23 janvier 2015

20 janvier 2015

Needles and pins


Une des plus chouette chanson des Sixties, écrite par Jack Nitzsche et Sonny Bono et créée par la formidable Jackie DeShannon en 1963. Ici, à la TV en 1966. I saw him today, I saw his face, it was a face I loved... The best of pop. The best of times.

1 janvier 2015

Films vus par moi(s) : janvier 2015


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Friends with benefits / Sexe entre amis (Will Gluck, 2011) *
D'une rencontre professionnelle, Mila Kunis et Justin Timberlake décident de devenir fuckbuddies. A peine le début commencé qu'on voit venir la résolution et la construction du scénario a tout de l'exercice balisé alors on s'ennuie malgré un bon casting et les décors de New York et de Los Angeles (la principale qualité du film est de donner l'envie d'aller y refaire un tour). Bref, une romcom de série qui en vaut d'autres, ni plus, ni moins. BR Fr

Torch song / La madone gitane (Charles Walters, 1953) **
Seuls les fans de Joan Crawford peuvent avaler ce mélomusical sur une gloire de Broadway caractérielle sur le retour qui tombe peu à peu amoureuse de son pianiste aveugle. Le scénario prévisible n'est pas le point : seul compte le show de Crawford en control freak avec tenues, jambes et répliques extravagantes. Clou du spectacle, le numéro "Two faced woman", inexplicablement joué en en blackface et sommet absolu de camp. DVZ Z1 US

Tomboy (Céline Sciamma, 2011) ***
Récemment arrivée en banlieue parisienne, Laure, une préado, s'habille en garçon et se présente comme Michaël à ses nouveaux copains de jeu. Un film très pur sur l'enfance et l'identité, écrit et mis en scène avec justesse et tendresse et porté par les excellentes interprétations des petites Zoé Héran et Malonn Lévana. Le plus remarquable est l'assurance avec laquelle l'histoire est traitée sans vouloir nous assommer d'un message. BR Allem

East of Eden / A l'est d'Eden (Elia Kazan, 1955) **
Le scénario condensé du roman de Steinbeck a un peu de la pesanteur des films de prestige mais Kazan en extrait de splendides moments et images en Cinémascope et WarnerColor. Peu importe au final : James Dean, qui est de presque toutes les scènes, irradie de sa présence physique et de son jeu instinctif et on n'a d'yeux que pour lui. Derrière la légende, ce film nous rappelle qu'il y avait aussi un jeune acteur génial d'une intrigante fraîcheur. BR Fr    

Byzantium (Neil Jordan, 2012) 0
Une nième histoire de vampires, ici jeunes deux anglaises, l'une extravertie et l'autre mélancolique qui se posent dans une station balnéaire dans la froidure de l'hiver. Gemma Arterton et Saoirse Ronan font ce qu'elles peuvent pour surclasser l'anémie du scénario et l'artifice vulgaire des décors et de la mise en scène, hélas. J'ai fast forwardé à partir de 45' et le reste m'a fait la même impression : revoir "Les lèvres rouges" (Harry Kümel, 1971). BR Allem  

Deux jours, une nuit (Jean-Pierre & Luc Dardenne, 2014) ***
Porté par l'interprétation magistrale de Marion Cotillard à qui d'excellents seconds rôles pas connus donnent la réplique, un très beau film sur l'honneur et la dignité face à l'humiliation économique et sociale. L'histoire de cette jeune femme qui fait un courageux porte à porte pour obtenir un vote de ses collègues en sa faveur émeut sincèrement. La litanie des séquences de visites engendre juste un effet un poil répétitif. Avec une fin sublime. BR Fr 

Citadel (Ciaran Foy, 2012) *
Un petit film d'horreur psychologique dans lequel un jeune père de famille dont la femme a été tuée par une bande de gamins à capuche doit affronter ses phobies dans le quartier décrépit d'une banlieue déserte. Le thème de la phobie et de la déliquescence sociale sont intéressants et l'atmosphère glauque du quartier pourri est bien captée. Le reste (le prêtre désabusé, les zombies en survet, l'enfant guide aveugle...) n'est pas au niveau. BR Allem 

Poklosie / Aftermath (Wladyslaw Pasikowski, 2012) **
En 2001 dans la Pologne rurale, deux frères découvrent un épisode sordide de l'histoire de leur village pendant la guerre. Un film à message inspiré d'un fait réel, qui causa des remous dans le pays à sa sortie, sur la responsabilité des polonais dans la spoliation des terres qui appartenaient aux juifs exterminés. La narration n'est pas tout le temps subtile mais le propos accusateur est ferme et le but cathartique est atteint. Du cinéma activiste. BR US    

Days of Heaven / Les moissons du Ciel (Terrence Malick, 1978) ***
Le sentiment de la Nature, de la lumière et des saisons des plaines agricoles de l'Amérique, le pictorialisme des cadres et le regard impressionniste sur les heures et gestes du quotidien, unis à la simplicité tragique de l'histoire font de ce film qui n'a pas pris une ride le sommet de l'oeuvre de Malick, avant son effondrement dans le maniérisme depuis "The New World". Splendide casting aussi, notamment la jeune narratrice Linda Manz. BR US

Les combattants (Thomas Cailley, 2014) *
Dans les Landes, la rencontre d'un garçon pas très à l'aise et d'une fille obsédée par les stages de survie. On se demande pendant la première moitié de ce film qui hurle son originalité où il veut aller pour comprendre que c'est nulle part au cours de la seconde. Il y a pourtant de bien belles images et l'acteur Kévin Azaïs est une révélation. Adèle Haenel, elle, n'est pas terrible du tout, sans doute la faute à un personnage mal écrit. Vraiment bof. BR Fr

The freshman / Vive le sport ! (Fred Newmeyer & Sam Taylor, 1925) ***
Harold Lloyd fait tout ce qu'il peut pour être populaire à son arrivée à la fac mais ne cesse de s'humilier jusqu'au jour d'un match de foot. Cette comédie sociale et romantique (une jeune fille le suit des yeux pendant tout le film) fait preuve d'un dynamisme contagieux, porté par une mise en scène efficace et le physique et le jeu attractifs de Lloyd. Les gags nombreux sont plus discrets que burlesques. Un film frais comme le personnage de son titre. BR US

Black coal (Diao Yinan, 2014) *
Avec ses scènes de nuit et de néon sous la neige dans une ville de province industrielle chinoise, un film qui bénéficie d'une image splendide et de belles idées de mise en scène. Mais son histoire d'enquête sur des morceaux de cadavre éparpillés n'a pas la tension pour soutenir l'intérêt et on s'ennuie vite de cette tristesse mélancolique un peu trop fabriquée qui infuse l'ensemble. Au cinéma, une atmosphère et de bons acteurs ne suffisent pas. BR Fr  

Gerontophilia (Bruce LaBruce, 2013) *
Sans la rareté de son sujet doublement tabou (un jeune homme est attiré sexuellement par un vieux monsieur) et la joliesse de l'acteur principal (le jeune québécois Pier-Gabriel Lajoie), le film serait une bluette insipide lointainement héritée d'Harold et Maud. Pour le reste, rien n'est développé des personnages ni des situations et le style provocant de Bruce LaBruce n'est qu'un lointain souvenir. Comme un marteau sans enclume. DVD Z2 Fr

Savage messiah / Le messie sauvage (Ken Russell, 1972) ***
Les quatre dernières années de la courte vie et carrière du sculpteur moderniste Henri Gaudier-Brzeska (1891-1915) et sa relation complexe avec Sophie Brezka, une poétesse deux fois plus âgée que lui. Si on accepte le jeu à la limite de l'hystérie des acteurs et la totale liberté artistique, on peut se laisser emporter par la fougue toute russellienne de ce film biographique qui exalte l'audace et l'élan vital. Un Ken Russell pas si mineur que ça. DVD Z1 US  

Le clair de terre (Guy Gilles, 1970) **
Un jeune parisien (le fidèle Patrick Jouané) qui vit dans le Marais part en Tunisie sur les traces de son passé. Un film fortement autobiographique (la Tunisie remplaçant l'Algérie), tout en touches délicates, impressionnistes où le montage et la musique entretiennent une lancinante mélancolie sur le vertige du Temps qui fuit (le sujet de l'oeuvre globale du réalisateur). Edwige Feuillère et Annie Girardot y font des apparitions admirables. DVD Z2 Fr

Possessed / La possédée (Curtis Bernhardt, 1947) ***
Joan Crawford est de toutes les scènes de ce qui est sans doute l'un des premiers films hollywoodiens à traiter frontalement de la schizophrénie. Le sujet est habillé des aspects du mélodrame, du gothique et du film noir (autour d'une histoire de passion déçue avec Van Heflin, excellent comme toujours) mais la fin montre que c'est le message qui prévaut. La mise en scène assure de la première à la dernière scène, formidables. BR US

Valahol Eoropaban / Quelque part en Europe (Geza von Radvanyi, 1947) *
En 1944 dans la plaine du Danube, une bande d'enfants vivant de chapardage et traquée par les habitants se réfugie dans le château en ruines d'un vieux musicien. Sur un thème récurrent du cinéma de l'après-guerre (le sort des orphelins), un film hongrois dont le début, réaliste et émouvant, commence bien pour plonger ensuite dans le mélo communiste (Marseillaise et air soviétique inclus). L'activisme honorable du propos en est dilué. DVD Z2 Fr

Ali Baba and the Forty Thieves / Ali Baba et les Quarante Voleurs (Arthur Lubin, 1944) **
Jon Hall est Ali Baba et l'incomparable Maria Montez la princesse de Bagdad dans cette libre adaptation en Technicolor Kalmus du conte des Mille et Une Nuits. Le film, très sympathique, a le rythme et le look d'un livre d'illustrations avec ses matte paintings, ses back projections et ses personnages stéréotypés et hauts en couleurs. Du pur cinéma de divertissement camp et d'époque porté par un très beau score arabisant d'Edward Ward. BR UK

2 décembre 2014

Films vus par moi(s) : décembre 2014


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Non-stop (Jaume Collet-Serra, 2014) **
Un thriller qui respecte toutes les règles du genre sur un vol transatlantique, surveillé par l'Air Marshall (Liam Neeson, bloc de professionnalisme), menacé par des textos envoyés depuis l'intérieur de l'avion. Le scénario est correct et le suspense maintenu de bout en bout, sans aucun temps mort. Julianne Moore et Michelle Dockery apportent leur féminité dans des rôles mineurs. Du cinéma de divertissement solide et de bonne facture. BR UK

The dinosaur project (Sid Bennett, 2012) *
Un found footage britannique sur une expédition partie au Congo chercher des dinosaures. Ca se laisse regarder grâce aux paysages (l'Afrique du Sud) et aux bons effets spéciaux des quelques créatures. Mais le scénario très indigent part dans la mauvaise direction (un membre de l'expédition est méchant) et le casting est peu convaincant. Un essai décevant car il y avait vraiment un petit film d'aventures sympathique en puissance. BR UK

Pillow talk / Confidences sur l'oreiller (Michael Gordon, 1959) ***
Le look Fifties du film, décors, costumes et couleurs, serait déjà une attraction à part entière mais deux autres choses en font un bijou du cinéma de son temps : le scénario autour du désir et de la guerre des sexes, aux dialogues et situations pleins de sous-entendus, et l'abattage de Doris Day et de Rock Hudson, irrésistibles. Une comédie joyeusement délurée qui réussit un petit miracle d'équilibre et de finesse dans le commentaire social. BR UK 

The picture of Dorian Gray / Le portrait de Dorian Gray (Albert Lewin, 1945) ***
Le roman d'Oscar Wilde est superbement transposé à l'écran, aphorismes (dits par George Sanders) et décors victoriens étouffants inclus, dans ce film à la mise en scène et à la photo N&B d'une précision fascinante. Le sous-texte homosexuel touche à la limite de ce que l'époque permettait et Hurd Hatfield crée un personnage à la fois fragile et inquiétant de mystères. Avec la belle idée des vues du tableau en Technicolor. Un chef-d'oeuvre. BR US

Ida (Pawel Pawlikowski, 2013) **
En Pologne au début des années 60, une jeune novice prête à prononcer ses voeux part avec sa tante sur la trace de ses parents morts et découvre son histoire et son appel. Un beau film en N&B sur l'identité et la Foi qui évoque Bresson et Bergman mais qui aurait gagné à être moins affecté dans le pictorialisme démonstratif de sa photo et de ses cadrages. Il reste surtout l'émouvant portrait d'une jeune fille qui se cherche et semble se trouver. BR Fr

Downton Abbey, saison 5 (Julian Fellowes, 2014) ***
Le temps (ici, 1924) ne semble pas avoir de prise sur le maîtres et les servants de Downton Abbey : la saison 5 déroule son mécanisme de soap opera avec l'élégance des années précédentes et si parfois l'histoire tourne un peu en rond, le charisme des personnages et de leurs acteurs, tous parfaits, ajouté à la beauté de la direction artistique et à l'efficacité de la réalisation font qu'on continuerait bien comme ça jusqu'à plus d'heure. BR UK

Predestination (The Spierig Brothers, 2014) *
Cette hybridation de SF et de drame autour de paradoxes temporels (l'agent d'une cellule policière fait des sauts entre passé et avenir pour traquer un terroriste) ne fonctionne pas à cause de ses paradoxes justement, trop lourdement fabriqués. C'est dommage parce qu'au centre repose une émouvante histoire de genre, portée par la révélation Sarah Snook dans un double rôle. Le bon film à faire partait dans une toute autre direction. BR Fr 

P'tit Quinquin (Bruno Dumont, 2014) ***
Un feuilleton TV (4x 52') très cinématographique autour d'une enquête de gendarmerie sur des meurtres bizarres commis dans un village côtier du Pas de Calais. L'intrigue, qui mêle habilement horreur, absurde, tendresse et burlesque, n'a pas d'importance. Tout y est affaire de mise en scène et d'acteurs, des non professionnels aux gueules, expressions et gestuelles mémorables. Une oeuvre totalement originale : qu'est ce que ça fait du bien. BR Fr 

La crème de la crème (Kim Chapiron, 2014) 0
Difficile de noter un film dont on n'a vu que la première demi-heure et qu'on a lâché, dépité. Dès la toute première scène du prof dans l'amphi ("Vous êtes la crème de la crème !"), tout ce que j'ai vu m'a semblé tellement faux, des dialogues au jeu des acteurs, de la construction du récit à la mise en scène, que cette histoire d'étudiants en école de commerce qui s'essayent au proxénétisme a échoué sur toute la ligne à provoquer le moindre intérêt. BR Fr

The two faces of January (Hossein Amini, 2014) **
Une adaptation de Patricia Highsmith qui privilégie (comme ses romans), la complexité de la psychologie et des motivations plutôt que le pur suspense. En 1962, un guide touristique d'Athènes rencontre un couple de riches touristes américains qu'il découvre être en fuite. Kirsten Dunst est le faire valoir de Viggo Mortensen et d'Oscar Isaac, personnages sur les rapports desquels repose tout le scénario. On pense un peu à Hitchcock. BR Fr

The Babadook / Mister Babadook (Jennifer Kent, 2014) ***
Un puissant drame psychologique habillé des effets du film de maison hantée. Une veuve inconsolable et son fils de sept ans aux troubles comportementaux semblent partager leur maison avec une présence inquiétante. Le vrai sujet, qui se devine assez vite, est intelligemment amené avec une métaphore qui fonctionne jusqu'au bout. L'actrice (Essie Davis) est bien et le gamin (Noah Wiseman) est formidable dans un rôle plutôt difficile. BR Fr

Sinister (Scott Derrickson, 2012) 0
Pour un excellent film de maison hantée ("Conjuring" récemment), combien de navets ? Celui-ci entre dans la catégorie, même si la présence d'Ethan Hawke, dans le rôle d'un écrivain qui loue avec sa famille une maison qui a été la scène de crimes récents, pouvait laisser envisager une certaine solidité. Hélas, on s'ennuie du début à la fin, d'un scénario laborieux et d'une mise en scène totalement amorphe. Sinistre oui, au sens de triste et fade. BR Allem.

L'année dernière à Marienbad (Alain Resnais, 1961) ***
Un film dont la pose et la féroce volonté d'être différent sont à la fois exaspérantes et captivantes. Car cette errance spatio-temporelle dans cet hôtel et ce parc, à l'intrigue incertaine et fuyante (et aux images sublimes), continue à interloquer, pour le meilleur et le pire, plus d'un demi-siècle plus tard. Et bien sûr il y a Delphine Seyrig, dont les tenues, la voix et le port forment l'une des plus belles créations de personnage de cinéma. BR Fr

The Lego movie / La grande aventure Lego (Phil Lord & Christopher Miller, 2014) 0
Les films d'animation CGI à rythme effréné et dialogues tirés à la mitraillette, incessamment référentiels et satisfaits, aussi techniquement réussis soient-ils (et celui-ci l'est sans aucun doute), c'est bon : je ne peux plus supporter. J'ai lâché le film Lego au bout de 35', assommé par son hyperactivité. Je ne dis pas que c'est un un mauvais film, je dis que ce n'est pas le bon film pour moi. Les critiques peuvent scintiller, on ne m'y reprendra plus. Done. BR 3D Fr 

7 novembre 2014

Capture



Le monde du silence (Jacques-Yves Cousteau & Louis Malle, 1956)

2 novembre 2014

Films vus par moi(s) : novembre 2014


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Monkey shines / Incidents de parcours (George A. Romero, 1988) **
La fin traîne un peu mais l'histoire de ce juriste tétraplégique auquel un ami scientifique apporte un petit singe malin et jaloux pour l'aider aux tâches quotidiennes est originale et prenante, notamment grâce à l'étonnante performance de l'animal. Le grand-guignol fait partie du charme et on a parfois l'impression d'un avatar de "Misery" (1990), où Kathy Bates serait jouée par un ouistiti. Un thriller fantastique Eighties qui a bien tenu le coup. BR US

Guardians of the galaxy / Les gardiens de la galaxie (James Gunn, 2014) 0
J'aurais pu mettre * pour ce que j'ai vu de l'univers visuel et de la 3D, formidables. Mais je me suis arrêté au bout de 52', assoupissements inclus. La faute à l'incurie repoussante d'un scénario ne reposant que sur des vannes qui tombent à plat et des citations autosatisfaites. Ce genre de produit est le pire de ce qu'Hollywood en est venu à fabriquer : de la connerie à budget ou, comme disait l'autre, de la merde dans un bas de soie. BR 3D UK 

The day the Earth caught fire / Le jour où la Terre prit feu (Val Guest, 1961) **
Quand la Terre est déviée vers le Soleil après des tests atomiques américains et soviétiques, le changement climatique et la possible fin du Monde provoquent la stupeur. Presqu'entièrement vu depuis la rédaction d'un quotidien (le Daily Express) mais utilisant aussi les décors naturels de Londres, un très bon film britannique de science-fiction, adulte et bavard, dont certaines images ont pris avec le recul un aspect prémonitoire. BR UK

Au pan coupé (Guy Gilles, 1967) **
Le temps qui passe et les souvenirs qu'il sème, l'amour et son refus, la disparition et le deuil et surtout le mal de vivre et la mélancolie : les thèmes obsessionnels de l'oeuvre de Guy Gilles s'accordent dans ce moyen-métrage (68') aux images pictoriales et au montage alternant le passé et le présent. Patrick Jouané est le jeune anti-héros douloureux mais c'est Macha Méril, dans le beau rôle de son amoureuse meurtrie, qui illumine le film. DVD Z2 Fr 

Drum / L'enfer des Mandingos (Steve Carter, 1976) **
Cette variation sur l'excellent "Mandingo" de Richard Fleischer (1975) reprend le même acteur (le boxeur Ken Norton) dans le rôle d'un musculeux esclave vendu à un propriétaire du Sud (Warren Oates). La vie de la plantation y tourne entièrement autour des désirs sexuels entre maîtres et esclaves. Un film d'exploitation à budget, camp, sexy et vulgaire, plein de l'outrance des personnages et des situations. Avec un beau final cathartique. BR US 

Seven wonders of the World / Sept merveilles du monde (Tay Garnett, Paul Mantz, Andrew Marton, Ted Tetzlaff & Walter Thompson, 1956) ***
Le meilleur travelogue Cinerama que j'ai vu. Les Sept Merveilles ne sont qu'un titre car il y a plein de de sites qu'on visite, des ponts de New York au Vatican (Pie XII), du Taj Mahal à Rio, du désert d'Arabie à Benares. Le tout est suprèmement Fifties, folklorique (les Geishas, la danse du Cobra...) et d'un colonialisme aux commentaires impossibles : "L'Afrique ne compte que 5 millions d'occidentaux pour 200 millions de noirs". J'en redemande. BR US (magnifique restauration, format Smilebox)

Ronal Barbaren / Ronal le Barbare (Kresten Vestbjerg Andersen, Thorbjorn Christoffersen & Philip Einstein Lipski, 2011) **
Un film d'animation danois, heroic-fantasy irrévérencieusement potache, sur un maigrichon qui tente de sauver, avec un copain obèse et une ado hyperactive, sa tribu de barbares culturistes et narcissiques capturée par un ennemi maléfique. Les grossièretés fusent comme les blagues sexuelles et le pastiche SM de The Lord of the Rings est plutôt amusant. La réalisation est efficace, les visuels aussi. Le genre de film vraiment rafraîchissant. BR 3D Fr

Night of the Demon / Rendez-vous avec la peur (Jacques Tourneur, 1957) **
Un psychologue américain (Dana Andrews) débarque en Angleterre pour une convention sur le paranormal et se frotte à un mystérieux sataniste. Un film fantastique d'atmosphère, à la photo de Film Noir, dont les scènes très réussies (le coup de vent, la forêt la nuit, la séance, l'intrusion dans le manoir...) compensent des dialogues un peu longs. Je me souvenais d'une apparition ridicule du démon : il y en a deux et elles ne le sont pas. BR Fr 

Au biseau des baisers (Guy Gilles, 1959) **
A Alger, le temps d'un dimanche d'été et d'une balade en scooter à la plage, l'amour d'un couple d'adolescents se fissure sereinement. Un court métrage de 18' où le soleil éclatant et les accords lyriques du piano s'ombrent d'une mélancolie douce sur la fugacité des émotions et du temps qui passe. Cet essai frais et plein de charme montre une Algérie française qui s'effaçait et le talent prometteur d'un jeune réalisateur qui allait monter à Paris. YouTube

Plynace wiezowce / Ligne d'eau / Floating skyscrapers (Tomasz Wasilewski, 2013) **
A Varsovie, les rudes conséquences de l'attirance mutuelle entre un nageur de compétition et un étudiant. Ce premier film à thématique gay sorti en Pologne bénéficie d'une bonne réalisation et de très bons acteurs. Son histoire, désespérée, qu'il faut replacer dans le contexte social et moral de la Pologne actuelle, a au moins vingt ans de retard sur les films à même sujet faits en Europe occidentale ou aux US. Une piqûre de rappel en sorte. BR UK   

Europa Report (Sebastian Cordero, 2013) *
Un petit film de SF du genre lost footage sur une mission spatiale de six astronautes disparue sur Europe, la lune glacée de Jupiter. Ce n'est pas le budget réduit qui pèche (presque tout se passe dans la cabine et le film est plutôt bien fait) mais le scénario qui accumule les dialogues simplistes, les fausses interviews qui sonnent artificielles et surtout, la fin et l'apparition de sa décevante créature. Dommage car il y avait tout pour faire bien mieux. BR Fr

Stalingrad (Fedor Bondarchuk, 2013) *
Pas du tout la grande fresque globale attendue mais la bataille de Stalingrad du point de vue d'une place de la ville, où russes et allemands se confrontent depuis deux bâtiments. Un film bizarre et foutraque (le début et la fin sont totalement hors propos) mais pas inintéressant, plein des ralentis putassiers des scènes d'action, de personnages sans épaisseur, de CGI, de romance et d'ambition dantesque. Le pendant russe au "Pearl Harbor" de Michael Bay. BR Fr

Das Cabinet des Dr. Caligari / Le cabinet du Docteur Caligari (Robert Wiene, 1920) ***
Peut-être le film le plus uniquement original de l'histoire du cinéma. Son histoire de folie, de meurtre et d'enlèvement et son scénario à surprises, qui ont ouvert la route à tant d'autres, sont intrigants en eux-mêmes mais c'est l'utilisation en profondeur des toiles peintes acérées comme décors expressionnistes qui le rendent, visuellement, inoubliable. Un hybride fascinant du cinéma, du théâtre, de la peinture et de l'Angst germanique. BR UK

Cloudy with a chance of meatballs / Tempête de boulettes géantes (Phil Lord & Chris Miller, 2009) *
Un jeune inventeur crée une machine à fabriquer de la junk food qui se détraque et fait pleuvoir à verse hamburgers, hot dogs, T-bones, ice creams, pancakes, donughts et Jell-O sur sa ville. L'amusante idée de se moquer de la frénésie de consommation alimentaire US est freinée par un scénario trop plat qui s'enlise sur la durée. C'est frustrant parce que la satire était bien trouvée et que l'animation dynamique et colorée est très chouette. BR 3D Fr

The pawnbroker / Le prêteur sur gages (Sidney Lumet, 1964) *
Un film douloureux sur la mémoire et les ravages de la culpabilité du survivant (un rescapé juif d'Auschwitz, prêteur sur gages à New York, s'est fermé à l'émotion et aux autres) dont le thème est traité, comme souvent dans le cinéma de l'époque, avec la main lourde et qui est cannibalisé par le jeu obscènement Actors Studio de Rod Steiger. Pas un mauvais film, loin de là, mais un film difficile à avaler. Formidables images des rues de Manhattan. BR US

Detachment (Tony Kaye, 2011) 0
Un écoeurant film à sujet sur un prof remplaçant (Adrien Brody en mode dépressif) envoyé dans une high school difficile de New York. Le suicide d'une élève, le pétage de plombs de la directrice, les provocations des jeunes à la dérive, les états d'âme des collègues, la rédemption de la petite pute, l'agonie du grand-père, les citations de Poe et de Camus : on a droit à tout ça. Avec en bonus, les maniérismes de la mise en scène. Nul. BR Fr

J'accuse (Abel Gance, 1919) **
Le cri de Gance contre la Grande Guerre. La célèbre dernière partie du film (au tournage commencé avant l'Armistice), symboliste et visionnaire - le retour des morts des tranchées - prend des accents hugoliens exaltants mais consomme sa rupture avec ce qui a précédé, un mélodrame plus banal. Le génial cinéaste, réussit néanmoins à donner un dynamisme aux trois heures de projection, aidé par son sens visuel et de bons acteurs tout en retenue. Ciné Concert à Pleyel (avec le nouvel accompagnement symphonique, lugubre et répétitif, de Philippe Schoeller) 

Absences répétées (Guy Gilles, 1972) ***
Le lente extinction d'un jeune homme que rien ni personne n'arrivent plus à retenir à la vie. Suprèmement mélancolique mais pas sentimental pour un sou, un film adolescent au ton et à la forme très originaux, passant du N&B à la couleur, de l'image mobile à la photo et porté par des acteurs parfaits (Patrick Penn, Patrick Jouané, Nathalie Delon entre autres). Le mal de vivre et du temps qui passe y sont poussés à leur point d'incandescence. DVD Z2 Fr

August: Osage County / Un été à Osage County (John Wells, 2013) **
Un psychodrame familial dont le scénario (une famille réunie pour quelques jours en Oklahoma opère son grand déballage de haines et rancoeurs) est seul prétexte au numéro de ses actrices. Meryl Streep cabotine à outrance mais se reprend dans une grande scène, féroce, de déjeuner. C'est Julia Roberts qui l'emporte, secondée par Julianne Nicholson et Juliette Lewis. Un women's picture de tradition classique, genre over the top presque disparu. BR Fr

Les Misérables (Albert Capellani, 1912) ***
La première des ambitieuses adaptations romanesques de Capellani, en quatre époques et près de trois heures, suit (assez) fidèlement les épisodes du roman de Hugo et bénéficie d'un très bon casting (notamment Henry Krauss en Valjean, Mistinguett en Eponine et les enfants). La réalisation dynamique - pour l'époque - et les multiples décors retiennent l'attention sur toute la durée. Un excellent muet qui démontre l'importance du cinéaste. Ciné Fondation Seydoux-Pathé (avec un bon accompagnement au piano de deux élèves du Conservatoire en classe d'improvisation de Jean-François Zygel)