**** chef-d'oeuvre / *** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais
Le Soleil blanc du désert / Beloïe solnsté poustyni / White Sun of the desert (Vladimir Motyl, 1970) ****
Perdu dans le désert du Turkménistan pendant la Guerre Civile russe, un soldat de l'Armée Rouge sauve un local. Ensemble, ils accompagnent neuf femmes voilées égarées enfuies d'un harem et pourchassées par leur maître féroce. Un des films les plus révérés des russes, cet ostern - western de l'Est - hybride dans le décor somptueux des sables de l'aventure, de la propagande coloniale, un regard inhabituel sur le genre - hommes vs. femmes - et de l'idéologie - athéisme vs. Islam. Superbement composées, beaucoup d'images sont inoubliables. BR US Deaf Crocodile
La femme la plus riche du monde (Thierry Klifa, 2025) ***
Adaptation libre de l'affaire Banier-Bettencourt du point de vue des quatre principaux protagonistes : la milliardaire Liliane Bettencourt (Isabelle Huppert), sa fille Françoise Bettencourt-Meyers, le photographe Jean-Marie Banier et le majordome Pascal Bonnefoy. Il en résulte une tragi-comédie portée par ses dialogues enlevés et ses interprètes impeccables, notamment Laurent Lafitte en pirate flamboyant et haïssable du coeur et des sous, un milliard d'Euros quand même. Le ton est original, comme du Balzac et du Mauriac mâtinés de Boulevard. Assez fascinant. BR FR Blaq Out
L'Odyssée / The Odyssey (Christopher Nolan, 2026) ***
Revenu à Ithaque, Ulysse se remémore la prise de Troie et son odyssée en terres et mers inconnues. Ayant en dégoût le cinéma pompeux de Nolan à part un des Batman et Dunkerque, c'était pas donné. Or, malgré le début poussif et les séquences ratées du Cyclope et des Géants, la sortie du Cheval et Circé m'ont emporté jusqu'à la prouesse du massacre des Prétendants. Avec un casting dominé par Anne Hathaway et l'habillage sonore, véritable star du film. À texte immortel, une oeuvre épique qui trouve le ton juste et réhabilite la Mythologie tant nécessaire aujourd'hui. Cinéma
Résurrection / Kuángye Shídài (Bi Gan, 2025) 0
Un mourant se rêve en jeune homme traversant cinq époques du XXe siècle... et du cinéma. Engoué par ses critiques pâmées quasi unanimes et son Prix du Jury à Cannes 2025, l'atterrissage est rude. Il y a longtemps que je n'avais pas vu un tel paillasson à festivals, assommant exercice formel boursouflé sur 2h40 qui s'admire en citations visuelles sur la puissance de l'imaginaire et du feu cinéma, dont la disparition du public à la fin est la belle idée. Tout m'a fait chier en fait dans cet écoeurant bootleg chinois. Et avec une valise Louis Vuitton qui réussit à se placer. BR FR Potemkine
Caligula et Messaline / Caligola e Messalina (Anthony Pass/Bruno Mattei & Jean-Jacques Renon, 1981) *
Vers l'an 40 à Rome, la jeune Messaline s'attire Caligula pour se rapprocher de Claude, l'oncle de celui-ci. Fait à la va-vite sur le succès du Caligula (1979) de Guccione, un exemple d'exploitation impure, hybride de dialogues en studio, de scènes érotiques et de pompages éhontés d'autres films à budget comme La Colosse de Rhodes (1961) de Leone et La Bête (1975) de Borowczyk. Tout cela est assez cheap et ennuyeux malgré quelques plans intéressants, les provocations cringe - le nain, la brute... - et l'étrange beauté de Betty Roland en impératrice salope. BR US Severin Films
Le Colosse de Hong Kong / Goliathon / The Mighty Peking Man (Ho Meng-Hua, 1977) ***
Un entrepreneur envoie un aventurier en Inde ramener un singe gigantesque qu'il veut exhiber à Hong Kong. La version Shaw Brothers du King Kong (1976) de Guillermin est un spectacle épatant qui évoque involontairement les origines populaires et bricolées du cinéma : back projections, monstre en costume, Tarzane blonde dénudée, maquettes dévastées et absurdité. En gardant un point de vue innocent ou ironique, on ne peut qu'apprécier l'enthousiasmant premier degré de ce film aux images, à l'action et aux Chinois sans cesse dynamiques. BR UK 88 Films
Letty Lynton (Clarence Brown, 1932) **
Ayant quitté son amant et Montevideo, une héritière s'éprend d'un riche new-yorkais sur le paquebot du retour mais doit affronter le chantage de son ex, jaloux. Invisible pendant quatre-vingt-dix ans pour des questions juridiques, le premier triomphe de Joan Crawford en star revient au jour et c'est un événement cinéphile. Le film lui-même est plutôt bien, pour les conflits moraux de l'héroïne, le visage sublimé de Crawford et ses costumes extravagants par Adrian. Et comme on passe de la comédie romantique au drame et au mélo, on en a pour son argent et son plaisir. BR US Warner Archive
Confessions II (Torso, 2026) *
J'étais au parc de Sceaux le 29 août 1987 pour Madonna, le souvenir écrase celui de ses autres concerts que j'ai pu voir après. Quarante ans plus tard, je ne la regarde plus que de loin et intéressé par ses métamorphoses et combats plus que par sa musique. Apprenant qu'un nouvel album sortait, j'ai trouvé sur YouTube "The Film" de celui-ci, une vidéo de 13'55'' qui enfile à la suite des samples de 8 titres avant 3'23'' de générique final. C'est pro, dynamique et sexy mais trop en tout, comme du déjà-vu sous amphé. Reste Madonna, bientôt 68 ans et toutes ses dents. YouTube









