2 juillet 2016

Films vus pas moi(s) : juillet 2016


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Pumping iron (George Butler & Robert Fiore, 1977) **
A Los Angeles et Brooklyn, la préparation de quelques compétiteurs au concours Mr Olympia 1975 à Pretoria. Au-delà de la plongée dans le monde alors méconnu du bodybuilding, ce très bon documentaire est une métaphore éloquente sur la philosophie du Self Made Man et de l'American Dream. Lou Ferrigno est touchant en Hercule introverti mais c'est Arnold Schwarzenegger qui triomphe avec son assurance et charisme ravageurs. BR Deut

La charge héroïque / She wore a yellow ribbon (John Ford, 1949) ***
Etonnant western, à la fois archétypique et atypique. Il y a John Wayne, Monument Valley, une patrouille de Cavalerie, des Indiens qui crient... mais la parcimonie de l'action et la concentration sur l'affect des personnages en font une ode mélancolique (mais pas triste du tout) sur le temps qui passe et le renouveau des générations. Wayne est grand - sa scène au cimetière est exceptionnelle - et le Technicolor Kalmus flamboie comme jamais. BR US 

Une histoire immortelle (Orson Welles, 1968) *
Un Welles tardif et mineur, moyen métrage de 55' réalisé pour l'ORTF, d'après une nouvelle de Karen Blixen sur un riche vieillard qui paye une femme (Jeanne Moreau) et un marin pour qu'ils s'accouplent. Quelques belles images et la mélancolie de la musique de Satie n'empêchent pas ce film théâtral d'être très loin, dans sa forme, des possibilités du réalisateur. Welles est imposant en vieux millionnaire tentant de racheter une jeunesse. BR Fr

Dans la maison (François Ozon, 2012) *
Un prof de français désabusé (Fabrice Luchini, très bon dans la sobriété) s'improvise mentor d'un lycéen de 16 ans qui rédige ses jours d'invité dans la maison familiale d'un ami. Le film commence par intriguer avant que son scénario narcissique et ses références prononcées (Pasolini, Hitchcock, Highsmith...) le fassent tomber dans l'artifice pour le mener nulle part. Une métaphore sur la vampirisation créatrice qui tourne à l'exercice de style. BR Fr

El club (Pablo Larrain, 2015) **
Dans une maison d'un village côtier du Chili, cinq prêtres pédophiles mis à l'isolement par leur hiérarchie sont harcelés par une ancienne victime de l'un d'entre eux. Sur un sujet sulfureux, ce film austère dont chaque scène baigne dans une brume bleutée semble comme une interprétation contemporaine du Purgatoire, où les criminels et les victimes se répondraient sans fin. Audacieux et exigeant dans le fond comme dans la forme. DVD Z2 Fr

99 homes (Ramin Bahrani, 2014) *
En Floride, un jeune chômeur (Andrew Garfield) est embauché par l'agent immobilier prédateur (Michael Shannon) qui l'a exproprié de sa maison. L'amoralité du capitalisme sauvage et de la finance dans le sillage de la crise des subprimes est le fond de ce drame dont l'excellente première partie (sur la cruauté des évictions) fait place à un conflit de culpabilité à la résolution banalement conformiste. Plus de cynisme aurait mieux payé. Dommage. BR Deut 

Zatoichi (Takeshi Kitano, 2003) 0
Tentative ratée de regarder le seul genre de film que je déteste : le film de sabre asiatique. Pas de surprise avec celui là, que j'ai fast forwardé au bout de 45'. Scénario et rythme hésitants (le milieu du film est interminable), accélérations aux giclées de sang répétitives, humour potache et décalé. Pourtant, les compositions et la photo sont superbes, les personnages attachants et le final en musical inattendu est une vraie merveille. Mais non. BR Fr 

26 juin 2016

The Leftovers art

En un instant, 2% de l'humanité s'est évaporée sans explication : les proches des disparus tentent de continuer à vivre malgré leurs habitudes et leurs certitudes remises en question. 

La saison 1 de la série "The Leftovers" (2014) de HBO a l'un des plus intéressants et audacieux génériques du moment. La série elle-même souffre d'un scénario hermétique trop fabriqué et autocontemplatif.

2 juin 2016

Films vus par moi(s) : juin 2016


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

The invitation (Karyn Kusama, 2015) **
Un couple est invité à une réunion d'amis dans une maison des collines de Los Angeles. Lui sent vite que quelque chose cloche. Un bon thriller d'horreur psychologique en huis clos qui distille ses signes d'inquiétude jusqu'à un final attendu mais efficace. La douzaine d'acteurs forme un ensemble homogène et évoque bien la faune exotique de L.A. avec ses penchants narcissiques et névrotiques. Un petit film pas mal du tout. BR Deut

Le pont des espions / Bridge of spies (Steven Spielberg, 2015) *
Le coeur des individus est foncièrement bon au contraire de celui des organes d'états dans ce film de propagande US sur l'échange de deux espions soviétique et américain dans le Berlin des débuts du Mur. Les portraits de l'avocat (Tom Hanks, égal à lui-même) et du russe (Mark Rylance, formidable) sont archi spielbergiens, comme la mise en scène classique et la photo trafiquée. Du cinéma humaniste et prévisible. BR UK 

The lobster (Yorgos Lanthimos, 2015) *
Dans une société où la vie de couple est obligatoire, un célibataire taciturne (Colin Farrell, excellent) est détenu dans une maison de redressement avant de rejoindre des rebelles tout aussi totalitaires. La première partie de cette fable sur la pression sociale de l'engagement, intrigante d'absurde et d'humour froid, promet un bien meilleur film que la seconde (dans la forêt), répétitive et ennuyeuse. Un essai original mais peu convaincant. BR UK

Party girl (Marie Amachoukeli, Claire Burger & Samuel Theis, 2014) ***
Une sexagénaire aussi pétulante que mélancolique, hôtesse d'un cabaret de Forbach, tente le mariage avec un ex-client et le rapprochement avec ses enfants. Porté par la présence stupéfiante de son actrice (Angélique Litzenburger, son fils est le réalisateur), un formidable hybride de cinéma-vérité et de mélodrame dont les acteurs non professionnels jouent leurs propres rôles. Le beau portrait d'une femme à la personnalité impénétrable. BR Fr 

Elle s'en va (Emmanuelle Bercot, 2013) *
Un road movie sympa mais prévisible sur une sexagénaire qui fugue et traverse la France en faisant des rencontres et le point sur les siens. Le film est tout entier dédié à Catherine Deneuve qui est de chaque scène et écrase, comme d'habitude, son personnage. Le temps qui passe, principal sujet, cristallise dans une très bonne séquence autour d'une réunion d'ex-miss. Avec Claude Gensac, Mylène Demongeot, Gérard Garouste. BR Neder

L'opinion publique / A woman of Paris (Charles Chaplin, 1923) **
Séparés, des amoureux provinciaux se retrouvent à Paris : il est devenu peintre, elle demi-mondaine. Un mélodrame qui commence de façon routinière mais qui révèle peu à peu sa modernité par la justesse des comportements et de la psychologie et surtout par le jeu des acteurs (Edna Purviance, Carl Miller, Adolphe Menjou) d'un naturel inédit pour l'époque. Un film muet adulte à la mise en scène très en avance sur son temps. BR UK

Des chevaux et des hommes / Hross i oss / Of horses and men (Benedikt Erlingsson, 2013) **
Un film islandais inclassable, à la fois farce et fable, drame et élégie, autour de quelques habitants d'une vallée reculée d'Islande et de leurs liens fusionnels avec leurs chevaux. Les animaux sont les témoins et les victimes des petites folies des humains dans une suite de séquences qui font la part belle à l'absurde sur fond d'herbe, de mer, de neige et de rocher. Une oeuvre surréaliste très originale qui résiste à toute interprétation assurée. BR UK   

La vallée (Barbet Schroeder, 1972) **
Le fin de l'utopie hippie de la Libération et du retour à la Nature et le mécanisme sectaire sont en filigrane de l'histoire de l'épouse d'un consul (Bulle Ogier) qui se joint à un petit groupe de Français parti à la découverte d'une vallée inexplorée de Papouasie. Sur un ton contemplatif (la musique est des Pink Floyd) et sans aucun drame, le film mêle fiction et ethnographie tribale dans un constat sans appel sur l'impossible réunion de deux mondes. BR Fr   

The sum of us (Geoff Burton & Kevin Dowling, 1994) **
Un chouette feel good movie australien autour des quêtes sentimentales croisées d'un veuf et de son fils qui vivent sous le même toit. L'originalité est que le fils (Russell Crowe, excellent dans un de ses premiers rôles) est gay et que son père (Jack Thompson) lui est 100% solidaire. Avec Sydney en toile de fond, le film parle sans aucune mièvrerie de sujets universels : la tolérance, la bienveillance mais aussi la solitude et la dépendance. Touchant. BR US

Bel Ami / The private affairs of Bel Ami (Albert Lewin, 1947) ***
Cette adaptation de Maupassant par le réalisateur de Dorian Gray (1945) et de Pandora (1951) est, comme eux, d'un classicisme hollywoodien superbement antiacadémique. Placés dans des décors théâtralisés et livrant des dialogues littéraires, les acteurs (George Sanders, Angela Lansbury, Ann Dvorak...) transmettent une charge sexuelle appuyée dans l'histoire de cet arriviste qui utilise les femmes comme outils de son ascension sociale. BR US 

Rebelle / Brave (Brenda Chapman, Mark Andrews & Steve Purcell, 2012) ***
En Ecosse, Merida, princesse et garçon manqué, s'oppose à sa mère qui veut la marier et fait intervenir une sorcière. Le scénario astucieux brasse les thèmes du genre, du libre arbitre et des conflits parents-enfants en actualisant par le fond ce qui reste par la forme un conte dans la meilleure tradition Disney. L'animation par Pixar est formidable, notamment les vues des vallées et des bois et la chevelure rousse de la farouche héroïne. BR Fr

Le revenant / The revenant (Alejandro G. Innaritu, 2015) *
Tout ce foin pour ça ? Leonardo DiCaprio en bave autant que Jim Caviezel dans "La Passion du Christ" (Mel Gibson, 2004) dans ce film à la mise en scène narcissique où la splendeur des paysages, de la production et de la photo esthétisent à contresens la rudesse du drame intime d'un trappeur martyr dynamisé par la vengeance. Il y d'impressionnantes séquences mais l'agaçante emphase et l'ennui qui s'installe ruinent les promesses du début. BR US

4 lunes / Cuatro lunas (Sergio Tovar Velarde, 2014) ***
Quatre personnages aux divers âges d'une vie d'homme (un écolier, un étudiant, un actif, un retraité) sont confrontés à leur identité gay et à leur rapport à un partenaire. Leurs histoires fragmentées (mais pas liées comme dans un film choral) dressent un panorama juste et sensible de l'acceptation de soi. La caméra scrute en gros plan les visages des - bons - acteurs et, malgré quelques clichés, cet ambitieux film mexicain assure et séduit. DVD Z2 Fr

F... comme Fairbanks (Maurice Dugowson, 1976) **
La difficulté du quotidien mine peu à peu le dynamisme poétique d'un jeune cinéphile revenu de l'armée. La comédie fait place au tragique dans cette histoire de chute sociale et mentale qui s'enracine sur le chômage d'après le premier choc pétrolier. Patrick Dewaere, de toutes les scènes, est magnétique (comme toujours) par sa présence intense, secondé par Miou-Miou, qui venait de le larguer à la ville. Un film d'une subtile tristesse. BR Fr 

Spring (Justin Benson & Aaron Moorhead, 2014) **
Un américain un peu paumé part en Italie où il rencontre une jeune femme avec un effrayant secret. Un petit film indépendant qui utilise au mieux les Pouilles en décor d'une histoire d'amour hybridée d'archéologie et de biologie fantastique. Les deux acteurs sont excellents et leurs déambulations nocturnes et bavardes ont un charme digne des meilleures romcoms. Les éclairs d'horreur rehaussent la portée romantique de façon très originale. BR Allem    

Un drame au studio / Shooting stars (Anthony Asquith & A.V. Bramble, 1928) ***
Un chef-d'œuvre britannique du muet autour d'un trio amoureux de stars de cinéma. Le scénario ingénieux y fusionne la comédie, le drame, le suspense (à la Hitchcock) et le documentaire sur l'industrie du cinéma de l'époque en un équilibre parfait. Les acteurs (Annette Benson, Brian Aherne, Donald Calthrop) sont étonnants de naturel et la mise en scène constamment dynamique et inventive. Avec une formidable séquence finale. BR UK  

The returned (Manuel Carballo, 2013) **
A Toronto, un couple dont l'homme doit prendre une dose quotidienne d'antiviral afin de ne pas devenir un zombie est confronté à une pénurie du médicament. Cette métaphore transparente sur HIV et la trithérapie (ou d'autres affections de longue durée) qui joue la carte du drame, à la manière de "La mouche" de Cronenberg, surclasse son petit budget et offre une intéressante et sensible variante sur le genre usé du film de morts-vivants. BR Deut  

Stonewall (Roland Emmerich, 2015) 0
Les émeutes de Stonewall en juin 1969 sont vidées de leur sens et de leur substance dans ce navet qui lie maladroitement le coming of age d'un jeune provincial débarqué dans le Village et le fait fondateur du mouvement de libération gay. Tout sonne faux et fabriqué, l'émotion et la portée politique dénaturées. Un ratage sur toute la ligne. Mieux vaut revoir "Stonewall" (Nigel Finch, 1995), petit film oublié sur un scénario exactement identique. BR Deut

La belle équipe (Julien Duvivier, 1936) **
Cinq potes au chômage gagnent à la Loterie et décident d'ouvrir une guinguette sur la Marne. Toujours (et faussement) présenté comme le film archétypique du Front Populaire, c'est surtout une histoire d'amitié en proie à l'adversité et à Viviane Romance. Si le début peine un peu, la narration prend son envol à partir de l'achat de la baraque. Jean Gabin est très bien mais c'est Charles Vanel qui excelle, dans un rôle sombre et taiseux. BR Fr

1 juin 2016

Marilyn at 90

1er juin 1926 : Naissance de Norma Jeane Mortenson Baker

Marilyn Monroe aurait 90 ans aujourd'hui. Never & forever



3 mai 2016

Films vus par moi(s) : mai 2016



*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

The witch (Robert Eggers, 2015) **
Vers 1630 en Nouvelle-Angleterre, une famille puritaine isolée implose, peut être sous la possession d'une sorcière. Le scénario un peu trop lâche nuit à ce film qui se prend très au sérieux et qui aurait pu, plus structuré, donner un chef-d'oeuvre : la renconstitution de l'époque coloniale est formidable (on s'y croirait), comme la photo et les jeunes acteurs. Cette plongée dans la névrose familiale et l'obscurantisme reste quand même sacrément originale. BR US  

Sportif par amour / College (James H. Horne & Buster Keaton, 1927) **
Un étudiant empoté se met à la compétition sportive sur son campus pour reconquérir sa chérie. Moins parfait que "The freshman" avec Harold Lloyd (1925) sur un sujet similaire, ce Buster Keaton enchaîne des gags visuels physiques assez prévisibles et répétitifs. Jusqu'à un final qui monte en puissance et se termine sur une succession de trois plans parmi les plus inattendus et simplement sublimes de tout le Cinéma. BR Allem

Tremblement de terre à Tangshan / Aftershock / Tang shan da di zhen (Xiaogang Feng, 2010) *
Sur trois décennies, le destin d'une famille brisée par le séisme de Tangshan en 1976. Après la séquence - réussie - de la catastrophe, les parcours séparés d'une soeur, de son frère et de leur mère forment un mélodrame étonnamment retenu qui emprunte aux codes hollywoodiens. Bien plus intéressante est la métaphore sur les bouleversements de la Chine, de la mort de Mao au Capitalisme d'Etat. Le film a triomphé dans son pays. BR Fr

Il est de retour / Er is wieder da (David Wnendt, 2015) ***
Adaptation du best-seller de Timur Vermes (paru en 2012), une satire grinçante et glaçante sur Hitler qui réapparait dans le Berlin de 2014 et entreprend, aidé d'un show télévisé, le redressement de l'Allemagne "dirigée par une matrone" et envahie d'immigrés. Certains gags sont lourdauds mais le propos frappe fort, grâce à un scénario ingénieux, aux moments de caméra cachée et à la prestation dérangeante d'Oliver Masucci en Führer. BR Allem

Un pyjama pour deux / Lover come back (Delbert Mann, 1961) ***
Le deuxième des trois films avec Doris Day et Rock Hudson (après "Pillow talk" et avant "Send me no flowers") est un modèle de comédie de situations où un publicitaire est pris par sa concurrente pour un chimiste vierge. Les jeux de rôles et les sous-entendus sexuels (qui se jouent audacieusement de l'homosexualité - cachée - de Hudson) crépitent autant que l'Eastmancolor éclate et que les acteurs s'amusent. Ce triomphe à l'époque reste un régal. BR US

Hitchcock (Sacha Gervasi, 2012) **
En 1959-1960, une crise de confiance conjugale secoue Alfred Hitchcock et sa femme Alma au moment de la production et du tournage de Psychose. La mise en scène est anonyme mais l'histoire est intéressante et les acteurs (Anthony Hopkins, Helen Mirren, Scarlett Johansson) donnent corps, crédibilité et émotion à leurs personnages. Un regard en coulisses sur un film fondamental des Sixties et sur un couple improbablement solide. BR Fr

La tête haute (Emmanuelle Bercot, 2015) ***
Un mélodrame social sur le parcours judiciaire et intime d'un adolescent violent et délinquant. Cette succession de séquences en centre éducatif, rencontres chez la juge pour enfants et fugues menaçait d'un film à message formaté. Mais la réalisatrice maintient la tension qu'elle met en scène et dirige brillamment son casting de choix : Catherine Deneuve, Benoît Magimel, Sara Forestier et le jeune Rod Paradot, formidable de présence. BR Fr

Life (Anton Corbijn, 2015) **
En 1955, la collaboration du photographe Dennis Stock (Robert Pattinson) et de James Dean sur leur célèbre photoreportage commandé par Life. En se concentrant sur quelques semaines, le film évite le genre amidoné du biopic pour évoquer le spleen de deux jeunes artistes en proie à leurs fêlures. Au début, j'ai douté de Dane deHaan en Dean (visage trop rond, ton trop monocorde) mais à la fin, je reconnais qu'il a trouvé quelque chose. BR Fr

Hondo, l'homme du désert / Hondo (John Farrow, 1953) *
Un éclaireur trouve refuge dans la ferme d'une femme seule et de son fils en territoire apache. Un western à la réputation surfaite qui mélange de bonnes séquences (celles à la ferme) et d'autres vraiment fades (les indiens et les poursuites). Et au final, malgré John Wayne qui en impose avec sa démarche chaloupée, le film n'apporte rien au genre, Geraldine Page a des tics labiaux crispants et j'ai regardé tout cela avec un certain ennui. BR Allem

L'invasion des profanateurs / Invasion of the body snatchers (Philip Kaufman, 1978) *
L'inquiétude rampante et le sens du désespoir placent ce remake du classique de 1956 (par Don Siegel) dans le genre des thrillers paranoïaques des Seventies autant que dans le fantastique. Mais le revoir aujourd'hui montre ses faiblesses par rapport à son modèle : enchaînement approximatif dans la narration, jeu médiocre de plusieurs acteurs (surtout Jeff Goldblum) et des grimaces récurrentes, dont la finale, franchement ridicules. BR UK

Romeos (Sabine Bernardi, 2011) *
A Cologne, l'attirance compliquée entre un gay séduisant et bien dans sa peau et un transsexuel en voie de transition fille vers garçon (joué par un acteur masculin, ce qui entame la crédibilité). Le bon sujet, rarement traité, est desservi par une mise en scène plate, des clichés et des seconds rôles peu convaincants (les deux jeunes acteurs principaux, eux, ont du charisme). Un film allemand pas à la hauteur de l'histoire qu'il propose. BR Fr   

Expresso Bongo (Val Guest, 1959) *
A Londres, un aventurier (Laurence Harvey) s'improvise agent d'un jeune chanteur et pousse sa carrière en studio et à la BBC. Cette adaptation d'un musical à succès du West End est trop bavarde et pas assez musicale pour fonctionner. Tous les acteurs jouent fébrilement la comédie sauf Cliff Richard (un chanteur-acteur insipide) qui semble anesthésié. Quelques scènes capturent bien l'atmosphère du Soho nocturne des Fifties. Décevant. BR UK 

The visit (M. Night Shyamalan, 2015) ***
Une soeur et son frère vont passer une semaine dans la maison isolée de leurs grands-parents, qui se comportent de façon de plus en plus inquiétante. Un petit film typé found footage (la fille a une caméra) où l'humour se panache habilement avec la tension horrifique et qui est porté par ses deux jeunes acteurs, excellents. Et derrière le film de genre, on peut lire une étonnante métaphore sur les démences séniles. Une bonne surprise. BR Fr

The walk : Rêver plus haut / The walk (Robert Zemeckis, 2015) *
La prouesse du funambule Philippe Petit (Joseph Gordon-Levitt) entre les deux tours de World Trade Center en août 1974 est restituée de façon vraiment impressionnante (par le suspense et la spatialisation 3D) dans la seconde partie du film. Si seulement l'ensemble avait été de cette tenue. Car avant cela, il a fallu se taper une heure de présentation au style affecté qui semble comme un mélange d'Amélie Poulain et de Moulin Rouge. BR 3D Allem

While we're young (Noah Baumbach, 2014) **
L'ombre de Woody Allen plane sur cette comédie cynique autour d'un couple de quadragénaires (Ben Stiller, Noami Watts) qui se lie d'amitié avec un couple de vingtenaires (Adam Driver, Amanda Seyfried). Si la description du milieu bobo new yorkais est très bonne, c'est l'étude du gouffre générationel (l'état d'esprit entre deux conduites et éthiques) qui fait l'intérêt du film, au message finalement assez déprimant. La mise en scène est passe-partout. BR Fr

Epic : La bataille du royaume secret / Epic (Chris Wedge, 2013) *
Cette production du studio Blue Sky ("Ice Age", "Rio"...) démontre encore une fois son brillant savoir faire technique dans le domaine de l'animation CGI et son goût pour l'action trépidante, le décor et la couleur. Mais le scénario qui part d'une bonne idée (une ado est miniaturisée à la taille de minuscules êtres forestiers) s'égare dans un schéma balisé dont j'aurai aimé plus. Ca reste quand même un bon film pour enfants, le public visé. BR Fr

22 avril 2016

Dance A Go Go


Juliet Prowse et Sal Mineo déchaînés dans l'excellent Who killed Teddy Bear? (Joseph Cates, 1965). Ils travaillent tous les deux dans un nightclub et là, ils mettent un disque sur le pick-up et s'éclatent une fois que les derniers clients sont partis.

Les scènes de danse dans les films des Sixties sont imbattables. Intimiste et sacrément sexy, celle-ci, qui arrive à la fin du film, est l'une de mes préférées du genre. Les mouvements et les pas de Juliet Prowse sont fascinants (j'aime particulièrement ses jeux de bras). Elle était danseuse professionnelle, ceci explique cela. La classe incarnée. Sal Mineo, lui, est plus empoté - son personnage dans le film n'est pas un modèle d'équilibre mental -  mais ses sursauts orgasmiques sont vraiment étonnants pour un film américain de 1965. Quant au morceau pop-rock "It could have been me", c'est pitch perfect!

Et pour le plaisir, ci-desssous encore une séquence, celle-ci au début du film, où les clients du club se trémoussent sur une autre super chanson pop : "Born to be bad" (j'adore la fille au sweater à bandes et le couple black). On remarque qu'à la fin de la séquence, Juliet Prowse lance un autre disque qui n'est autre que le "It could have been me" précité.

Malheureusement, les morceaux musicaux de "Who killed Teddy Bear?" (écrits par Bob Gaudio et Al Kasha, dont la formidable chanson du générique) ne semblent jamais avoir été édités et sont, à ce jour, aussi introuvables sur album que sur internet.

Je ne sais pas vous, mais moi, les scènes de danse Sixties comme ça, je ne m'en lasse pas.


16 avril 2016

Heroes of mine : Jimmy

Entre 1983 et 1997, Marilyn Monroe est revenue dans les clubs et cabarets américains par la grâce troublante et le travail acharné de son plus génial "impersonator" : Jimmy James. Un jeune type du Texas qui avait envie de voir du pays et de se dépasser. Il est allé loin et est entré dans la légende des transformistes et de la communauté monroéenne. Jimmy James a décidé de se séparer de son personnage de Marilyn en 1997 : l'âge et les kilos l'emportant, il a sagement évité le risque de la caricature. Mais il continue à ce jour ses apparitions avec d'autres idoles. Bravo l'artiste !