8 septembre 2018

Films vus par moi(s) : septembre 2018


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Lady Bird (Greta Gerwig, 2017) ***
En 2002 à Sacramento, l'année d'une lycéenne de terminale aux opinions tranchées en conflit affectif avec sa mère. D'esprit autobiographique, un coming of age movie dont l'histoire suit des chemins balisés mais dont la fraîcheur, l'humour, la sincérité, l'intelligence des dialogues et de la mise en scène étincellent. Saoirse Ronan et Laurie Metcalf sont formidables, le reste du casting aussi. Et quel plaisir de retrouver Lois Smith. Très très chouette. BR DE

Les initiés / Inxeba / The wound (John Trengove, 2017) **
Dans la campagne d'Afrique du Sud, lors d'une semaine d'initiation, un jeune homosexuel se rend compte que son parrain est gay aussi, mais en secret. A partir d'un rite de passage tribal, ce film sud-africain sobre et douloureux pose un regard sans concession sur la masculinité africaine et la tradition face à la disruption sexuelle. Il dit qu'il y encore du chemin à faire, ce que les manifestations hostiles à sa sortie pourtant confidentielle ont confirmé. BR US  

La route sauvage / Lean on Pete (Andrew Haigh, 2017) **
Après la mort brutale de son père, un jeune palefrenier part à pied à travers le désert à la recherche de sa mère, accompagné d'un cheval qu'il a volé. Porté par l'interprétation intense de Charlie Plummer, un film émouvant mais pas sentimental sur l'instinct de survie et les laissés pour compte de l'Amérique, à travers la métaphore d'un adolescent à la dérive et de sa carne. La tristesse qui s'en dégage est celle des vies gâchées. BR UK

Messaline / Messalina Venere Imperatrice (Vittorio Cottafavi, 1960) *
En 38, la vestale Valeria épouse par intérêt politique le vieux Claude et devient Impératrice de Rome sous le nom de Messaline tout en restant amoureuse d'un centurion. Cottafavi ne s'est pas cassé avec ce peplum poussif dont émergent seulement quelques belles images un peu osées, portées par un superbe Technicolor et la tragique Belinda Lee, piètre actrice mais splendide animal dont le visage en gros plan fait des merveilles. BR FR

Dracula (Jean Boullet, 1963/2018) ***
L'essai de reconstruction (à partir des chutes retrouvées) du Dracula du fantasque Jean Boullet laissent à imaginer que ce film d'animation mythique eût été un chef-d'œuvre. C'est la première partie du roman de Bram Stoker, l'arrivée de Jonathan Harker au château, qui est transcrite à l'écran dans des séquences en ombres chinoises inspirées de l'Expressionnisme, de Cocteau et de Reiniger. Une résurrection de 9 minutes absolument magiques. DVD Z2 FR - inclus dans le livre "Midi Minuit Fantastique, vol 3" de Nicolas Stanzick

1 août 2018

Films vus par moi(s) : août 2018


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Mamma mia ! Here we go again (Ol Parker, 2018) 0
Pendant que Sophie s’apprête à inaugurer l’hôtel restauré de sa mère décédée, l’histoire de celle-ci est racontée en flash-backs. La suite/prequel du sympathique « Mamma Mia ! » de 2008 est une nullité comme le cinéma en produit peu. Tout est lamentable, du scénario inexistant au jeu en roue libre du casting en passant par l’incompétence de la mise en scène et des chorégraphies, dont un spectacle de patronage ne voudrait pas. ABBA abattu. Ciné

Mission impossible / Mission: Impossible (Brian De Palma, 1996) 0
A Prague, Ethan Hunt et ses coéquipiers sont chargés de mettre la main sur une liste d'espions. A part la longue partie d'introduction, à aucun moment j'ai pu m'intéresser à l'histoire racontée par ce film d'esbrouffe aux enjeux narratifs proches du zéro. Les acteurs sont mauvais (Emmanuelle Béart, Jean Reno) et les nouvelles technologies de 1996 donnent un coup de vieux qui échappe au charme du vintage. Tom Cruise, lui, est magnétique. BR FR 

Sans un bruit / A quiet place (John Krasinski, 2018) *
Une famille dont la mère (Emily Blunt) va accoucher est réfugiée dans une ferme isolée et tente de survivre à des féroces créatures extraterrestres sensibles au bruit. Un thriller fantastique qui repose sur un seul postulat : les personnages doivent maintenir un silence absolu. Ca fonctionne bien parce que ça créé un suspense tendu mais le film terminé révèle sa vacuité. Une seule * donc mais dans le genre, c'est quand même pas si mal. BR UK  

Big Fish & Begonia / Dayu haitang (Liang Xuan & Zhang Chun, 2016) **
Une créature spirituelle incarnée en jeune fille venue voir ce qu'est le monde des humain provoque accidentellement la noyade d'un jeune homme et ramène son âme chez les esprits sous la forme d'un petit dauphin. L'histoire assez incompréhensible de ce film d'animation chinois (très inspiré de l'univers Miyazaki) est largement compensée par sa profusion d'idées et sa splendeur visuelle. La poésie magique des plans vaut à elle seule le voyage. BR UK

La femme et le pantin / The Devil is a woman (Josef von Sternberg, 1935) ***
Au carnaval de Séville, une aventurière vénale séduit un colonel retraité (Lionel Atwill en ersatz du réalisateur) et un fringant révolutionnaire (Cesar Romero). Le dernier des sept films du duo Sternberg/Dietrich est leur moins aimé mais c'est mon préféré. Le scénario se moque de l'histoire pour faire place au délire maniériste des décors et costumes qui servent d'écrin à une Marlene Dietrich au jeu outrancier. Génialement extravagant et très drôle. BR US

L'enfer de la corruption / Force of evil (Abraham Polonsky, 1948) ***
Un avocat lié au Milieu tente d'aider son frère, petit banquier illégal, à s'élever dans le business. Sur un scénario complexe, un Film Noir qui privilégie le pourrissement et les conflits psychologiques des personnages à l'action : les dialogues ont une franche orientation existentielle. John Garfield est magnétique (comme toujours) en anti héros solitaire tiraillé entre serment, crime et famille. Flingues et pépées en seraient superfétatoires. BR UK

Frankenstein (Bernard Rose, 2015) **
A L.A., un chercheur imprime en 3D un être humain qui s'échappe du labo. Le sens du génial roman de Mary Shelley n'est pas dénaturé dans cette intéressante transposition contemporaine centrée sur le Monstre, un Adonis qui développe des tumeurs défigurantes. La férocité de la société envers ses marginaux est dénoncée dans des scènes de hard gore et le jeune acteur Xavier Samuel assure sous son maquillage saignant. Image finale nulle. BR FR

A girl walks home alone at night (Ana Lily Amirpour, 2014) *
Dans une banlieue d'Iran, la rencontre d'un homme et d'une femme vampire. Ce film en N&B produit et tourné aux US mais de réalisatrice, de langue et d'acteurs persans part du tchador comme cape vampirique. L'attaque virulente contre les interdits du régime iranien est judicieusement menée, il y a plein d'idées et les images sont soignées mais l'ambition et la prétention affichées de vouloir faire un film d'art pour festivals m'ont cassé les pieds. BR UK.

Que la lumière soit / Let there be light (John Huston, 1946) ***
Dans un hôpital du New Jersey, les traitements de soldats revenus de la guerre avec des symptômes psychologiques post-traumatiques (PTSD). Ce documentaire de commande de l'US Army fut invisible jusqu'en 1981, officiellement par respect de leur vie privée. Le savoir faire de Huston dans le découpage, la voix off (de Walter Huston) et la musique appliqués aux visages et aux mots des GIs en font un film d'une humanité bouleversante. BR US

La vie de plaisir (Albert Valentin, 1944) **
Le gérant d'un cabaret prospère (Albert Préjean) épouse la fille d'aristocrates ruinés (Claude Génia) et expérimente l'hypocrisie de la haute société. La demi-heure d'installation est un peu poussive mais la suite est un dynamitage réjouissant des conservatismes porté une construction rusée et les dialogues de Charles Spaak. Entre "La règle du jeu" et "Le charme discret de la bourgeoisie", un pamphlet féroce sous l'habit du mélodrame. 

A very English scandal (Stephen Frears, 2018) ***
De 1962 à 1979, la chute du brillant politicien Jeremy Thorpe suite à sa liaison homosexuelle avec un garçon instable. L'affaire de moeurs et de politique qui a défrayé la chronique britannique lors du procès de 1979 est racontée par ce téléfilm BBC de 3h en une tragicomédie superbement mise en scène par Frears. Ben Whishaw est excellent en gigolo perturbé et Hugh Grant, méconnaissable, y trouve de loin le meilleur rôle de sa carrière. DVD UK

Le criminel / The stranger (Orson Welles, 1946) **
En 1946, un enquêteur international (Edward G. Robinson) vient déloger un officier nazi (Orson Welles) qui tente de se refaire dans une bourgade du Connecticut. Tourné en 1945, ce Film Noir est l'une des premières fictions à aborder de front la fuite des nazis et les camps de concentration (dont on voit des images). Ça et la mise en scène baroque de Welles en font un film passionnant. Le jeu outrancièrement nerveux de Loretta Young est pénible. BR US

Une femme fantastique / Una mujer fantastica (Sebastian Lelio, 2017) **
A Santiago, la maîtresse transexuelle d'un notable est rejetée par la famille de celui-ci quand il meurt subitement. Entièrement porté par l'actrice transgenre Daniela Vega, ce film chilien où le mélodrame n'a aucune place montre le parcours difficile d'une femme proscrite à plusieurs titres. La mise en scène suit son cheminement déterminé dans le deuil et la résilience avec une dignité et un refus du sensationnel un peu forcés. Oscar 2018. BR UK

Love hunters / Hounds of love (Ben Young, 2016) * 
A Perth, un couple de sociopathes enlève et martyrise une étudiante. Inspiré d'un fait divers de 1986, ce torture porn australien ne lésine pas sur la violence mais s'attache un peu plus à l'aspect psychologique que physique. Le casting est de qualité et la mise en scène, dans un genre codifié à l'extrême, tente l'élévation malgré quelques choix putassiers dans la B.O. et le découpage. Mais le film ne va pas plus loin que l'histoire qu'il raconte. BR DE

1 juillet 2018

Films vus par moi(s) : juillet 2018


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Mektoub my love. Canto uno (Abdellatif Kechiche, 2018) ***
En 1994, un jeune homme monté à Paris revient passer l'été à Sète où il retrouve famille et amis. Entre plage, boîtes et balades, leurs jours et leurs nuits s'écoulent (presque) sans conflit. Ce qui pourrait donner un film terne offre tout le contraire : le sensualité des visages, des corps et de la photo, la mise en scène et le magnétisme des acteurs font de cette ode au miracle d'être vivant un chef-d'oeuvre dont chacun peut avoir son interprétation. BR FR

L'Apparition (Xavier Giannoli, 2018) ***
Dans les Préalpes, un reporter de guerre (Vincent Lindon) participe à une commission d'enquête demandée par le Vatican sur des apparitions mariales à une jeune fille (Galatea Bellugi). Intrigant et intelligent, ce thriller religieux (et social, et politique...) offre une réflexion sans jugement ni parti-pris sur le mystère de la foi, ascendant et descendant, en s'ancrant dans l'actualité contemporaine de façon admirable. Un très bon film sur un sujet piégé. BR FR

Les apprentis (Pierre Salvadori, 1995) **
A Paris, le quotidien de galère de deux amis losers. La trame de cette comédie douce-amère révèle une touchante métaphore sur la dépression qui frappe le personnage incarné par François Cluzet, dont celui de Guillaume Depardieu serait la force de vie. C'est bien vu et l'absurde de plusieurs gags est très drôle mais il manque, pour en faire un plus grand film, du lien entre les séquences qui n'enchaînent qu'une suite de moments disjoints. Belle fin. DVD FR

The maze (William Cameron Menzies, 1953) **
L'héritier d'un vieux château écossais s'y reclut, refuse les visites et rompt son mariage. Sa fiancée abandonnée, venue voir ce qui se passe, y découvre une présence mystérieuse liée à un labyrinthe. Une sympathique série B suspense/fantastique, un peu trop bavarde mais où l'atmosphère gothique fonctionne bien. La résolution est risible mais concourt au charme de l'ensemble. Il paraît que la 3D d'époque est exceptionnelle. BR US (vu en 2D)

Fiertés (Philippe Faucon, 2018) **
De la dépénalisation de 1981 au mariage de 2013 en passant par le PACS de 1999, les avancées sociétales et légales LGBT françaises à travers trois moments de la vie affective d'un gay parisien. En s'attachant au parcours personnel d'un individu et de ses proches, cette mini-série d'Arte évoque avec solidité et émotion les implications au quotidien des changements. La réalisation n'est qu'un cran au-dessus de "Plus belle la vie" mais qu'importe. DVD FR

Pinocchio (Walt Disney, Hamilton Luske & Ben Sharpsteen, 1940) ***
Un pantin merveilleusement animé apprend à ses dépends la tentation et le courage. Le deuxième classique de Disney est un chef-d'oeuvre intemporel où les péripéties, la féérie, la musique, l'humour, le drame (c'est un film sombre) et la morale se mêlent en un dosage parfait. Certaines des séquences sont parmi les plus belles de toute l'histoire de l'animation. En le revoyant, j'ai réalisé que "Pinocchio" était un "Eyes Wide Shut" pour enfants. BR FR

The endless (Justin Benson & Aaron Moorhead, 2017) 0
Deux frères échappés d'une secte dans leur adolescence y reviennent en visite et sont confrontés à des phénomènes temporels inquiétants. Si le thème est un vrai sujet (la nécessaire rupture avec les schémas familiaux), le traitement est désastreux, entre un poussif scénario en accumulation d'énigmes, le jeu incompétent des acteurs (dont les réalisateurs) et le rythme anémié. Un film fantastique nul, aux bonnes critiques désespérantes. BR UK

Klown / Klovn: the movie (Mikkel Norgaard, 2010) 0
Un futur père indigne, accompagné d'un ami qui ne pense qu'à se taper de la meuf, emmène son neveu d'une dizaine d'années en week-end. Succès à sa sortie au Danemark, cette adaptation à l'écran d'une série force sur le lourd, le gras et le potache dans une succession de séquences de situations sexuelles volontairement ridicules pour faire marrer le spectateur. J'ai laissé tomber au bout de 45' mais il paraît que la fin est pas mal. Ah bon ? BR UK 

Moi, Tonya / I, Tonya (Craig Gillespie, 2017) **
La chute de la patineuse badass Tonya Harding (Margot Robbie, formidable), impliquée - à tort ou à raison - dans l'agression à la barre de fer de sa rivale Nancy Kerrigan avant les JO de Lillehammer. Le film fait du tonitruant scandale sportif de 1994 une satire de l'Amérique d'en-bas en orientant le propos vers la réhabilitation de Harding. La farce de certaines situations jure avec la violence continue des abus qu'elle subit. C'est un peu douteux. BR UK 

Female trouble (John Waters, 1974) ***
A Baltimore, le parcours débridé d'une pouffiasse obsédée de gloire. Chaque instant de ce vrai film culte est un assaut à la bien pensance, à la convention et à l'ouïe par ses provocations visuelles et thématiques, sa fureur anarchiste et le jeu outrancier et hurlant des Dreamlanders (Divine, iconique et David Lochary, Edith Massey, Mary Vivian Pearce, Mink Stole, Cookie Mueller : ils y sont tous). Du cinéma entièrement libre qui n'appartient qu'à John Waters. BR US

Nos années folles (André Téchiné, 2017) *
Un soldat déserteur de la Guerre de 14 que son épouse a l'idée de travestir en femme pour échapper à l'exécution y prend goût, s'y révèle et ne veut pas revenir à la virilité. L'affaire Paul Grappe est un sujet vertigineux qui soulève de nombreuses questions. Malheureusement, ce film au titre malhabile souffre d'une construction artificielle qui plonge le spectateur dans l'ennui. Pierre Deladonchamps et Céline Sallette, eux, sont très bons. BR FR  

1 juin 2018

Films vus par moi(s) : juin 2018


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Premier de cordée (Louis Daquin, 1944) *
Un jeune guide de Chamonix (André Le Gall) devenu sujet au vertige se fait hôtelier avant de remettre les crampons. Cette première adaptation du roman de Frison-Roche bénéficie d'une photographie magnifique des décors naturels des Drus et la prouesse technique du tournage reste admirable mais la mise en scène de l'histoire elle-même est d'une platitude soporifique que le débit monotone des acteurs amplifie. Pour les images seulement. BR FR

La chasse du comte Zaroff / The most dangerous game (Ernest B. Schoedsack & Irving Pichel, 1932) ***
Naufragé sur une île, un voyageur trouve refuge dans le château d'un aristocrate russe psychopathe qui chasse le gibier humain. Petit par sa durée (63'), ce film d'aventures est l'un des plus grands des Thirties, par son atmosphère de perversité, la magie de ses décors, le dynamisme de sa poursuite dans la jungle et le marais, la musique de Max Steiner et le charisme de Joel McCrea, Fay Wray et Leslie Banks, méchant inoubliable. BR US

La dernière caravane / The last wagon (Delmer Daves, 1956) **
Quelques jeunes survivants d'un convoi massacré par des Apaches fuient le danger sous la conduite d'un aventurier condamné pour meurtre. Un beau western où les chariots, les indiens et les fusils cohabitent avec un fond de coming of age mélodramatique issu du conflit social et culturel entre les jeunes colons et l'homme solitaire. Richard Widmark porte le film dont l'autre vedette est la photo du paysage grandiose des canyons d'Arizona. BR FR

Baby driver (Edgar Wright, 2017) **
A Atlanta, un jeune conducteur émérite vissé à son iPod sert de chauffeur à une bande de pilleurs de banques. S'il n'y avait que les spectaculaires poursuites en voiture, le gimmick des chansons dans les oreillettes et le montage frénétique, le film serait un produit de plus. Seulement il y a le charisme de l'acteur principal (Ansel Elgort) et le romantisme touchant du scénario : les deux donnent un film d'action plus que sympathique. BR FR

Le crime de Monsieur Lange (Jean Renoir, 1936) ***
A Paris, le patron voyou d'une maison d'édition abuse ses employés qui décident de monter une coopérative. Le propos douteux (l'assassinat social a ses justifications) va au bout des idées du Front Populaire dont ce film est une émanation limpide. Au-delà de cet intérêt historique, c'est le scénario de Prévert et la mise en scène de Renoir qui sont fascinants dans leur semblant de déconstruction et de liberté formelle. Jules Berry est génial, Florelle aussi. BR DE

Le port de la drogue / Pickup on South Street (Samuel Fuller, 1953) ***
A New York, quelques paumés gravitent autour d'un microfilm volé. De drogue il n'est plus question : la version restaurée du film retourne à son thème anti-communiste, bien plus brûlant en 1953. Mais la véritable histoire est celle des visages meurtris, souvent filmés en gros plan, de ses anti-héros malmenés par la vie. Un magnifique Film Noir existentiel porté par la présence de deux acteurs que j'adore : Richard Widmark et Thelma Ritter. BR UK

Pris au piège / El bar (Alex de la Iglesia, 2017) 0
Les clients d'un bar de Madrid s'y retranchent quand des incidents inquiétants frappent le quartier. Un navet dont rien n'est à sauver. Le huis-clos enfile des situations désespérément usées, les personnages caricaturaux (le pompon : un SDF illuminé récitant L'Apocalypse) sont massacrés par des acteurs médiocres en roue libre et l'histoire, du début à la résolution, n'a aucun enjeu. J'ai vu la seconde moitié en accéléré. Minable. BR DE 

Coco (Lee Unkrich & Adrian Molina, 2017) ***
Au Mexique pendant le Dia de Muertos, un garçon est projeté dans le pays des morts et cherche un arrière-grand-père qui fut une idole de la chanson. Le génie des artistes Disney/Pixar accouche encore d'un film exceptionnel. L'animation et les couleurs incroyables et le rythme trépidant sont au service d'un sujet grave (l'oubli des morts) qui fonctionne parce que le scénario et l'humour sont malins comme tout. J'aurais juste aimé plus de chansons. BR DE

Marvin ou la belle éducation (Anne Fontaine, 2017) **
Un jeune homme gay qui a quitté les Vosges pour Paris et une carrière au théâtre revoit son enfance brimée dans sa famille de misère. Inspiré par "En finir avec Eddy Bellegueule" d'Edouard Louis, un film fait d'allers-retours entre hier et aujourd'hui, la France d'en-bas et la bourgeoisie intello du 5e. Les clichés poussent vers la caricature mais les deux acteurs qui jouent Marvin sont excellents et font vivre avec émotion leur personnage torturé. BR FR

23 mai 2018

Clint Walker

Clint Walker
1927-2018









2 mai 2018

Films vus par moi(s) : mai 2018


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Chicken (Joe Stephenson, 2016) **
Dans la campagne anglaise, un ado mentalement limité qui vit avec son frère dans une caravane sympathise avec une ado de la ville. Kitchen sink et trailer trash à la fois, un petit film qui s'appuie sur la vie déclassée des laissés pour compte de la société pour dresser le portrait touchant d'un garçon dont la seule confidente est sa poule (l'oiseau, pas la fille). Scott Chambers fait une performance d'acteur incroyable en jeune handicapé. BR UK 

The bad batch (Ana Lily Amirpour, 2017) 0
Dans le désert texan post-apocalypse, une jeune femme mutilée par des cannibales arrive dans un camp de réfugiés où règne un gourou polygame. Tout ça plus des motos, des corbeaux et un culturiste polynésien (Jason Momoa, spectaculaire) et rien n'y fait : ce film au rythme anémique et à la pose artsy est chiant, mais chiant... La fille joue comme son pied coupé et Keanu Reeves et Jim Carrey ont pris vingt ans et vingt kilos chacun. BR US

Le grand soir (Benoît Delépine & Gustave Kervern, 2012) **
Un vendeur en literie d'une zone commerciale pète les plombs et suit son vieux punk SFD de frère dans sa rage contre la société zombifiée. Une comédie pamphlétaire à l'anarchie un peu fabriquée et à la conclusion faible mais qui est parfois très drôle dans ses situations et dialogues. Le casting y est pour beaucoup : Albert Dupontel et Benoît Poelvoorde sont excellents et les apparitions de Brigitte Fontaine et de Gérard Depardieu sont un régal. BR FR

L'île mystérieuse / Mysterious island (Cy Endfield, 1961) **
Des naufragés sur une île perdue tentent d'en partir, aidés par un pacifiste qui s'y est réfugié avant eux, le Capitaine Nemo. Librement inspiré de Jules Verne, un récit d'aventures vieille école aux trucages par transparence datés mais pleins de charme et pourvu de quatre créatures géantes par Ray Harryhausen (pas ses meilleures). Le formidable score de Bernard Herrmann surclasse le film par son dynamisme lyrique échevelé. BR DE

La région sauvage / La region salvaje / The untamed (Amat Escalante, 2016) **
Pendant que son frère a une liaison avec son mari, une jeune mère de famille rencontre une bête de sexe (au sens propre du terme puisqu'il s'agit d'un extraterrestre tout en tentacules péniens et orifices). Un impressionnant film fantastique mexicain sur les pulsions du désir face à la pression sociale qui joue la carte de l'horreur psycho-physique à la manière de Cronenberg ou Zulawski, mais avec plus de retenue. Subversivement érotique. BR UK

Blanche Neige et les sept nains / Snow White and the seven dwarfs (Walt Disney, 1937) ***
Harcelée par sa marâtre jalouse, une princesse souillon trouve refuge chez des nains en attendant son Prince. Même en en connaissant chaque plan, chaque mouvement, chaque réplique, chaque chanson par coeur (Yodel compris), le dessin animé qui lança l'empire Disney reste un émerveillement de tous les instants, un film visionnaire où kitsch, mythe, psychanalyse et brillance technique s'accordent en un chef-d'œuvre inaltérable. BR FR

Visages Villages (Agnès Varda et JR, 2017) *
Agnès Varda (88 ans) et JR (33 ans) parcourent la campagne française en camionnette-photomaton à la rencontre d'habitants dont ils font les portraits géants que JR colle sur des murs. Il y a des belles personnes et des moments touchants (liés à sa discrète mélancolie à elle) dans ce road movie artistique mais je ne supporte plus les jeux de mots poétisants de Varda, le narcissisme et la désagréable impression d'insincérité de la démarche. BR FR

La féerie du Jazz / King of Jazz (John Murray Anderson, 1930) ***
Le débonnaire Paul Whiteman et son orchestre mènent cette extravagante revue musicale qui mêle chansons, animations, sketchs, performances dansées et séquences à grand spectacle ("Rhapsodie in blue", "Happy feet"...). Les interludes burlesques sont ratés mais tout le reste est un incroyable show qui ne cesse d'étonner par son kitsch absolu et son entrain contagieux. Et c'est dans un Technicolor bichrome d'une beauté à tomber. BR US

Symphonie pour un massacre (Jacques Deray, 1963) *
Un truand en col blanc s'empare d'un pactole et doit éliminer un à un ses complices qui le soupçonnent. Un pur film narratif, dont le scénario sert uniquement à raconter son histoire sans aucune plus-value existentielle (Melville en aurait fait tout autre chose). Bref, c'est du bon produit mais on a vu ça mille fois. Le meilleur est le casting : Jean Rochefort, Charles Vanel, Michel Auclair, Claude Dauphin et Michèle Mercier juste avant Angélique. BR FR

The fits (Anna Rose Holmer, 2015) **
Une gamine de 11 ans cherche à s'intégrer à une classe de Hip-Hop dont des participantes sont frappées d'étranges crises d'épilepsie. Entrer dans la collectivité tout en affirmant son identité, c'est sans doute le sujet de ce court film (65') fait de regards silencieux, de lents travellings et de sursauts dynamiques. Si on accepte le rythme et le scénario ouvert, la séduction opère, d'autant que la jeune actrice Royalty Hightower est merveilleuse. BR FR

Threads (Mick Jackson, 1984) ***
Une attaque nucléaire près de Sheffield en détruit la population et les structures. Produit par la BBC, un impressionnant téléfilm britannique qui décrit sans pudeur ni tabou les terribles conséquences humaines de la guerre nucléaire du point de vue d'une jeune femme enceinte. Aucune autre oeuvre sur le sujet n'en atteint le ton désespéré (pas même "Testament" de 1983), amplifié par l'efficacité de l'aspect documentaire. Cauchemardesque. BR US

Manhandled (Allan Dwan, 1924) **
Une vendeuse de grand magasin extravertie et fiancée à un mécanicien se retrouve par hasard à fréquenter la haute société et fait l'objet de l'attention de ses hommes. A 25 ans, Gloria Swanson étincelle de charisme dans cette comédie dont la morale est typiquement Twenties : la bonheur est fait d'amour et d'argent. La caméra statique n'empêche le dynamisme du film, porté par l'abattage de sa star à la fois drôle et touchante. Un très bon muet. BR US 

Le scorpion noir / The black scorpion (Edward Ludwig, 1957) *
Au Mexique, l'éruption d'un volcan réveille des scorpions géants. Ni le meilleur ni le pire des films de grosses bébêtes des Fifties, celui-là bénéficie des chouettes décors de désert et de grottes et des multiples créatures en stop motion de Willis O'Brien (celui de King Kong), réussies en plan large, moins en gros plan. Richard Denning et Mara Corday, des habitués du genre, étudient et affrontent les monstres avant de s'embrasser à la fin. BR US

Seven lucky gods (Jamil Dehlavi, 2014) **
A Londres, un beau migrant albanais (Nik Xhelilaj) en quête de papiers séduit un homme politique, une femme médecin et une vieille handicapée. Un film plus qu'ambigu, son regard clair sur le parcours piégé des illégaux se doublant d'une charge assassine contre la bourgeoisie pervertie d'Occident. L'accumulation des coïncidences force la crédulité mais la violence tranquille du message dérange et interroge. Et Nik Xhelilaj est canon, ça y'a pas à dire. BR DE

Le rituel / The ritual (David Bruckner, 2017) 0
Quatre amis partis randonner dans les highlands de Suède sont pourchassés par une présence monstrueuse. Un peu la version masculine du formidable "The descent" (2005), ce film d'horreur anglais est loin de son modèle : le réalisateur abuse de la tension provoquée par les inquiétants craquement de bois dans la forêt, les personnages ont peu d'intérêt et la résolution est d'une rare faiblesse. Il reste quelques fortes images ici et là. Netflix

Eté 93 / Estiu 1993 (Carla Simon, 2017) ***
En 1993, une gamine de 6 ans qui vient de perdre sa mère est adoptée par son oncle chez qui elle passe son premier été d'orpheline. L'irradiation solaire et la beauté simple de la campagne catalane forment un puissant contraste avec la gravité de l'histoire, autobiographie de la réalisatrice, qui évoque par touches impressionnistes la douleur silencieuse des enfants face à la mort. De tous les plans, la petite Laia Artigas est incroyable de justesse. BR IT

La mort de Staline / The death of Stalin (Armando Iannucci, 2017) 0
En 1953, la mort brutale de Staline provoque panique, répression et conflit de succession dans le cercle de ses intimes. Le sujet captivant est dynamité par le choix de le traiter en mode farce-satire sur un scénario très bavard et une mise en scène théâtrale où les acteurs (un bon casting) éructent et hystérisent à la façon humour British des Monthy Python. C'est crispant et douteux, le mélange violence-rigolade est de l'absurde potache à la con. BR UK

1 avril 2018

Films vus par moi(s) : avril 2018


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Annihilation (Alex Garland, 2018) 0
Cinq scientifiques femmes envoyées explorer une zone mystérieuse y découvrent d'inquiétantes mutations du vivant. Si le film était resté sur de la SF d'aventures avec du fond, il aurait sans doute été excellent. Hélas, la lenteur ampoulée du rythme, le jeu monolithique (comme souvent) de Natalie Portman, la laideur et l'inintelligibilité de la fin ajoutés à la prétention de l'ensemble ont raison de la patience et on finit par se dire tout ça pour ça ? Netflix

Instalife / Ingrid goes West (Matt Spicer, 2017) **
Une jeune femme instable s'installe à L.A. pour se rapprocher d'une starlette (Elizabeth Olsen) qu'elle suit sur Instagram. Pas la comédie attendue car les scénaristes ont choisi la détresse psychologique pour ce pamphlet qui décortique les tentations et les ravages du réseau social. Aubrey Plaza assure sur le fil l'incarnation d'un personnage peu aimable qui cristallise les excès d'individus fragiles dépendants à leur selfies et à leurs likes. Bien vu. BR DE 

Hitlers Hollywood / Hitler's Hollywood (Rüdiger Suchsland, 2017) ***
A travers une pléthore d'extraits de films produits en Allemagne de 1933 à 1945, ce doc explore le vocabulaire, la grammaire et le symbolisme visuels du cinéma nazi, de la comédie à la propagande. Si la thèse (le IIIe Reich lui-même aurait été une réalisation au sens cinématographique) est captivante mais discutable, les fascinants extraits - on veut voir tous les films - montrent l'hypertrophie des sentiments et des messages véhiculés. Un essai brillant. DVD Z2 DE

My friend Dahmer (Marc Meyers, 2017) ***
En 1978, la dernière année scolaire de Jeffrey Dahmer. Cette adaptation de la BD de Derf Backderf (copain de classe de Dahmer), débute avec humour par les excentricités comportementales du futur serial killer et vire vers la franche inquiétude en suivant la plongée de celui-ci dans la psychose. Dans un rôle complexe, Ross Lynch (frais sorti de Disney Channel) est étonnant. Un film dérangeant, sorte de prequel hybride de "Carrie" et de "Elephant". BR US

Casting JonBenet (Kitty Green, 2017) **
En 1996, JonBenet Ramsey, reine de beauté de 6 ans, est retrouvée morte par ses parents dans leur maison du Colorado. De ce fait divers non élucidé qui obsède l'Amérique, la réalisatrice tire une galerie de portraits : ceux de candidats à un casting pour un film qui ne sera pas réalisé. Chacun y va de son avis, de son histoire personnelle, de ses fêlures. Le mix de confession, de performance, de cruauté et de propos de comptoir est fascinant. Netflix

Desert hearts (Donna Deitch, 1985) **
En 1959 près de Reno, Nevada, une enseignante de Columbia en attente de divorce et une jeune lesbienne du coin sont attirées l'une par l'autre. Un petit film indépendant dont l'histoire d'amour simple et apaisée entre deux femmes ne joue pas de provocation, de voyeurisme ou de jugement, ce qui en fait toute l'originalité et la force, aujourd'hui comme il y près de 35 ans. Helen Shaver et Patricia Charbonneau forment un couple d'écran rayonnant. BR UK

Ces folles filles d'Eve / Where the boys are (Henry Levin, 1960) **
Un weekend du Spring Break, quatre copines de fac partent rencontrer des garçons à Fort Lauderdale. Les prémices de la révolution sexuelle font une discrète apparition dans ce film du tournant des 60's où la sociologie à la sauce hollywoodienne panache avec l'humour avant de bifurquer vers le drame alarmiste, moins convaincant. Dolores Hart, Paula Prentiss, Yvette Mimieux et (dans une moindre mesure) Connie Francis sont super. BR US

La femme de feu / Ramrod (André de Toth, 1947) **
Dans l'Utah, le fille d'un propriétaire terrien demande à un ancien alcoolique de l'aider à établir son propre ranch malgré les  menaces des concurrents. Un western aux accents de film noir et au scénario parfois emberlificoté où l'héroïne ment et manipule en faisant des victimes directes et collatérales. Veronica Lake (froide mais c'est elle et ça lui va bien) et Joel McCrea (très touchant) mènent un excellent casting dans de beaux paysages naturels. BR UK

L'atelier (Laurent Cantet, 2017) **
A La Ciotat, une femme écrivain anime un atelier d'écriture pour quelques jeunes. Le conflit couve avec l'un, ombrageux et attiré par la droite radicale. Si l'histoire enfonce des portes ouvertes (le désoeuvrement conduit à la délinquance ; la culture est un repère...), l'intensité du jeu de Matthieu Lucci, une révélation dans son premier rôle, est captivante. Marina Foïs, la seule actrice pro du film, semble par contraste presque fausse. A voir, pour lui. BR FR

The Big TNT Show (Larry Pearce, 1966) *
Capitalisant sur le succès du TAMI Show de 1964, la suite vient un an plus tard. Dans un auditorium de L.A. rempli d'ados excités, 11 invités performent (Ray Charles, Petula Clark, Bo Diddley, Joan Baez, The Ronettes, Roger Miller, The Byrds, Donovan...). Contrairement au dynamisme du TAMI Show, l'ensemble est inégal et poussif, les artistes ayant peu d'homogénéité. Tina Turner emporte le morceau avec un remuant "Please, please, please". BR US

Happy end (Michael Haneke, 2017) **
A Calais, trois générations d'une famille bourgeoise renfermée sur elle-même subissent l'assaut de leurs frustrations. On est d'abord assez perdu dans les conflits éclatés des personnages avant de s'y laisser guider par la tragique petite fille (Fantine Harduin, formidable) dans cette comédie féroce de noirceur qui ne laisse aucun de ses membres intact. Evidemment, la mise en scène de Haneke est brillante, le casting aussi (Trintignant notamment). BR FR  

The kid (Charles Chaplin, 1921) **
Le vagabond trouve et élève un enfant abandonné. Le premier long métrage du réalisateur (à 55', c'est plutôt un moyen métrage) présente des moments de grâce inoubliables, tous lorsque le petit Jackie Coogan est à l'écran : son naturel radieux est irrésistible. Malgré la séquence du rêve à la fin, qui casse un peu la dynamique du film, l'humanité et la générosité des rapports entre les personnages principaux annoncent les plus grands Chaplin. BR UK

Beatriz at dinner (Miguel Arteta, 2017) ***
A Los Angeles, une sophrologue mexicaine se retrouve à un dîner chic où un des riches convives la traite avec condescendance jusqu'à l'affrontement. Un conte implacable dont les éléments de satire sociale font vite place à une tension psychologique qui tourne au malaise. Salma Hayek et John Lithgow, formidables, incarnent les deux faces et mentalités d'une Amérique au dialogue rompu. Sec et cruel, le premier film pamphlet sur l'ère Trump ? DVD Z1 US

Sarati le Terrible (André Hugon, 1937) **
A Alger, un entrepreneur crapuleux amoureux de sa nièce voit d'un mauvais oeil l'arrivée d'un docker atypique dont s'éprend la jeune femme. Sur un étonnant thème de désir incestueux, un film où le réalisateur discret a eu le flair de laisser le champ libre à une brochette d'acteurs qui font des numéros exceptionnels : Harry Baur, géant ; Jacqueline Laurent et Georges Rigaud, très bons ; Dalio sublime de cabotinage et Jean Tissier de veulerie. Enreg TV

Une soirée étrange / The old dark house (James Whale, 1932) **
Lors d'une tempête, des voyageurs trouvent refuge dans un manoir occupé par une famille d'inquiétants excentriques. Ce film méconnu du cycle d'horror Universal des Thirties, malgré son scénario trop bavard et statique, est sublimé par son humour, une mise en scène utilisant au mieux le décor gothique, le N&B contrasté et l'enthousiasmant casting (Melvyn Douglas, Charles Laughton, Ernest Thesiger, Gloria Stuart et Boris Karloff, génial). BR US 

The Crown, Saison 1 (Peter Morgan/Netflix, 2016) ***
La vie et la carrière d'Elizabeth Windsor, la reine Elizabeth II (ici, les débuts de 1952 à 1955). Ouvrir les portes de Buckingham Palace sur le quotidien et les affaires de la famille royale d'Angleterre, l'idée héritée de "The Queen" (Frears, 2006) fonctionne à plein régime dans ce drame intimiste porté par l'excellence de son scénario, de sa production et de ses acteurs. L'Histoire par un trou de serrure et le portrait touchant d'une femme sans équivalent. BR FR 

La femme infidèle (Claude Chabrol, 1969) ***
Un assureur découvre que sa femme le trompe et tue l'amant. D'une histoire limpide, Chabrol tire une tragédie autour d'un couple glacé qui se réveille. Stéphane Audran et Michel Bouquet, déplacés dans le cadre comme des mannequins, désincarnent leurs personnages auxquels la figure crédule de Maurice Ronet fait opposition. La mise en scène qui touche à l'abstraction rengorge de symboles, tel le flic livide et silencieux de la fin. TV