**** chef-d'oeuvre / *** excellent / ** bon / * médiocre / 0 mauvais
Plus fort que moi / I swear (Kirk Jones, 2025) ***
Dans une banlieue d'Ecosse, le combat au quotidien d'un jeune homme atteint du spectaculaire syndrome Gilles de la Tourette. D'après une histoire vraie, un feel good movie à portée pédagogique et civique comme les anglais en ont le secret. Hautement cinématographiques et moulin à comédie, les tics physiques et surtout verbaux du personnage poussent au rire que l'écriture et le contexte désamorcent vers la tendresse et l'empathie. Dans un rôle de composition modèle, Robert Aramayo est stupéfiant, soutenu par un casting sans faille. Vraiment bien. Cinéma
Serre-moi fort (Mathieu Amalric, 2021) **
A bout, une jeune femme quitte de nuit sa maison, laissant mari et enfants derrière elle. Ce n'est pas tout à fait ça car le scénario tortueux du film réserve rapidement la surprise d'un point de vue spécifique qui en retourne tout le sens. Toujours à l'écran, Vickie Krieps est magnifique dans un rôle à gros plans multiples qu'elle tient sur le fil entre abattement et hystérie, que le sujet réel de l'histoire justifie entièrement. Mais si la construction du scénario est admirable, a-t-on encore besoin d'un film sur la douleur folle d'une femme ? Je me suis posé la question en le regardant. BR FR Gaumont
Morlaix (Jaime Rosales, 2026) **
L'arrivée d'un parisien dans leur Terminale bouscule quelques lycéens de Morlaix, dont la jeune fille dont il tombe amoureux. Sur des choix de formats d'écrans et un scénario méta-narratif "fiction dans la fiction" trop alambiqués et qui perdent le spectateur en route, un film qui possède pourtant un charme subtil, dû à la poésie mélancolique des thèmes - la fin de l'adolescence, le deuil, le cinéma, l'amour, le temps qui passe -, au charisme du jeune casting et au sentiment impressionniste qui se dégage du tout. Plus c'est la ville où je suis né, alors. Cinéma
Le maître de forges (Fernand Rivers, 1947) **
Lâchée par son fiancé, une châtelaine épouse par dépit un industriel metallo qui l'aime. Une adaptation du roman à succès de Georges Ohnet aussi désuète aujourd'hui qu'hier avec son histoire d'aristocrates et de petits bourgeois de province s'affrontant en us et manières et morale. Tout est étriqué mais le charme du genre du mélodrame conjugal opère tout de même et Jean Chevrier est formidable en bel homme digne fragilisé par le dédain de sa femme. Du cinéma comme on n'en fait plus mais comme je l'aime encore pour son côté involontairement camp. DVD FR René Chateau
Certains l'aiment chaud / Some like it hot (Billy Wilder, 1959) ****
Recherchés par la pègre, deux musiciens se travestissent pour s'intégrer dans un orchestre féminin. Revoir le film sur grand écran et en public rappelle à quel point c'est une oeuvre parfaite dans son miraculeux équilibre du scénario, de la mise en scène et des talents impliqués. Porté par le rythme et l'humour des situations, des dialogues et des jeux des acteurs, le public éclate souvent de rire, encore étonné 70 ans plus tard par l'audace intacte du propos et de son traitement et sous le charme ravageur de Marilyn. A la fin, les applaudissements disent tout. Cinémathèque Française (ouverture de la rétrospective Marilyn Monroe)
La fille sans dieu / The godless girl (Cecil B. DeMille, 1928) ****
Après un incident tragique dans un lycée, la passionaria d'un groupe athée et le leader d'un groupe chrétien se retrouvent en maison de redressement et s'échappent ensemble. Le dernier film muet de DeMille fonce à bride abattue dans son histoire qui mêle mélodrame et film social, aventure et coming of age dans un remarquable équilibre. Si les acteurs sont un peu trop âgés pour le rôle et que Lina Basquette roule trop des yeux, le dynamisme de la mise en scène en suite de morceaux de bravoure et le refus de moralisme en font une oeuvre en tous points captivante. BR US Kino Classics
Life of Chuck / The life of Chuck (Mike Flanagan, 2025) ***
En trois temps inversés, retour sur la vie d'un comptable tout juste décédé. D'après une nouvelle de Stephen King, un film assez inclassable entre fantastique, mélodrame et musical qui joue avec les époques de la vie d'un homme en tissant des concordances qui se révèlent peu à peu et ouvrent sur un essai existentiel pétri d'humanisme à la Walt Whitman. Si on se laisse aller à la structure inhabituelle du scénario et au message universaliste, on ne peut que saluer l'audace assurée de cette curiosité hollywoodienne artificielle mais sincèrement touchante. BR FR Nour Films
Melania / Melania: Twenty days to history (Brett Ratner, 2026) 0 ou **** ?
L'affairement de Melania Trump dans les trois semaines qui ont précédé la seconde inauguration de son mari en janvier 2025. Raconté en américain accent slovène par la First lady elle-même pour un cachet de 28 millions $, un atterant panégyrique à la personnalité battante et au style sans faute de l'ex-model. Filmée comme une star hollywodienne, Louboutin et tout, elle nous fait entrer dans sa limousine, sa Trump Tower, son Mar-a-Lago et sa Maison Blanche. En lunettes de soleil noires, elle nous assure qu'elle fait plein de choses, surtout pour l'enfance. Ça se finit sur du Boney M. Prime Video



