3 juin 2013

Sylvia Lopez Interview

En 1959, François Chalais interviewe la sublime et tragique Sylvia Lopez dans ce rare document télévisé. Je ne l'avais jamais vue ailleurs que dans ses quelques rôles à l'écran (souvent doublée à la voix) et c'est terriblement émouvant de la découvrir et de l'entendre répondre au journaliste. Elle dégage une éducation bourgeoise des beaux quartiers dont je n'avais pas idée. Cette élocution, ce port, ce regard, cette bouche !

Les trois films dont elle parle qu'elle vient de tourner en Italie coup sur coup sont : "Hérode le Grand", "Hercule et la Reine de Lydie" (un chef-d'oeuvre dans le genre "débauche de cheveux, de bijoux, de tout ce qu'on veut") et "Le fils du Corsaire Rouge". Tous sortis en 1959. Chalais donne l'impression de vouloir croire que sa carrière va décoller à l'international. Elle sourit.

Je ne sais pas si elle savait qu'elle n'en avait plus que pour quelques mois. A la fin de l'année, elle ne serait plus. Comme sa tombe l'indique dans l'allée centrale du cimetière Montparnasse : "Sylvia Lopez. 26 ans...".

Merci à Diabolik pour le partage.

Films vus par moi(s) : juin 2013


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Oslo, 31. august / Oslo, 31 août (Joachim Trier, 2011) **
Les deux dernier jours d'un jeune toxico, juste sorti d'un centre de réhabilitation, avant son suicide. L'aliénation physique et mentale aux autres est suggérée par touches impressionnistes et plans subjectifs dans cette adaptation norvégienne actualisée du roman "Le feu follet" de Drieu La Rochelle. Un film désespéré où l'émotion est tenue à distance (mais pas la douleur) et où la culture du Nord iimprègne chaque scène. BR Fr 

Violent Saturday / Les inconnus dans la ville (Richard Fleischer, 1955) **
Fusion de film de braquage et de mélodrame provincial, cette histoire de trois malfrats qui débarquent dans une petite ville minière US pour faire un mauvais coup est l'alibi pour dresser le portrait d'une société empêtrée dans ses frustrations. Le sort fait à ses personnages est discutable (la morale est plus que sauve) mais la mise en scène de Fleischer éblouit par son utilisation magistrale du Cinémascope et de la couleur Deluxe. BR Fr

Tabu / Tabou (Miguel Gomes, 2012) **
Un mélodrame sur un sujet rabâché (le flashback d'un impossible amour adultère dans la savane africaine) dont les choix créatifs (les deux parties bien distinctes, la pictorialité en noir et blanc 4/3, le second mouvement sans dialogues mais avec une voix off, la BO Sixties...) tourne à l'exercice de style risqué. Mais l'originalité assurée de la réalisation et la beauté des images l'emportent. Celle du charismatique Carloto Cotta fait le reste. BR UK

Kôkaku kidôtai 2.0 / Ghost in the shell 2.0 (Mamoru Oshii, 1995/2008) 0
Je ne m'y connais pas en mangas et n'y suis pas sensible. Leur animation partielle de l'image m'agace au plus haut point. Celui-ci, autour d'une Blade Runner féminine en 2029, se prend très au sérieux et m'a cassé les pieds en 30' (je ne suis pas allé plus loin). Les visuels sont parfois intéressants (mais dans la version 2.0 de 2008, les scènes en CGI jurent avec celles en dessin classique) mais je n'y arrive pas, ça ne sert à rien. BR Fr

Derrière la façade (Yves Mirande & Georges Lacombe, 1939) **
L'enquête de deux policiers gentiment concurrentiels sur le meurtre d'une propriétaire d'un immeuble cossu n'est que le prétexte à une succession de scènes avec des numéros d'acteurs célèbres de l'époque, de Michel Simon à Elvire Popesco en passant par Jules Berry et Marguerite Moreno. Tout ce monde, derrière la façade, a ses petits secrets de portefeuille ou d'alcôve. Le genre de film que les années Trente aimaient beaucoup. DVD Z2 Fr

Arrivano i Titani / Les Titans (Duccio Tessari, 1962) **
Un péplum italien sur le mode parodique dans lequel le charismatique Giuliano Gemma (teint en blond) bondit de palais en plage et de ruelle en grotte pour débarrasser la Crête d'un tyran et épouser sa fille. L'action ne faiblit pas, la comédie s'amuse de tous les poncifs du genre et le culturiste guadeloupéen Serge Nubret est spectaculaire en compagnon de route du héros. Un très bon divertissement, sympa et cool comme tout. DVD Z2 Fr

Sapphire / Opération Scotland Yard (Basil Dearden, 1959) ***
Le préjudice racial est dénoncé dans ce film de société typique de la production anglaise de l'époque. Ici, l'enquête sur le meurtre d'une jeune femme noire à la peau blanche révèle les haines raciales de la petite bourgeoisie confrontée à la mixité. Tourné en couleurs dans les rues de Londres et bénéficiant d'un excellent accompagnement jazzy, le film délivre son message désabusé dans une réalisation qui va à l'essentiel. DVD Z2 UK

Leave her to Heaven / Péché mortel (John M. Stahl, 1945) ***
Le cas psychiatrique n'est pas d'étude, les articulations du scénario craquent un peu et le procès alourdit la fin mais plastiquement, ce psycho-thriller en Technicolor est une splendeur. Un triomphe de l'artifice où les personnages (assez falots, l'héroïne et la mère sont les plus intéressants) se déplacent dans une mise en scène au cordeau avec des gros plans de visages scrutant le vide. Gene Tierney est magnétique, évidemment. BR US (une restauration spectaculaire)

Pattes blanches (Jean Grémillon, 1949) ***
Commençant comme un drame réaliste, cette histoire de solitude et de passions frustrées dans un petit port breton prend vite une autre tournure, virant vers un mélodrame existentiel imprégné de poésie fantastique. La vieille qui ramasse ses herbes, la mariée au bord du gouffre, le manoir empaillé, la valse fantasmée... sont des visions inoubliables, hallucinées comme le regard du jeune Michel Bouquet qui y débutait sa carrière. DVD Fr

8 mai 2013

Ray scare and magic

Ray Harryhausen vient de mourir à 92 ans. Ses créatures en stop-motion ont bercé toute ma vie de cinéphile, provoquant la terreur dans mes jeunes années et me faisant tomber sous leur magie poétique à chaque revision d'un des films auxquels il a contribué. Dans la liste des dix films que je chéris le plus, il y a sans doute une place pour "Jason et les Argonautes" (Don Chaffey, 1963), vu et revu sans jamais en épuiser les sensations d'émerveillement. Revoir le géant Talos bouger pour la première fois sur son socle ou les squelettes attaquer Jason en plongée réveille ces terreurs magiques à chaque fois. Saloperies de CGI !



5 mai 2013

Pulchritude


Steve Reeves & Sylvia Lopez

3 mai 2013

Wall Street Spider


de la série "Veruschka Self Portraits" (1994-1998)
par Andreas Hubertus Ilse

1 mai 2013

Films vus par moi(s) : mai 2013


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

L'homme de Rio (Philippe de Broca, 1964) **
Après une excellente première partie à Paris et Rio, le film s'essouffle à Brasilia (mais les vues de la ville en construction rattrapent largement) pour s'effondrer dans sa dernière partie, anodine et bâclée. Le tout se regarde quand même avec plaisir, pour le fun et l'énergie des aventures, le charisme de Belmondo et le bonheur de revoir Françoise Dorléac (même si son personnage m'agace). Du cinéma cool à la Française. BR Fr

Baraka (Ron Fricke, 1992) **
Les splendeurs de la Nature, la spiritualité des nations et des tribus, les affres de la civilisation consumériste et conquérante, la gloire et la chute des Empires, la permanence cosmique... c'est à une fresque New Age au propos assez simpliste que nous convie ce film philosophico-documentaire. Mais que les images de ses séquences sont magnifiques, surtout après leur récente restauration ! Très beau à défaut d'être très profond. BR UK

Les galettes de Pont-Aven (Joël Séria, 1975) ***
Porté sur le cul, un VRP-peintre du dimanche en crise de la quarantaine se pose dans le Finistère et croise quelques personnages excentriques. Jean-Pierre Marielle est inoubliable dans cette comédie truculente où souffle un vent libertaire très Seventies et où le machisme prend du plomb dans l'aile. Il y est pourtant éclipsé par Bernard Fresson, égrillard comme pas deux. Et ce numéro hilarant de Dominique Lavanant en pute bigoudenne ! Télé

The Iron Lady / La Dame de Fer (Phillida Lloyd, 2011) 0
Meryl Streep, parfaitement grimmée, est excellente (mais on s'y est habitué et on s'en lasse) et la carrière de Margaret Thatcher n'est pas commune mais ce biopic fait de flashbacks autour d'une vieille femme sombrant dans l'Alzheimer se regarde avec un ennui pesant qui s'installe et ne se dissipe pas. La faute sans doute à l'artifice trop évident de la construction, coincée entre le document et le drame intimiste. BR Fr

Son of fury / Le chevalier de la vengeance (John Cromwell, 1942) **
Un film d'aventures typique de l'Age d'Or hollywoodien, où l'efficacité Fox s'exprime à chaque instant : histoire (un noble anglais cherche à récupérer son titre et sa propriété raflées par son oncle) alerte, réalisation assurée et décors superbes (Bristol, Londres, une île du Pacifique). Le casting, lui, est de rêve : Tyrone Power, George Sanders, Gene Tierney, Frances Farmer, John Carradine, Roddy McDowall, Elsa Lanchester. DVD Z1 US

Prince of foxes / Echec à Borgia (Henry King, 1949) **
Tyrone Power trahit Orson Welles (magnétique en Cesar Borgia) dans le décor spectaculaire de la citadelle de San Marino. Un très bon film en costumes Renaissance (une période peu traitée à l'écran) sur un homme face aux intrigues et à sa conscience. Les meilleures scènes sont au milieu, quand le personnage du vieux Duc permet à Henry King de déployer son touchant humanisme. Le style Années 40 des peintures m'a amusé. DVD Z1 US   

Django unchained (Quentin Tarantino, 2012) 0
L'infantilisme des clins d'oeil au spectateur et la complaisance à l'humour autosatisfait des scènes de violence extrême affublées d'illustrations musicales décalées sont la marque de Tarantino dira-t-on. Depuis quelque temps, ce vieux petit con a le génie pour bousiller de ses effets attendus des scénarios et des castings passionnants. C'est encore le cas ici, où une histoire solide est ruinée par les maniérismes boutonneux. Rageant ! BR Fr 

The thief of Bagdad / Le voleur de Bagdad (Douglas Fairbanks & Raoul Walsh, 1924) ***
Les immenses décors Art Déco arabisants, l'énergie bondissante et le charisme de Douglas Fairbanks, les multiples trucages, les péripéties dignes d'un serial pulp, Anna Mae Wong en servante traîtresse... concourent à avoir préservé intact, après neuf décennies, le pouvoir d'émerveillement de ce formidable film d'aventures muet, l'un des classiques du genre. La restauration de 2012 est magnifique. BR US

Procès de Jeanne d'Arc (Robert Bresson, 1962) ***
L'admirable économie et assurance de la mise en scène de Bresson répond à la stupéfiante économie et assurance des réponses que fit Jeanne à ses juges, dites au mot près par Florence Delay (l'une des inoubliables actrices bressoniennes, quel visage, quel phrasé !) d'après les minutes authentiques du procès. Un des rares films où l'on perçoit, et c'est bouleversant, que - pour paraphraser Baudelaire - une âme voltige. DVD Z2 Fr

Jagten / La chasse (Thomas Vinterberg, 2012) ***
Quand une gamine de 5 ans accuse faussement son maître de lui avoir "montré son zizi, dur comme une trique", le village (presque) entier se ligue contre l'accusé qui voit son univers s'effondrer. Mads Mikkelsen, excellent, fait passer toutes sortes d'émotions dans un rôle difficile et la réalisation est nette et sèche comme il faut. Il n'y a que l'incompétence criante de la directrice et du psychologue de l'école qui marquent un faux pas. BR Fr

50/50 (Jonathan Levine, 2011) ***
Pas facile de faire un film sur un jeune homme de 27 ans auquel est diagnostiqué un cancer sans tomber dans le pathos. Mais ici, grâce au jeu toujours juste de Joseph Gordon-Levitt, les touches d'humour et les sentiments sincères, ça fonctionne même si les situations sont édulcorées. Une bromance touchante, inspirée par l'histoire du scénariste, qui montre que le genre de la comédie douce-amère US est en pleine forme. BR Fr

The dirty dozen / Les douze salopards (Robert Aldrich, 1967) ** 
Ca commence bien avec le dressage des douze criminels choisis pour tuer des officier nazis dans un manoir et se termine dans un suspense prenant avec l'attaque elle-même mais la trop longue séquence du milieu (le test que Lee Marvin leur fait faire) plombe l'ensemble : le film aurait gagné à être resserré. Mais il est difficile de résister au casting formidable et inédit de ces douze gueules de durs à cuire, dont Clint Walker. BR US

Varsovie quand même (Yannick Bellon, 1954) 0
Ce court-métrage de 17' sur la destruction et la reconstruction de Varsovie, composé d'images d'archives très impressionnantes, est précipité dans le ridicule par un texte grandiloquent et mirliton (d'un certain Henri Magnan) dit par Maria Casarès sur un ton de tragédie échevelé. Du genre (parlant des bénévoles de la reconstruction) : "Ils sont de leurs deux mains, les maçons du lendemain !" Faut l'entendre pour le croire. DVD Z2 Fr

Divorzio all'italiana / Divorce à l'italienne (Pietro Germi, 1961) *
Un petit noble sicilien imagine un moyen de se débarrasser de sa femme pour roucouler avec sa jeune cousine. Une comédie cynique sur la tradition de l'honneur italienne qui ne décolle vraiment que dans la dernière demi-heure, le début s'attardant trop sur l'exaspération et le stratagème de l'époux (Mastroianni, qui force un peu trop la composition). Mais la charge contre les institutions a du faire son effet en son temps. DVD Z2 FR

Les yeux de sa mère (Thierry Klifa, 2011) 0
Un écrivaillon mal dans sa peau s'immisce dans la vie privée d'une présentatrice du 20h (Catherine Deneuve) et de sa fille pour écrire un livre à ragots. Cet ersatz éhonté des mélos féminins d'Almodovar échoue à transmettre la moindre émotion sincère : tout cela sonne faux, les citations sont balourdes au possible et les acteurs (à part le jeune Jean-Baptiste Lafarge) visiblement peu impliqués. N'est pas Pedro qui veut. DVD Z2 Fr

Holy motors (Leos Carax, 2012) *
Je mets * pour la séquence qui permet de voir l'intérieur et la terrasse désertés de La Samaritaine (et pour des raisons de souvenirs personnels, pas scénaristiques) et pour la chanson de Manset à la fin. Autrement, un film sans queue ni tête, qu'on dit truffé de références et d'auto-reférences (ça, on s'en fout) et qui oblitère son propos universel sur la condition humaine par sa poétique de bazar. Son triomphe critique est consternant. BR Fr

The goose woman / Déchéance (Clarence Brown, 1925) **
Un mélodrame muet sur une souillon témoin d'un meurtre près de sa bicoque. Il y a de belles idées de mise en scène et d'intéressantes atmosphères mais c'est Louise Dresser, dans le rôle de cette cantatrice déchue gardienne d'oies, qui fascine : sa présence et l'intensité de son jeu donnent corps à son improbable personnage qui retrouve la dignité. Jack Pickford et Constance Bennett sont très bons eux aussi. DVD Z1 US

Cloud Atlas (Lana et Andy Wachowski & Tom Tykwer, 2012) ***
Pendant que je le voyais, j'ai trouvé ce film plutôt ridicule dans son ambition démesurée et l'artifice de ses choix scénaristiques et de son casting multi-grimé. Je n'y ai pas non plus compris grand chose. Et puis à la fin de ses 2h45, j'ai été touché par l'humanité sincère du propos et les histoires de ses personnages liés dans le temps et l'espace. Une fresque maladroite sans doute, mais dont le coeur est au bon endroit. Je le reverrai. BR Allemagne

Veruschka (Paul Morrissey & Bernd Böhm, 2005) *
Morrissey ne s'est pas cassé pour réaliser ce documentaire lambda sur Vera von Lehndorff (née en 1939), plus connue sous le nom de Veruschka, l'un des top-models iconiques des Sixties et Seventies. Si la vie et la carrière de cette femme, de son enfance prussienne aristocrate à ses étonnantes expériences artistiques sur la peinture corporelle, mérite qu'on s'y arrête, ce film n'est que l'ébauche de celui qu'il aurait pu être. DVD Z2 Allemagne

Smouldering fires / La femme de quarante ans (Clarence Brown, 1924) ***
Une chef d'entreprise à succès d'une quarantaine d'années tombe amoureuse d'un de ses employés de vingt ans plus jeune. Une comédie de moeurs muette doublée d'une étude sociale et psychologique sur un sujet assez audacieux, portée par le jeu nuancé de Pauline Frederick et Malcolm McGregor. La réalisation est d'une belle simplicité, sachant aller à l'essentiel tout en scrutant l'âme des intéressants personnages. DVD Z1 US

Les infidèles (Collectif, 2012) **
Un film à sketches où Jean Dujardin et Gilles Lellouche incarnent des quadragénaires toujours prêts à tirer un coup. Les épisodes sont globalement de très bonne tenue et la comédie graveleuse est teintée de gravité dans un panachage assez intéressant. Accusé de misogynie, le film ne l'est pas du tout : au contraire, les mecs s'en prennent plein la tête. Avec notamment un retournement final qui a du faire grincer bien des dents. BR Fr

Easy rider (Dennis Hopper, 1969) ***
Le Zeitgeist de la toute fin des Sixties, marqué par la désillusion (cf. l'énigmatique "We blew it!" répété par le personnage joué par Peter Fonda) est formidablement exprimé dans ce road movie en Choppers dont le triomphe changea le cinéma américain. L'histoire minimaliste est le pretexte à une série de scènes de rencontres amusantes ou tragiques mais toujours significatives. Des acteurs à la B.O, tout est d'époque. BR Fr

BearCity (Doug Langway, 2010) **
L'été 2010 à Manhattan : un jeune aspirant acteur secrètement attiré par les Bears découvre leur univers (et l'amour) en entrant en co-location chez un couple d'entre eux. Une comédie romantique à tout petit budget mais d'une sympathique sincérité sur une communauté mature et poilue rarement représentée dans le cinéma gay. Si les clichés abondent, l'investissement enthousiaste de toute l'équipe du film est évidente. DVD Z2 Fr

Anna Karenina / Anna Karénine (Joe Wright, 2012) 0
Une version apoulée du roman de Tolstoï où la mise en scène qui s'autocontemple en s'extasiant de ses effets (fusion cinéma et théâtre, un peu à la sauce de l'exécrable "Moulin Rouge" de Luhrmann) oblitère toute la force émotionnelle de l'histoire. Le réalisateur a du croire qu'il avait une idée de génie : c'est raté. Une seule séquence fonctionne, celle du bal où les deux amants se font remarquer. Soit pas grand chose. BR Fr

Game of thrones, Saison 1 (HBO, 2011) *
La production (une sorte d'hybride de "Lord of the Rings" et "Rome") est plutôt réussie mais cette série de Fantasy n'arrive à aucun moment à dépasser (ou sublimer) son fil narratif pour atteindre à l'universalité du Mythe. Elle brode sur la banalité de son histoire, strictement rien de plus. J'étais curieux des raisons de son succès, j'ai voulu voir et j'ai laissé tomber à la fin du 4e épisode, avec l'impression d'avoir tout vu. BR Fr

21 Jump Street (Pil Lord & Christopher Miller, 2012) **
Une comédie potache (inspirée de la série télé de la fin des 80's) très sympa et avec des moments vraiment drôles sur deux jeunes flics infiltrés dans une high-school pour démanteler un trafic de drogue. Le tandem Jonah Hill-Channing Tatum focntionne à merveille dans l'absurde et l'autodérision. Le genre de film de pure distraction qu'on oublie vite mais qui se savoure avec plaisir sur le moment, faut pas chercher plus loin. BR UK

Downton Abbey, A journey to the Highlands - Christmas Special 2012 (Julian Fellowes, 2012) ***
Les Crawley quittent Downton, invités par des cousins dans leur propriété écossaise tandis qu'une partie du personnel reste au château. Un épisode serein et peu mouvementé (jusqu'à la scène finale) qui offre le plaisir de retrouver les personnages dans un environnement différent. Cette série dont je ne me lasse pas mérite son succès international : elle panache toutes les qualités (écriture, photo, réalisation et casting). BR UK

Zivot i smrt porno bande / The life and death of a porno gang (Mladen Djordjevic, 2009) *
Placé sous les auspices de "Pink Flamingos" et du "Rocky Horror", ce film serbe sur une troupe de théâtre X qui part en tournée pour les ploucs de la campagne et se retrouve à filmer du snuff commence (très bien) avec des accents de comédie subversive qu'il perd en route pour virer au nihilisme le plus convenu : c'est dommage. La violence extrême de certaines scènes le réserve uniquement aux âmes bien accrochées. Décidemment, ces Serbes. BR US

Cosmopolis (David Cronenberg, 2012) ***
Les ravages humains de la haute finance, le renouveau de la lutte des classes, la perte des répères d'une société en mutation et la détresse de tous ses partis... : ça et bien d'autres choses sont dites en métaphores dans ce film très littéraire (et bavard) sur la dérive nocturne en limousine d'un jeune empereur du Capitalisme (Robert Pattinson, excellent). Notre époque brillamment cristalisée par Cronenberg au sommet de ses moyens. BR Fr

21 avril 2013

Broadway is not just for gays anymore

Le joyeux numéro de Neil Patrick Harris aux Tony Awards 2011 (les Oscars du théâtre US). "Whao, you can smell the testosterone in the room can't you?" Ca serait pas mal de l'imposer en musical d'ouverture à chaque cortège des antis, non ?