23 août 2015

Ulay, Oh


Marina Abramovic performance. MoMA 2010.

15 août 2015

Divine


Masterclass

7 août 2015

Films vus par moi(s) : Août 2015


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Deadlier than the male / Plus féroces que les mâles (Ralph Thomas, 1967) 0
Le design Sixties, les couleurs acidulées, une séquence avec un jeu d'échecs géant et Elke Sommer qui crève l'écran en bikini ou négligé font qu'on peut regarder cet ersatz foireux de James Bond d'un oeil distrait. Mais l'inanité du scénario (un lord anglais veut mettre la main sur du pétrole), des dialogues, de la mise en scène et le manque total de charisme de Richard Johnson en Sean Connery du pauvre laminent tout. Très médiocre. BR UK 

Magic in the moonlight (Woody Allen 2014) *
En 1928 sur la Riviera, un magicien professionnel (Colin Firth) veut prouver la fraude d'une jeune médium (Emma Stone). Une comédie romantique dans de beaux costumes et décors joliment photographiés mais dont les thèmes intéressants (Rationnel/Irrationnel-Dépression/Insouciance) sont laissés au bord du chemin pour une résolution de routine. On a l'impression qu'Allen s'est fait plaisir en allant tourner sur la Côte d'Azur. Il a pas tort mais bon... BR Allem

Le jour se lève (Marcel Carné, 1939) ***
Retranché dans une mansarde après un meurtre, un ouvrier résiste à la police et revoit ce qui l'a conduit à cette extrémité. Jean Gabin, Arletty et Jules Berry atteignent des sommets (le maillon faible est Jacqueline Laurent, mièvre) dans ce film déséspéré en clair-obscur aux accents de Tragédie dans un quartier populaire créé en studio. Avec de brillants dialogues de Prévert, une magistrale utilisation de l'espace et une fin sublime. BR Allem 

Marina Abramovic : The artist is present (Matthew Akers & Jeff Dupre, 2012) ***
Un doc sur la préparation et le déroulement de la rétrospective au MoMA en 2010 de l'artiste serbe Marina Abramovic (née en 1946) et de son incroyable performance où durant trois mois, chaque jour pendant sept heures, les visiteurs pouvaient venir s'asseoir un à un dans un face à face silencieux avec elle. La capture d'un geste artistique extraordinaire et le portrait d'une artiste radicale qui a fait de son corps un miroir universel de l'Humain. BR Allem 

Winstanley (Kevin Brownlow & Andrew Mollo, 1975) **
En 1649 dans le Surrey, une petite communauté communiste-hippie menée par Gerrard Winstanley (Miles Halliwell, pas convaincant) s'installe sur des terres privées et s'attire la colère des notables. Un film d'il y a quatre décennies qui n'a pas pris une ride : son style réaliste en N&B à la réalisation splendidement maîtrisée lui donne l'air d'Une Caméra explore le Temps. L'histoire (vraie) de cette utopie prémonitoire est aussi un passionnant sujet. BR UK 

Menschen am Sonntag / Les Hommes le dimanche (Robert Siodmak & Edgar G. Ulmer, 1929) **
Deux hommes et deux jeunes femmes de rencontre vont passer un dimanche d'été au bord d'un lac des environs de Berlin. Cet hybride de fiction et de documentaire, tourné en extérieurs avec une poignée d'acteurs non professionnels, raconte une tranche de week end où presque rien ne se passe, mais où la vie va. Scénarisé par Billy Wilder d'avant Hollywood, un film solaire et sensuel de la fin du muet dont l'influence fut considérable. DVD Z2 UK   

Song without end / Le bal des adieux (Charles Vidor & George Cukor, 1960) 0
Je ne connais pas la vie privée de Franz Liszt (Dirk Bogarde) pour juger de la véracité de ce film sur son histoire d'amour adultère et malheureuse avec la princesse Carolyne Wittgenstein (Capucine, absente mais portant superbement la toilette) mais je m'y suis endormi, malgré la splendeur de la reconstitution en Technicolor, aux interminables extraits de récitals de piano et à l'académisme ampoulé de la mise en scène. Fast forwardé. DVD Z2 UK 

Il vangelo secondo Matteo / L'Evangile selon St Matthieu (Pier Paolo Pasolini, 1964) ***
La douceur des regards et des gestes des proches de Jésus (Enrique Irazoqui, intense) contraste avec sa froideur explosive à lui, notamment lors de ses imprécations, paraboles et béatitudes. Austère et accessible, le film offre d'inoubliables images des paysages du sud de l'Italie et des visages d'acteurs non professionnels et une étonnante utilisation de musiques hétérogènes. En soulignant la dimension anarchiste du message de Jésus. BR UK 

The Knick, saison 1 (Steven Soderbergh, 2014) ***
Malgré la rupture un peu gênante entre le rythme lent des 6 premiers épisodes (mes préférés) et les péripéties des 4 derniers, l'originalité du sujet et de son écriture (le quotidien d'une équipe chirurgicale dans un hôpital new yorkais en 1900), de la mise en scène, de la reconstitution et de la photo font de ce feuilleton HBO une création d'une belle audace. Très bon casting mené par Clive Owen. Et on apprend plein de choses sur la médecine d'hier. BR US

Sorcerer / Le convoi de la peur (William Friedkin, 1977) **
Ce remake du "Salaire de la peur" (Clouzot, 1953) n'égale pas son modèle. La première partie qui présente les protagonistes est la plus excitante. Après une heure, à partir du départ des camions dans la jungle, l'action prend toute la place, au détriment des personnages désépaissis. La mise en scène et le décor accrochent l'attention avec quelques morceaux de bravoure (même si la roublardise de la séquence du pont est criante) et une fin excellente. BR US 

Still Alice (Richard Glatzer & Wash Westmoreland, 2014) **
Une prof de linguistique de Columbia est diagnostiquée en stade précoce d'Alzheimer. Un drame intimiste personnel et familial autour de la plongée dans la maladie, des premiers symptômes à la dépendance. Julianne Moore est évidemment parfaite dans un rôle calibré pour l'Oscar (qu'elle a d'ailleurs remporté). Le genre de film dont le sujet annonce la couleur : on ne doit s'attendre à rien d'autre que ce qu'on s'imagine à l'avance. BR Allem 

Short term 12 / States of Grace (Destin Daniel Cretton, 2013) **
Quelques semaines dans le quotidien d'une maison d'accueil pour ados sous l'aile de leurs référents, à peine plus agés qu'eux. Un petit film indépendant au style proche du documentaire qui décrit avec justesse et sensibilité les douleurs et les joies de jeunes malmenés par la vie et les adultes. Le casting, porté par Brie Larson, donne corps à une galerie de personnages très attachants. Sous un regard qu'on sent profondément sincère. BR Allem

55 days at Peking / Les 55 jours de Pékin (Nicholas Ray & Andrew Marton, 1963) *
A Pékin en 1900, la révolte des Boxers vue du côté des Occidentaux retranchés dans leur quartier réservé près de la Cité Interdite. Une des extravagantes superproductions de Samuel Bronston, aux décors et costumes superlatifs, mais dont le scénario s'enlise dans l'action et le sentiment plutôt que pousser la réflexion sur le colonialisme, le sujet intéressant du film. Charlton Heston, David Niven et Ava Gardner assurent. BR Allem 

Les amours imaginaires (Xavier Dolan, 2010) **
A Montréal, deux amis inséparables (Xavier Dolan et Monia Chokri, tous deux très bons) s'entichent d'un éphèbe narcissique au risque de compromettre leur amitié. Cette tranche de vie sur les coups de coeur de la post-adolescence, qui peut résonner chez beaucoup, a une trame et un déroulé un peu trop uniformes mais le regard et la réalisation personnels de Dolan tiennent l'ensemble avec brio. Avec une excellente pirouette finale. DVD Z2 Fr

Tarantula (Jack Arnold, 1955) **
Un classique du film de grosses bêtes des Fifties qui, comme "Them!" (Gordon Douglas, 1954), tient la route grâce à la sécheresse du scénario qui ne s'encombre pas de blablas, de l'efficacité de la mise en scène et des trucages désuets au charme fou. Ici, une tarentule géante menace un bourg d'Arizona et Mara Corday, thésarde biologiste en tailleur, bibi et gants blancs. Le pamphlet scientifique passe en discrétion et signe son époque. BR Allem

The human centipede III (Final sequence) (Tom Six, 2015) 0
Rien à sauver (sauf un très bon gag visant la critique) dans ce final en forme de pastiche d'une trilogie - dont j'aime beaucoup le I et le II - qui osait un pitch inouï de culot (des cinglés créent des mille-pattes humains en cousant des victimes par la bouche et l'anus). Ici, l'outrance en roue libre du jeu de Dieter Laser ajoutée au je m'en foutage du scénario qui se passe dans une prison texane font que c'est inregardable même en fast forward. A chier. BR UK

Morte a Venezia / Mort à Venise (Luchino Visconti, 1971) *
La reconstitution d'époque et la photo sont, comme d'habitude avec Visconti, magnifiques et l'homme vieillissant tourmenté (Dirk Bogarde) par la beauté insolente de la jeunesse un sujet indubitable mais la langueur complaisante de la narration, la longueur de certaines scènes et les agaçants zooms Seventies accolés à la musique de Mahler finissent par trahir une affectation qui porte un coup fatal à l'ensemble. J'en avais un bien meilleur souvenir. DVD Z1 US

Mr. Arkadin / Confidential report / Dossier secret (Orson Welles, 1954) ***
L' enquête en chat et souris d'un aventurier sur le mystérieux Mr Arkadin. Un étrange film à la production mouvementée, part série B pulp et part auto parodie (de "Citizen Kane"). Welles grimé impose sa présence fascinante à Arkadin et les seconds rôles sont formidables, comme les séquences internationales qui s'enchaînent sans répit. Le génie de Welles tient à cette transmutation d'un matériau mineur en une oeuvre totalement personnelle. BR Fr

Lilting / Lilting ou la délicatesse (Hong Khaou, 2014) *
Après la mort accidentelle de son compagnon, un anglais (Ben Whishaw, excellent) se rapproche de sa mère, une femme chinoise, et demande à une amie bilingue d'être leur interprète. Un petit film intimiste britannique sur le deuil, l'identité et la communication qui a quelques scènes émouvantes mais pâtit d'un rythme monocorde et de l'effet répétitif des dialogues traduits. Le scénario est manifestement inspiré de la vie personnelle du réalisateur. BR UK

14 juillet 2015

Divine Waters


Une certaine idée du cool...

5 juillet 2015

Films vus par moi(s) : juillet 2015


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

The White Tower / La Tour Blanche (Ted Tetzlaff, 1950) **
Dans les Alpes suisses, une jeune femme convainc cinq hommes de former une cordée avec elle pour conquérir un sommet invaincu. Un intéressant film d'aventures montagnardes en Technicolor qui file la métaphore sur l'immédiate après-guerre : dans le groupe, il y a une suissesse, un français, un allemand, un américain et l'escalade en révèle les psychologies profondes. Avec Alida Valli, Claude Rains, Glenn Ford, Cedric Hardwicke. Ciné

Summertime / Vacances à Venise (David Lean, 1955) *
Sur le sujet de la femme mûre seule en vacances italiennes, "The roman spring of Mrs Stone" (1961) avec Vivien Leigh est insurpassable. Celui-ci, avec Katharine Hepburn au jeu comme souvent assez hystérique, reste un film à la fois splendide visuellement avec ses images en cartes postales de Venise et triste dans son portrait d'une solitude définitive éclairée par une aventure d'été. Mais il lui manque un je ne sais quoi de vibration. DVD Z2 UK

Looking - Saison 1 (Michael Lannan & Andrew Haigh, 2014) ***
Une excellente série HBO autour de trois copains gays (de 29, 31 et 40 ans) à San Francisco de nos jours. Chaque épisode de 30' présente des personnages, des situations et un point de vue étonnamment justes, loin des caricatures mélodramatique ou cyniques attendues dans le genre. Les thèmes abordés (dont la place de l'individu dans la communauté), les très bons dialogues et le casting sans faute en font une vraie réussite. BR UK     

Shakespeare in love (John Madden, 1998) 0
Comment ce navet a-t-iI pu récolter sept Oscars en 1999 dont meilleur film, scénario et actrice ? Je l’avais vu à sa sortie et avais été dépité. Revu par hasard, c’est la même impression, en pire encore. Tout le monde surjoue (sauf Gwyneth Paltrow qui n’a aucune présence) et l’humour forcé est minable. Le seul moment qui fonctionne est la série de scènes de Roméo et Juliette et tout est dû à Shakespeare. Much ado about nothing. DVD Z2 Ital

I a man (Andy Warhol, 1967) **
En huit séquences distinctes, les bavardages désabusés d’un play boy (Tom Baker) avec huit coups récents ou potentiels. A partir d’une trame ténue, les dialogues improvisés (souvent drôles) et les effets de strobe cuts donnent un modèle de cinéma vérité Pop Art. Le plus intéressant est de revoir les filles de la Factory : Cynthia May, Stephanie Graves, Ingrid Superstar, Nico, Ultra Violet, Ivy Nicholson, Valerie Solanas et Bettina Coffin. Quelle time capsule ! DVD Z2 Ital

My hustler (Andy Warhol, 1965) ***
Après ses films expérimentaux (Blow Job, Sleep, Empire…), Warhol s’attaque à plus classique (enfin, tout est relatif). A Fire Island, un homo sur le retour observe et commente avec une voisine un Apollon blond (Paul America) étendu sur le sable. Un gigolo professionnel se joint à eux pour cancaner. En quelques plans séquences N&B et un son direct médiocre, l’impression d’assister, dans la forme et le fond, à un nouveau cinéma. DVD Z2 Ital

Jeepers Creepers 2 (Victor Salva, 2003) *
On ne sait toujours pas ce qu'est, d'où vient et pourquoi le féroce vampire ailé mangeur d'ados réapparait tous les 23 ans, mais bon... Cette suite du très bon "Jeepers Creepers" de 2001 n'a aucun autre sens que de le faire revenir pour s'attaquer cette fois à un bus d'appétissants lycéens. La photo de la campagne américaine est belle et le Creeper est un monstre original mais tout cela ne décolle pas, à cause d'un scénario bien trop indigent. BR US

Othello (Orson Welles, 1952) **
L'expressionnisme des décors, des placements de la caméra et du noir et blanc contrasté font de cette adaptation de Shakespeare par Welles un spectacle toujours intéressant. Je suis plus dubitatif sur la narration de l'histoire elle-même et le jeu un peu éteint des acteurs. La faute sans doute à la production longue (quatre ans) et compliquée du film. Au final, une oeuvre pas entièrement satisfaisante mais pleine d'images mémorables. BR Fr 

Inferno / L'Enfer (Francesco Bertolini, Adolfo Padovan & Guiseppe de Liguoro, 1911) **
Les passages les plus marquants de L'Enfer de Dante sont mis à l'image sans génie mais avec un bon sens du cadre et de l'effet. Dante et Virgile y parcourent les Cercles dans des décors naturels ou construits (inspirés des gravures de Gustave Doré) grouillants de figurants dénudés. Les trucages descendent en ligne droite de Méliès. Les spectateurs de 1911 n'avaient sans doute jamais vu de pareilles visions érotico-fantastiques. DVD Z2 Fr

ParaNorman / L'étrange pouvoir de Norman (Chris Butler & Sam Fell, 2012) ***
Un excellent film d'animation (en stop motion assistée de CGI, formidable) sur un collégien harcelé qui a le don de voir et de parler avec les morts et qui se retrouve aux prises avec sept zombies. Le scénario original joue sur les idées de différence/puritanisme et ose des situations morbides rarement vues dans un film pour enfants (mais celui-ci l'est-il ?). Le langage parfois cru et une blague gay on mis à cran les ligues familiales américaines. BR 3D Fr

42nd street (Lloyd Bacon, 1933) ***
Faut-il que le scénario et la mise en scène soient parfaites pour que ce backstage musical fondateur tienne aussi bien la route après tant d'années et de copies et résiste à la présence de l'exécrable Ruby Keeler en chorus girl qui monte. L'histoire ne s'encombre pas de fioritures, les personnages sont crédibles et émouvants et les numéros musicaux (paroles, musiques et chorégraphies) devenus des classiques. Un film important des Thirties. BR US

Paradis perdu (Abel Gance, 1940) **
Ce mélodrame relativement retenu autour d'un couple brisé par la guerre de 14 et la mort bascule d'une excellente première partie (de la rencontre à la séparation) à une seconde plus problématique dans son écriture et ses articulations, qui le rend bancal. Micheline Presle est radieuse dans un double rôle mère-fille mais c'est Fernand Gravey qui porte le tout par son jeu d'une sobre justesse. Avec le plaisir de retrouver Elvire Popesco. BR Fr

Timbuktu (Abderrahmane Sissako, 2014) **
Dans la campagne désertique du Mali, des islamistes imposent la charria à la population. A travers l'histoire d'une poignée de personnages touaregs, le poison insidieux du djihad contamine jusqu'à la Nature, dans laquelle les Toyota des barbus circulent comme le requin de Jaws. L'esthétisme de la mise en scène peut déranger mais réussit quelques merveilles, comme dans la magnifique scène de football. Un oeuvre forte, entre révolte et élégie. BR Fr

Noordzee, Texas / Sur le chemin des dunes (Bavo Defurne, 2011) *
En Flandres maritime dans les Sixties, le quotidien solitaire d'un adolescent de quinze ans qui a une liaison avec son voisin de deux ans plus âgé. Primé dans plusieurs festivals LGBT, une histoire d'amour dont le début promet mieux que le reste. On marche en terrain balisé et les décors trop propres semblent issus d'une boutique de design vintage. Un film qui manque de caractère et qui aurait été plus abouti en format de court métrage. BR Fr

The offence (Sidney Lumet, 1973) **
Un inspecteur de police qui enquête sur le viol d'une fillette voit ressurgir vingt ans d'horreurs criminelles et pète un plomb avec un suspect. Sean Connery, habité, fracassait son image de James Bond dans ce drame psychologique sur la part d'ombre de chacun et les risques du métier. La mise en scène essaye de donner souplesse à la structure théâtrale tripartite du matériau d'origine. Un film étouffant dans son thème et ses images. BR US 

Prends la route (Jean Boyer, 1937) ***
Un film-opérette (comme le dit le générique) autour de plusieurs couples sur la route des vacances vers le Sud. La bonne humeur de l'ensemble est irrésistible, portée par des chansons entêtantes signées van Parys ("A mon âge", "Y'a toujours un passage à niveau"...), l'entrain des comédiens chanteurs (Pils et Tabet, très bons) et l'esprit boulevardier. Une sorte de chef-d'œuvre d'insouciance et de légèreté du temps du Front Populaire. DVD Z2 Fr  

Canyon passage / Le passage du canyon (Jacques Tourneur, 1946) ***
Tout le talent de Jacques Tourneur s'exprime dans ce western sur des colons dans l'Oregon de 1856. L'action (étonnament violente pour l'époque), concentrée dans les quinze dernières minutes, laisse la place au développement des personnages et des situations conflictuelles. La mise en scène fait la part belle à l'ombre, à la lumière et au décor, avec une photo Technicolor magnifique. Le casting, mené par Dana Andrews, est parfait. BR Allem

6 juin 2015

Films vus par moi(s) : juin 2015


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Sans soleil (Chris Marker, 1983) ***
Il y a tellement de choses, d'images, de mots et de thèmes dans ce film qui n'est ni documentaire ni fiction qu'on a du mal à en tirer le fil directeur, qui sans cesse s'échappe. Le Japon, le Cap Vert et quelques autres lieux, sont surtout le terrain d'un essai d'ethnographie philosophique et poétique sur un temps qui va basculer dans la mondialisation. La parade dansée des japonaises est une séquence merveilleuse. Un très grand Marker. DVD Z2 UK

A bout de souffle (Jean-Luc Godard, 1960) *
Bien sûr, le film a fait évoluer le cinéma français et international vers une nouvelle forme de tournage, de montage et de narration mais personnellement, les jeux de mots de Belmondo (dont la présence physique reste stupéfiante), la faiblesse de l'intrigue et l'interminable séquence à l'hôtel me tapent sur le système. Revoir Paris à l'été 1959 est le plus intéressant, puis la fraîcheur de Jean Seberg. Un film important, oui mais. BR UK

Inferno / La piste fatale (Roy Ward Baker, 1953) **
Un thriller de survie sur un homme blessé (Robert Ryan) abandonné dans le désert du Mojave par sa femme (Rhonda Fleming) et l'amant de celle-ci qui utilise vraiment ingénieusement la 3D, notamment pour isoler les personnages dans les immensités rocheuses. Si Robert Ryan exprime ses pensées par une voix off un peu trop répétitive, les spectaculaires images (en Technicolor) font de ce petit film méconnu une très agréable surprise. BR UK 3D    

Abus de faiblesse (Catherine Breillat, 2013) *
Catherine Breillat met en scène des moments de sa propre histoire d'arnaque affective et financière par l'escroc Cristophe Rocancourt dans ce film sec et froid où l'émotion n'arrive que dans la dernière séquence, la plus réussie. Isabellle Huppert, dans le rôle de la réalisatrice paraplégique, est égale à elle-même, intérieure et physique, face Kool Shen en crapule attentionnée et manipulatrice. Le cinéma comme un auto-exorcisme. DVD Z2 Fr

Eden Lake (James Watkins, 2008) **
Un jeune couple (Nelly Reilly et Michael Fassbender) parti en week-end au bord d'un lac forestier est importuné par une bande d'ados. C'est un euphémisme : ce survival britannique pousse très loin la violence montrée et suggérée. Avec un intéressant sous-texte sur la jalousie et la haine sociale. Le fait que les harceleurs soient des enfants induit un malaise qui fait l'originalité du film, par ailleurs bien mis en scène, joué et photographié. BR Fr  

The Devil rides out / Les vierges de Satan (Terence Fischer, 1968) **
Christopher Lee affronte Charles Gray (tous deux excellents d'assurance et de prestance) dans ce film d'atmosphère autour d'une secte satanique dans la bonne société de la campagne anglaise. Le style Hammer se retrouve dans les couleurs et les décors et les scènes de rituels sont bien amenées, notamment celle du Démon assis, une apparition vraiment inquiétante. L'un des classiques d'un thème finalement assez peu traité au cinéma. BR UK 

Retour à l'aube (Henri Decoin, 1938) **
Danielle Darrieux est une jeune provinciale mariée à un chef de gare qui part seule à Budapest pour toucher un héritage et s'y étourdit de couture, d'hommes et de palaces avant d'y connaître la désillusion. Un conte moral entre Cendrillon et Sunrise, sur les sirènes de la grande ville avec des séquences montées comme chez les soviétiques et d'autres comme chez les hollywoodiens. Un bon film véhicule pour la jeune star des années 30. DVD Z2 Fr

Gun crazy / Le démon des armes (Joseph H. Lewis, 1949) ***
L'amour en cavale d'un couple criminel passionné d'armes à feu. Les séduisants Peggy Cummins et John Dall apportent une fraîcheur et une vitalité sexy à ce chef-d'oeuvre de la série B, mené sans temps mort par le réalisateur sur un scénario de Dalton Trumbo. Le dynamisme de sa mise en scène répond parfaitement à l'urgence des situations et des émotions. Un film noir et un film romantique qui réussit dans les deux genres. BR Fr 

The smell of us (Larry Clark, 2014) *
Sur le parvis du Palais de Tokyo quelques ados bourgeois du XVIe skatent et se prostituent à de riches vieux et vieilles. Un film à scandale à la signification incertaine (le vide moral ? l'exploitation mutuelle entre les générations ? le dégoût de soi ?) prétexte aux fantasmes de chair fraîche du réalisateur de 71 ans (qui se donne dans un rôle de fétichiste carabiné). Une scène géniale, stupéfiante : la mère incestueuse ravagée (Dominique Frot). DVD Z2 Fr 

Laurence anyways (Xavier Dolan, 2012) **
A 2h35, ce film remuant sur un couple dont l'homme entame une transition sexuelle est trop long et part dans des directions pas toujours structurées mais les thèmes traités (l'identité et le genre, la dépendance affective, le regard...) ne cèdent pas à la facilité ou à la complaisance. Avec des scènes mémorables (le lycée, le restaurant, la famille de cabaret...) et un casting (Melvil Poupaud, Suzanne Clément, Nathalie Baye) formidable. DVD Z2 Fr

It follows (David Robert Mitchell, 2014) 0
Une ado qui a choppé la chtouille voit des personnages fantômatiques la suivre. Un navet soporifique dont la mise en scène roublarde et référentielle, faite de lents travellings gratuits et de ralentis insignifiants (ça créé une atmosphère), veut surclasser la vacuité. Et ça marche, à lire les avis enthousiastes, consternants. Même la métaphore sur l'Angst adolescente, intrigante au début, déçoit. Un film qui prend la pose, rien de plus. BR Fr 

Moon 44 (Roland Emmerich, 1990) *
En 2038, une société minière envoie un mercenaire (Michael Paré) sur un astéroïde pour enquêter sur du vol de matériel. L'histoire est mal foutue et sans intérêt mais les rapports de domination mutuelle entre les brutes musculeuses et leurs minets pilotes à joysticks, étonnamment chargés d'homoérotisme, font toute l'originalité de ce film qui cache son petit budget par des décors plutôt réussis. La science-fiction aux confins du porno gay. BR Allem  

Paper moon / La barbe à papa (Peter Bogdanovich, 1973) ***
Un road movie tout en charme et en tendresse, et en malice aussi, sur un homme et une gamine délurée (sa fille ?) qui traversent le Kansas en vivant de petites arnaques pendant la Dépression. Filmée dans un splendide N&B et inspirée des films hollywoodiens des Thirties, l'histoire suit leurs rencontres avec divers personnages bien campés (formidable Madeline Kahn). Tatum O'Neal est impressionnante de naturel face à son père Ryan. BR UK 

3 mai 2015

Films vus par moi(s) : mai 2015


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Voici le temps des assassins (Julien Duvivier, 1956) **
Du bon cinéma de scénario, d'acteurs, de studio et d'atmosphère comme la France (et pas que) en a produit à la pelle pendant des décennies. Celui-ci est mémorable pour la garce manipulatrice que joue Danièle Delorme, son déchet de mère héroïnomane (géniale Lucienne Bogaert), Gabin égal à lui-même et le plaisir de revoir Gérard Blain. La scène de fouet est un de ces moments qui dépasse les bornes et personnellement m'enchante. DVD Z2 Fr  

Gli ultimi giorni di Pompei / Les derniers jours de Pompéi (Mario Bonnard & Sergio Leone, 1959) 0
Les réalisateurs ne font rien du format 2:35 et filment amorphes la narration de l'histoire, à peine inspirée du roman et qui se traîne jusqu'aux dix dernières minutes d'éruption pyrotechnique. Dommage parce que les décors sont pas mal du tout et les couleurs vives. Comme les bottines rouges à fourrure blanche de Steve Reeves, dont les limites du jeu d'acteur vous explosent à la figure. On s'ennuyait tant que ça à Pompéi le 24 août 79 ? DVD Z2 Allem 

Strangers on a train / L'inconnu du Nord-Express (Alfred Hitchcock, 1951) ***
Depuis les pieds qui se rencontrent au début jusqu'au manège fou à la fin, ce film est une leçon de mise en scène qui additionne ses séquences inspirées. Celle de la fête foraine, excitante et inquiétante à la fois, est un des sommets de Hitchcock. Quant au sujet, d'après Patricia Highsmith, il panache tentation ambigüe et remords, attirance et répulsion autour d'une machination psychopathique  Et ce casting, des premiers rôles aux derniers ! BR Allem  

Laura (Otto Preminger, 1944) ***
Ce film noir atypique et mondain autour d'un meurtre à rebondissements est surtout le prétexte à décrire quelques spécimens de la haute société new yorkaise chez lesquels l'Amour est impur (avec l'évocation - rien que ça ! - du fétichisme, de l'homosexualité, de l'impuissance, de la nécrophilie et de la prostitution) et d'aligner un casting formidable. Dans mon ordre : Clifton Webb, Judith Anderson, Vincent Price, Gene Tierney et Dana Andrews. BR Fr 

King Kong (Merian C. Cooper & Ernest B. Schoedsack, 1933) ***
Mon film préféré depuis que je l'ai découvert gosse, un soir, à la télé. Celui auquel toujours je reviens. Concevoir une histoire aussi délirante, la mettre en images en utilisant tous les trucs du cinéma, lui donner vie et la faire entrer dans la mémoire collective et continuer, 80 ans plus tard, à toujours projeter son pouvoir d'émerveillement et de fascination : King Kong est pour moi le film parfait. Et le seul mythe moderne que l'Antiquité aurait adoubé. BR US

The young and prodigious T.S. Spivet / L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet (Jean-Pierre Jeunet, 2013) 0
Un gamin inventeur du Montana fugue pour aller recevoir un prix au Smithsonian de Washington. C'est le pitch sur la jaquette du BR mais je n'en sais pas bien plus parce que je me suis arrêté au bout de 40', fatigué par les maniérismes de Jeunet avec l'accumulation de scènes disjointes, les couleurs criardes, la froideur émotionnelle due à l'artificialité de l'ensemble. Ca m'apprendra à redonner sa chance à un réalisateur qui m'insupporte. BR Fr   

J'ai tué ma mère (Xavier Dolan, 2009) **
Le découvrir après le formidable "Mommy" (2014), donne l'impression d'assister à un galop d'essai. Sur un sujet proche, les liens conflictuels entre un fils et sa mère, le jeune réalisateur-acteur tire un film nerveux et intrépide, sans doute en grande partie autobiographique, porté par les interprétations explosives de Dolan et d'Anne Dorval. On l'a assez dit, mais c'est vraiment remarquable d'accoucher d'un tel premier film à seulement vingt ans. DVD Z2 Fr

Walkabout (Nicolas Roeg, 1971) ***
Une adolescente anglaise et son petit frère, perdus dans l'outback australien, rencontrent et suivent un jeune aborigène. L'impossible dialogue entre la civilisation moderne et ses racines est le sujet principal, mais pas le seul (à l'époque, il y a aussi le constat de l'échec de la tentation contemporaine du retour à la Nature) de ce film beau et amer, aux images, à la musique et au rythme envoûtants. Une puissante métaphore entre rêve et cauchemar. BR UK 

Dial M for Murder / Le crime était presque parfait (Alfred Hitchcock, 1954) *
Le revoir en 3D fait apprécier encore plus le génie de la composition visuelle d'Hitchcock et la scène du meurtre raté (et surtout celle qui suit où Grace Kelly titube dans le salon éclairé d'un feu de cheminée) sont magnifiques. Pour le reste, le film souffre d'un bavardage pénible et l'histoire des clés n'en finit pas. Ray Milland est excellent mais Grace Kelly lutte avec l'accent britannique et le massacre. Médiocre en 2D, moyen en 3D, donc. BR 3D Ital 

House of wax / La maison de cire (Jaume Collet-Serra, 2005) * 
Un petit groupe de jeunes américains se retrouve aux prises avec deux cinglés obsédés par la cire. Les dix dernières minutes avec l'incendie original et spectaculaire d'un manoir de cire et la présence de Paris Hilton dans un rôle d'intérêt purement people sont les deux atouts de ce film de série atone qui n'a ni l'humour d'un pastiche ni la noirceur d'un vrai thriller d'horreur. Pas nul mais très loin derrière ses prédecesseurs mémorables de 1933 et 1953.  BR Fr