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8 mai 2017

Nacho Mucho

L'illustrateur madrilène Nacho Castro s'est fait une spécialité des acteurs hollywoodiens. Dans le genre, c'est pas mal du tout.

Montgomery, Robert, Rock, Steve, Tyrone, Warren, Charlton, Gary, James, Marlon, Frank, Errol : en voilà une douzaine.













30 décembre 2012

Der Hamburger Helot

A la Kunsthalle de Hambourg, une statue académique des années 1890 qui m'était inconnue, habituellement remisée aux réserves, est en ce moment exposée à l'occasion d'une intéressante présentation thématique des collections de sculpture.


"Der Helot" (L'Hilote) de Wilhelm Kumm, daté de 1891, représente un esclave agricole grec des environs de Sparte.

Derrière le sujet antiquisant, c'est le jeune modèle anonyme qui a posé pour le sculpteur que le visiteur ne peut s'empêcher de voir. Son beau visage pensif aux traits intemporels (il pourrait être d'hier, d'aujourd'hui ou de demain) donne à la statue une fascinante présence. Compte-tenu du nombre de photos qui en sont prises par les visiteurs, on comprend qu'il ne laisse personne de marbre. Jugez-en vous même par ces images que j'ai capturées de lui après avoir passé pas mal de temps, moi aussi, à le regarder.


Et pour rester à la Hamburger Kunsthalle, je ne peux résister à inclure ci-dessous ce plan rapproché d'un des mes tableaux préférés, l'admirable "Voyageur contemplant une mer de nuages" de Caspar David Friedrich (1817) que je n'avais vu jusqu'à aujourd'hui que par reproduction interposée. L'original mérite le voyage comme dirait un guide populaire. Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant tout à l'heure que l'habit du voyageur des montagnes, que j'avais toujours cru de flanelle ou de coton noir, est en réalité de velours vert. L'oeuvre en est encore plus classe.


19 juin 2011

Debbie Reynolds, The Auction online


Je suis en train de regarder online la vente aux enchères de la fabuleuse collection de memorabilia hollywodienne de Debbie Reynolds qui a lieu en ce moment à Beverly Hills et où je serais bien plus à ma place que devant mon ordinateur.

Après avoir acheté le catalogue collector (vous pouvez aussi le télécharger gratuitement, ça vaut vraiment le coup de voir les trésors de l'histoire d'Hollywood que Debbie Reynolds a réunis pendant 50 ans), j'avais bien envie de m'inscrire pour enchérir sur la redingote que Tyrone Power portait dans le rôle d'Alex de Fersen dans "Marie-Antoinette" (je n'ai pas encore le cran de sortir en Norma Shearer).


J'ai vite été refroidi quand j'ai vu que le costume de matador de Rudolph Valentino dans "Arènes sanglantes" a été adjugé 210.000 $. La robe bleue vichy de Dorothy (Judy Garland) dans "Le Magicien d'Oz" a atteint 910.000 $ et ses souliers de rubis 510.000 $. Je n'ose pas imaginer ce que le fourreau rouge "Little Girl from Little Rock" de Marilyn dans "Les Hommes Préfèrent les Blondes" va faire et encore moins sa robe blanche de la scène du métro de "Sept Ans de Réflexion". Ce qui est sûr, c'est que cette nuit, cette robe deviendra la plus chère de toute l'histoire de la mode et du costume (PS : elle vient d'être adjugée au prix fou de 4.600.000 $ soit 3.215.000 €, auxquels il faut ajouter 23% de frais, soit 5.658.000 $ / 3.953.000 € !).


Scott F., qui est actuellement dans la salle des ventes, a pris cette photo de Debbie Reynolds assistant à la dispersion de sa collection. A côté d'elle au premier plan, sa fille Carrie Fisher (qui a bien changé depuis la Princesse Lea de "Star Wars"). Thanks Scott!


La redingote bleue de Tyrone est partie pour 27.500 $.
Et moi, je vais continuer à aller m'habiller chez Gap.

8 août 2010

Bronze stars in L.A.


Hollywood a la mémoire courte quand il s'agit d'honorer celles et ceux qui ont fait son succès et sa fortune. On pourrait croire qu'en naviguant dans la cité du cinéma qu'est Los Angeles, on aurait des chances de tomber de temps en temps, à une intersection de boulevards ou dans un parc public, sur une statue d'un acteur, réalisateur ou producteur ayant participé à la fabrication du mythe. Je ne parle pas des produits marketing que sont les empreintes de mains et de pieds du Grauman's Chinese Theater ni des étoiles de trottoir du Hollywood Boulevard mais bien des statues, seuls monuments urbains vénérables du culte de la personnalité. On pourrait croire...

Et pourtant. Actuellement, il n'y a à Los Angeles qu'une poignée de ces monuments commémoratifs. En me promenant, j'en ai rencontré trois sur mon chemin (Dean dans un site très connu et visité, les deux Valentino par hasard). En faisant une petite recherche, j'ai pu découvrir qu'il y en avait quelques autres éparpillés ici et là dans les tentacules de la ville. Voilà ceux que j'ai pu retrouver.

Les deux statues de Rudolph Valentino au DeLongpre Park

Rudolph Valentino (1895-1926) est un cas puisqu'il a non pas une mais deux statues à sa mémoire. Et, bizarrement, toutes les deux au même endroit : dans le petit DeLongpre Park, repaire assez mal famé des homeless people et drifters à quelques blocs du piège à touristes qu'est devenu Hollywood Boulevard autour du Grauman's Chinese. Un parc qui est donc, par état de fait, le principal lieu d'hommage à Valentino à Hollywood.

La première statue a été offerte à la communauté d'Hollywood en 1930 grâce aux dons des fans éplorés collectés par l'actrice Dolores del Rio, quatre ans après la mort prématurée et traumatisante de l'acteur. C'est un monument à la mémoire de Valentino et non un portrait de lui. Titrée "Inspiration", l'oeuvre symbolise le génie de l'inspiration en position de plongée et au visage dirigé vers les cieux, prêt à faire le grand saut dans l'Olympe des superstars. Réalisée par le sculpteur Roger Noble Burnham dans un style très Art Déco, la statue à la base inscrite est dans à son emplacement depuis 80 ans. Elle fut en son temps la toute première statue commémorant un acteur placée dans la ville. Récemment restaurée après plusieurs décennies d'incurie et de dégradations, elle a retrouvé tout son lustre et son charme de la fin des Twenties.



La seconde statue de DeLongre Park est une tête de bronze, le portrait de Valentino commandé par un de ses fans au sculpteur contemporain Richard H. Ellis et placé là sur un piédestal en 1979, à quelques mètres de la première. C'est à ce jour l'un des deux seuls portraits de tête sculptés d'un acteur qu'on peut trouver en plein-air sur l'ensemble du territoire de Los Angeles (avec celui de Dean ci-dessous). Le visage m'a semblé plus ressemblant de profil que de face mais l'oeuvre est, dans son genre très codifié, assez réussie. En lui prêtant le temps d'une photo mes lunettes de soleil et ma casquette, je me suis rendu compte que Rudolph Valentino aurait encore pas mal de charme et d'attitude aujourd'hui, 84 ans après sa disparition.






La statue de James Dean devant le Griffith Observatory


Dominant tout Los Angeles, le Griffith Observatory offre des vues fabuleuses sur la ville au coucher du soleil. C'est bien sûr là qu'a été tournée (entre autres) en 1954 une scène célèbre de "Rebel without a cause / La fureur de vivre" de Nicholas Ray avec James Dean, Natalie Wood et Sal Mineo. L'administration du Griffith Observatory Park a donc décidé en 1988 de placer devant l'entrée du bâtiment un portrait de Dean en mémoire de l'acteur et du film.

Ce buste de James Dean (1931-1955) est la copie en bronze d'un portrait que Dean lui-même avait commandé au sculpteur Kenneth Kendall en 1955, quelques semaines avant sa mort, et qu'il n'avait donc jamais vu achevé. Le buste original ornait la tombe de l'acteur à Fairmount, Indiana, mais il a été volé il y a longtemps et n'a jamais refait surface.

Ce portrait du Griffith Observatory est celui placé le plus en altitude de tout Los Angeles, on peut donc dire que James Dean, domine encore, à sa façon, la ville des anges. Les touristes et promeneurs ne s'y trompent pas, qui se font photographier à ses côtés, avec en fond, au loin sur les collines, les neuf lettres du "Hollywood Sign".



La statue de Myrna Loy à l'entrée de la Venice High School


Celle-là est plus étonnante. En 1921, Myrna Williams (la future Myrna Loy) était une lycéenne de 16 ans à la Venice High School. Le sculpteur Harry Winebrenner, qui y avait fait une partie de ses classes et y enseignait les beaux-arts, voulait offrir à l'établissement une oeuvre originale pour inspirer les élèves à l'étude. La jeune Myrna fut choisie par l'artiste pour poser pour la figure sommitale du groupe sculpté "Inspiration", allégorie très années 20 de l'éducation intellectuelle (une jeune fille lisant) et physique (un jeune athlète). Myrna, elle, était l'allégorie de l'Inspiration qui surplombait le groupe.

Le groupe d'origine en béton, inauguré en 1922 et très dégradé par les années, fut retiré en 2000. En avril 2010, une nouvelle statue en bronze de Myrna (par le sculpteur Ernest Shelton), d'un lyrisme flamboyant, fut dévoilée. Payée par une association de riches anciens élèves, elle trône maintenant à l'entrée de Venice High, même si la plupart des élèves n'ont sans doute jamais entendu parler de Myrna Loy (1905-1993), star des années 1930-1940.

Cette statue a donc une histoire originale puisqu'à ses débuts, il s'agit d'une oeuvre allégorique utilisant une jeune étudiante encore inconnue comme modèle et qu'aujourd'hui, c'est une statue qui rend volontairement hommage à la plus célèbre ancienne de l'école. Au fait, si vous passez par là, vous reconnaîtrez peut-être le bâtiment : c'est la Venice High School qui a servi pour le tournage de "Grease" (on peut d'ailleurs apercevoir dans le film la première statue de Myrna Williams/Loy).

Myrna Loy aujourd'hui (ci-dessus) et hier (ci-dessous)



Les deux statues de John Wayne à Beverly Hills et à l'Orange County Airport

John Wayne (1907-1979) a lui aussi, comme Valentino, droit à deux statues à Los Angeles. La première fut commandée puis inaugurée en 1979, juste après la mort de l'acteur, devant le building de la Great Western Bank à Beverly Hills, à l'angle de Wilshire Boulevard et de Hamilton Drive. Wayne avait été dans ses vieux jours un visage de la banque pour des campagnes publicitaires et les dirigeants avaient voulu lui rendre hommage avec une statue immortalisant le grand homme. C'est une statue monumentale de John Wayne à cheval, dans une pose archétypique des innombrables westerns qui ont fait sa gloire. Il faut savoir que c'est John Wayne (en observant son visage) quand on se promène dans le coin car ce ne sont pas les statues d'hommes à cheval qui manquent dans les villes de l'Ouest américain et on peut donc passer devant sans remarquer le célèbre modèle.


Pour la petite histoire, la Great Western Bank a vendu son bâtiment depuis et en 1984, celui-ci est devenu la propriété et le siège social des Entreprises Larry Flynt (le roi historique de la pornographie commerciale américaine). John Wayne, qui était un républicain conservateur convaincu, n'aurait sans doute pas du tout apprécié la situation. On peut penser que la présence de la statue de Wayne devant l'immeuble qui abrite son empire doit en revanche bien amuser ce provocateur de Flynt. D'ailleurs, le très conservateur Orange County (conté de Los Angeles où habitait Wayne) fait des pieds et des mains depuis des années pour récupérer la statue et mettre fin à cet affront moral fait à John Wayne.

Orange County possède pourtant déjà sa propre statue de John Wayne : il s'agit de celle qui a été placée en 1982 devant l'entrée de l'aéroport du conté, l'ex-Orange County Airport qui fut rebaptisé John Wayne Airport en 1974, du vivant de la star, son citoyen le plus illustre. La sculpture, par Robert Summers, est un portrait en pied saisissant de réalisme du Duke dans une de ses iconiques tenues d'écran, prêt à dégainer. Dans son genre, c'est une sorte de chef-d'oeuvre.



Lucille Ball devant l'Academy of Television Arts & Science

En 1990, le sculpteur Ernest Shelton (celui-là même qui a fait la nouvelle statue de Myrna Loy de la Venice High), reçut la commande d'une statue d'une des personnalités préférées des spectateurs/téléspectateurs américains : Lucille Ball (1911-1989). La statue devait décorer la place d'entrée du nouveau bâtiment de l'Academie de la Télévision sur Lankershim Boulevard. Elle y fut installée en 1991 et commémore, dans une pose extrêmement maniérée, l'une des premières actrices à avoir fait avec succès le crossover entre le monde du cinéma et celui de la télévision dans l'histoire d'Hollywood.



Et voilà, pour le moment je crois que c'est tout : seulement 7 statues de 5 personnalités du cinéma ornent aujourd'hui les espaces urbains, rues ou parcs de Los Angeles. Soit 3 acteurs (Valentino, Dean, Wayne) et 2 actrices (Loy, Ball). Il y en a sans aucun doute d'autres dans des bâtiments mais il sont plus difficilement accessibles au public. Il semble cependant qu'Hollywood commence à comprendre le patrimoine dont il est le dépositaire. D'autres projets sont en cours et dans les années qui viennent, peut-être que les statues de professionnels de l'Age d'Or du cinéma américain pousseront dans la ville comme les anges peints sur les murs des églises italiennes. Que sera, sera...

PS : Notre lectrice Valentine Deluxe nous apprend (cf. commentaires) qu'un autre monument dédié à des actrices existe aussi à Los Angeles, à l'angle des boulevards Hollywood et La Brea. J'ajoute donc le petit paragraphe suivant.

Mae West, Dolores del Rio, Dorothy Dandridge, Anna Mae Wong et Marilyn Monroe à l'angle Hollywood / La Brea

Réalisé par Catherine Hardwicke (design) et Karl West (sculptures), ce kiosque qui marque le début du célèbre "Hollywood Walk of Fame" (les étoiles des stars sur les trottoirs) a été installé là en 1993. Quatre actrices aux quatre vents (la blanche, la rouge, la noire, la jaune) mais toutes argentées, soutiennent une sorte de dais d'entrée au Walk of Fame. Une toute petite Marilyn Monroe surmonte le tout, dans sa pose "jupe en l'air". Le monument, kitsch en diable, mais dans le mauvais sens du terme, a été qualifié d'exemple de "bad art" par la presse locale à l'époque de son inauguration. Et toc !

26 décembre 2009

Un Romain, triste et grave

"Tête d'homme, 240 ap. J.C." (Glyptothek München)

De tous les portraits romains qu'on peut voir dans la magnifique collection de la Glyptothèque de Munich, j'ai longtemps regardé celui-ci. Je ne le connaissais pas, ni d'une précédente visite, ni de sources iconographiques. Ce n'est sans doute pas le plus admirable techniquement mais je n'en ai pas vu d'autre qui soit, du moins en ce qui me concerne, d'une force émotionnelle plus grande.

En observant le visage de cet homme qui vivait donc il y a près de dix-huit siècles (selon la mention laconique du cartel), je me suis demandé ce qui avait bien pu pousser le commanditaire du portrait à immortaliser dans le marbre une expression d'aussi profonde tristesse. Est-ce un portrait que le modèle avait commandé de lui-même ? Un portrait posthume demandé dans un cadre officiel ou intime ? La commémoration d'un événement personnel ? La représentation de l'inquiétude collective en ce troisième siècle si peu serein pour l'Empire ?

En voyant ce portrait, je n'ai pas pu m'empêcher de penser au formidable La chute de l'Empire romain d'Anthony Mann, dont l'histoire aurait pu être vécue en direct par cet homme de l'Antiquité. Et je me disais qu'il aurait été à sa place dans le rôle tenu par Stephen Boyd dans le film, un rôle qui semble, lorsqu'on scrute son visage, avoir été écrit pour lui.


Aujourd'hui, le portrait est tourné vers une large fenêtre qui donne sur la cour intérieure de la Glyptothèque. L'hiver celle-ci est vide alors qu'aux beaux jours un café s'y installe. Ce Romain anonyme y regarde passer les visiteurs comme les saisons. En gardant pour lui tout le mystère de sa triste et digne expression sur son beau visage prématurément vieilli. Sa grave présence à travers les frontières et les siècles m'a vraiment touché. J'aurais presque eu envie de lui demander ce qui n'allait pas.

30 septembre 2009

Fine arts : Adam, Eve et le Paradis perdu (Dubufe, 1827)

Romantique, érotique et grandiloquent : Claude-Marie Dubufe (1790-1864) s'est surpassé dans ces deux toiles monumentales qui ont été acquises en galerie en 2008 par le Musée des Beaux-Arts de Nantes (en espérant qu'elles y ont trouvé place à leur démesure).

Je ne me lasserai décidément jamais des sublimes excès de la peinture d'histoire du XIXe siècle.

Adam et Eve (1827)
307 cm x 250 cm


On appréciera surtout le serpent dans l'arbre qui crache son jet de vapeur sur Eve et l'idée d'avoir fait asseoir Adam sur une pousse d'herbes folles.

Le Paradis perdu (1827)
307 cm x 250 cm

Sans le malheureux démon orangé dans les frondaisons de gauche, ce tableau eût été un authentique chef-d'œuvre.