**** chef-d'oeuvre / *** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais
28 ans plus tard : Le Temple des Morts / 28 years later: The Bone Temple (Nia DaCosta, 2026) **
Dans son Temple des Morts, un médecin survivant à l'apocalypse des Enragés affronte un petit groupe de Satanistes. La deuxième partie de la trilogie annoncée ne lésine pas sur les couteaux et le gore tout en valorisant la beauté des paysages et des décors d'une post-société revenue à la barbarie. Si le gang sanglant des blonds menés par le fils autoproclamé du démon est un peu caricatural, le zombie colosse qui se réveille est une superbe création et la scène musicale sur Iron Maiden déchire. Avec Ralph Fiennes impérial et une femme à la réalisation. BR FR ESCD
A double tour (Claude Chabrol, 1959) *
Confrontée à l'adultère de son mari avec la voisine, une bourgeoise d'Aix-en-Provence tente de maintenir les apparences qui craquent. Décevant mais sans trop, le troisième film de Chabrol est plombé par une intrigue faiblarde et le surjeu de certains acteurs (dont Belmondo et Bernadette Laffont avant le vrai succès) mais rattrapé par la mise en scène de la narration audacieuse, la veulerie des personnages, l'énigme de celui du fils, Madeleine Robinson et Antonella Lualdi et le germe évident des grands films à venir du réalisateur. Intéressant à défaut de captivant. DVD FR StudioCanal
L'évadé de Yuma / Vivo per la tua morte / A long ride from hell (Camillo Bazzoni, 1968) *
Evadé du pénitencier, un brave type est poursuivi par son geôlier tout en cherchant le traitre qui l'a fait coffrer. Voulu, écrit, coproduit et joué par Steve Reeves pour se sortir du peplum et du film historique, ce western italien de série n'a aucun autre intérêt que de montrer le culturiste-acteur une dernière fois avant sa retraite dans son ranch à quarante ans. Plus mûr et bien moins baraqué, il ne sait toujours ni bouger ni jouer devant une caméra mais garde sa formidable photogénie presque intacte et c'est pour ça que j'ai maté jusqu'au bout. On ne se refait pas. BR DE Explosive Media
Brûle, sorcière, brûle / Burn, witch, burn / Night of the eagle (Sidney Hayers, 1962) ***
Soupçonnant la jalousie professionnelle de ses collègues, l'épouse d'un professeur de psychologie fait de la magie noire pour le protéger, provoquant la colère de son mari incrédule. La sorcellerie - et le vaudou - sont des mines trop peu creusées au cinéma. Dans ce classique britannique du genre qui met aux prises un homme rationnel avec des femmes névrosées - c'est lui qui le dit - on plonge tout de suite dedans. Sur un scénario de Charles Beaumont et Richard Matheson, Janet Blair perd les pédales et Peter Wyngarde le Nord et la chemise, et c'est bien. BR FR StudioCanal
Un drôle de dimanche (Marc Allégret, 1958) *
Un cocu rencontre sa femme cinq ans après et tente de la reconquérir. Le type de film balayé par la Nouvelle Vague et on le comprend : histoire bébête, mise en scène anonyme et stars sans vraie envie. Mais soixante dix ans plus tard, on peut y trouver d'autres choses : l'étonnant mélange de comédie et de drame qui rend le truc inclassable, les rues de Paris en 1957, le rapport hommes-femmes patriarcal (le dialogue est truffé de "Mon petit" aux pépées) et le casting disparu : Bourvil excellent, Danielle Darrieux, Arletty, Roger Hanin, Belmondo à ses débuts. DVD FR René Chateau
La bataille de Gaulle 1 & 2 (Antonin Baudry, 2026) ***
De 1940 à 1944, le combat de de Gaulle contre les Anglais, les Américains et Vichy pour imposer l'idée et l'action de La France Libre. Essentiellement centré sur Charles de Gaulle - formidable Simon Abkarian - et sa stratégie africaine un peu oubliée, un grand film historique qui hybride avec succès pédagogie, grand spectacle et une éthique morale sujette à projection. Nécessairement simplifié mais juste, le scénario dynamique fait filer au pas de charge les exaltants 5h30 du diptyque. Seul l'envahissement de la musique martiale à l'hollywoodienne m'a ennuyé : bien trop manipulateur. PS : Très confus, le titre du film me semble exécrable. Cinéma
Fascination / Possessed (Clarence Brown, 1931) ***
Après trois ans, une ouvrière d'usine montée à New York est une dame du monde en couple avec un riche et bel investisseur mais son passé se rappelle à elle. Liberté - mais pas autonomie - de la Femme, relation hors-mariage, rumeur et sacrifice font le lit de ce mélodrame Pré-code typique de la qualité MGM après 1929 : un sujet social contemporain traité avec le luxe du glamour. Dans ce registre, Joan Crawford et Clark Gable sont magnétiques, apprêtés et filmés comme les stars - et les amants - qu'ils allaient vite devenir. Avec un géniale scène de train qui passe. BR US Warner Archive
Adam et Ève / Adamo ed Eva, la prima storia d'amore (Luigi Rosso & Enzo Doria, 1983) *
Partis d'Eden après la Pomme pour rejoindre la mer, Adam et Ève traversent des contrées désolées où ils affrontent des tribus préhistoriques hostiles. Malgré une confrontation des origines originale et des paysages magnifiques, ce soft biblique finit par emmerder par sa réalisation amorphe et le jeu abyssal de ses deux acteurs dénudés : Andrea Goldman en emmerdeuse de première et Mark Gregory en ado concon bodybuildé. Elle n'a plus rien fait après et lui s'est suicidé dans la dèche. Ressortir les navets a ses limites, trop n'en faut. Revoir Jeanne Dielman. BR US Severin









