / Die Stadt ohne Juden (Hans Karl Breslauer, 1924) **
L'expulsion de tous les Juifs de la ville d'Utopia provoque une crise économique majeure : certains notables demandent leur retour. Considéré perdu, retrouvé au Marché aux Puces de Paris en 2015 et restauré en 2018, un surprenant film muet autrichien dont certaines images sont terriblement prémonitoires (le harcèlement et les déportations) et dont le message progressiste résonne toujours très fort, un siècle plus tard. BR DE

La falaise mystérieuse / The uninvited (Lewis Allen, 1944) 0
Un frère et une soeur achètent un manoir anglais de bord de mer dont la précédente propriétaire, tombée de la falaise, a une fille qui semble possédée. Un ersatz du "Rebecca" (1940) de Hitchcock dont les chuchotements dans le noir, deux courtes scènes d'ectoplasmes et la méchante lesbienne fonctionnent mais dont le reste est creux, factice et soporifique. La tragique Gail Russell est belle, hélas sans savoir jouer. BR FR

The boys in the band (Joe Mantello, 2020) ** 
En 1968 à Manhattan, un trentenaire organise dans son appart une fête d'anniversaire pour un de ses amis. Tous sont gays. Avec l'alcool et un participant inattendu, la soirée tourne au règlement de comptes. La pièce de Matt Crowley (1968) et le film de William Friedkin (1970) nécessitaient-ils ce remake ? Non, sa plus-value n'apparaît que dans le final, moins désespéré. Mais le casting est bon et le texte original toujours percutant. Netflix

Michel-Ange / Il peccato (Andrei Konchalovsky, 2019) *
En 1515, Michel-Ange va chercher un énorme bloc de marbre à Carrare alors qu'il est tiraillé entre ses mécènes Della Rovere et Médicis. Le film est plastiquement formidable : la reconstitution de la Renaissance à Rome est exceptionnelle. Mais le scénario se fixe uniquement sur la personnalité torturée de l'artiste (incarné avec une intensité expressionniste par Alberto Testone) et sur 2h15, la monotonie et l'ennui s'installent. Quel dommage ! AP Ciné