7 octobre 2018

Films vus par moi(s) : octobre 2018


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Crash Test Aglaé (Eric Gravel, 2017) **
Ayant accepté une délocalisation de son travail en Inde, une jeune ouvrière d'usine psychorigide (India Hair) entreprend son voyage en voiture avec deux collègues (Julie Depardieu et Yolande Moreau). Un road-movie sympathique et tendre, jalonné des rencontres de l'anti-héroïne qui lui apprennent qu'on peut (re)vivre en lâchant les amarres. La mise en scène est routinière mais le message est universel et jamais trop répété. BR FR

Samson (Maurice Tourneur, 1936) ***
A Paris, un spéculateur parvenu épouse une aristocrate déchue (Gaby Morlay) qui ne l'aime pas. Ce drame conjugal inspiré de l'histoire de Samson et Dalila décrit avec une acuité féroce une lutte de classes dans le contexte économique, sociétal et moral déstabilisé des Années 30. La mise en scène est d'une superbe limpidité et Harry Baur, immense, fait passer à travers son corps et son visage tous les états, de la puissance à la vulnérabilité. BR FR

Hérédité / Hereditary (Ari Aster, 2018) **
Issue d'une famille au passé tragique, une mère se laisse tenter par le spiritisme. Toni Collette est impressionnante de détresse dans ce film qui s'appuie sur les codes de l'horreur pour évoquer les forces destructrices qui peuvent miner une lignée familiale. L'atmosphère est trouble et étouffante jusqu'au final où hélas, le réalisateur choisit la voie du fantastique convenu, affaiblissant la métaphore. La jeune Milly Shapiro est une actrice étonnante. BR UK 

Loup-garou (Stéphane Lévy, 2014) *
Dans une bastide du sud de la France, un quinquagénaire seul engage une baby-sitter pour s'occuper de son enfant, qui n'existe pas. Un moyen métrage (70') écrit et interprété par l'écrivain Régis Jauffret qui y joue le numéro de ses obsessions, de la manipulation mentale à la décrépitude par l'âge en passant par l'acte criminel et l'humiliation. L'acteur néophyte a de la présence et la photo est belle mais l'exercice ne se révèle qu'un ego-trip. BR FR

Le livre de la jungle / Jungle book (Zoltan Korda, 1942) **
La première des adaptations des nouvelles de Kipling souffre d'un scénario à longueurs, d'une mise en scène trop sage, du jeu en comédie des trois voleurs et des faiblesses d'acteur de Sabu (par ailleurs idéal en Mowgli). Mais les vrais animaux filmés en gros plan, la splendeur inouïe des décors de la jungle et des temples abandonnés et le sublime Technicolor Kalmus en font l'un des plus beaux films d'aventure pour enfants qui puisse exister. BR FR