**** chef-d'oeuvre / *** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais
Les mains d'Orlac / Mad love (Karl Freund, 1935) ****
Amoureux douloureux d'une femme mariée à un pianiste parisien, un chirurgien fou greffe à celui-ci les mains d'un assassin. Un grand film délirant des années 30 qui balaie toutes les névroses autour du personnage bien nommé du Dr Gogol, interprété par un Peter Lorre au-delà du grandiose. L'outrance des situations et de certaines images, l'économie du découpage qui va à l'essentiel - le film dure à peine plus d'une heure - et les poussées psychanalytiques à la sauce hollywoodienne m'ont complètement emballé. De l'hystérie sur pellicule. BR US Warner Archive
Sirius / Szíriusz (Ákos D. Hamza, 1942) ***
Grâce à une machine temporelle, un hongrois de 1942 remonte en 1748 et tombe amoureux d'une chanteuse lyrique lors d'une soirée chez un ancêtre à lui collaborateur des Habsburg. Entre mélo-romance et fantastique, un surprenant film hongrois avec pléthore de personnages, de décors et de costumes rococo qui penchent vers le camp. Mais derrière la légèreté apparente, la charge contre l'occupant donne au film un arrière-plan politique qui devait résonner fort en la terrible année 1942. Avec la sublime star - et résistante - hongroise Katalin Karády. BR US Deaf Crocodile
La bête de la cité / The beast of the city (Charles Brabin, 1932) ***
Un flic dont le frère est le supérieur au commissariat a une aventure avec une fille de la pègre new-yorkaise. Un policier de la Prohibition et du Krach qui commence sur une citation du président Hoover condamnant les juges laxistes et les médias qui heroïsent la racaille plutôt que la police. Panégyrique à l'altruisme civique de celle-ci à travers l'histoire d'un des siens confronté à la tentation criminelle, le film est typique du Pre-Code avec ses situations et ses dialogues audacieux, portés par Wallace Ford, Walter Huston et Jean Harlow à 20 ans. La fin est de la dynamite. BR US Warner Archive
Juste avant la nuit (Claude Chabrol, 1971) ***
Ayant tué sa maîtresse - l'épouse de son meilleur ami - lors d'un jeu sexuel et n'étant pas inquiété, un homme sans histoire le dit à sa femme. Austère à la limite de l'abstraction dans ses dialogues, son jeu des acteurs et sa mise en scène, le plus exigeant de tous les Chabrol que j'ai pu voir est à la fois un étonnant exercice de style formel et, c'est le plus intrigant, ni moral, ni immoral, ni amoral mais anti-moral, un profil rare. Pour incarner ces âmes vides, le casting sans surprise est la perfection même : Michel Bouquet, Stéphane Audran, François Périer. BR FR Tamasa
Je suis une nymphomane (Max Pécas, 1971) ***
Une jeune fille de Menton couvée par ses parents se découvre nymphomane et monte à Paris. Porté par la prestation intense de Sandra Jullien, un film érotique soft à la mise en scène et aux décors/couleurs très travaillés qui évoquent les fantasmes et les angoisses de l'héroïne au corps en feu. Le prof, le prêtre et le médecin, tout y passe dans une succession de séquences étrangement oniriques. L'antiquaire bisexuelle prédatrice du Village Suisse - magnétique Janine Reynaud - est un de ses personnages que seul le tournant des 70s pouvait inventer. BR FR LCJ Editions
Danger planétaire / The Blob (Irvin S. Yeaworth Jr, 1958) 0
Des étudiants luttent contre une masse gélatineuse extra-terrestre qui dévore et grossit. Le sujet inouï et son formidable titre américain promettent : hélas, ce film-culte est un navet irrécupérable, fauché par ses dialogues et sa mise-en-scène amorphe et le jeu exécrable - même pas drôle - de ses acteurs, Steve(n) McQueen nul et empoté en premier lieu. Reste une idée de départ, un look et des couleurs Fifties plutôt chouettes et une métaphore aux forceps du danger "rouge" communiste. Pas grand chose à en tirer donc. Son remake de 1988 est bien mieux. BR UK Fabulous
Le masque d'or / The mask of Fu Manchu (Charles Brabin, 1932) ****
Un archéologue du British Museum ayant trouvé la tombe inviolée de Genghis Kahn avec son masque légendaire est capturé par le cruel Fu Manchu - Boris Karloff, grimé en chinois - qui veut éradiquer la race blanche. Ce film MGM aux péripéties et à la direction artistique délirantes est le sommet du politiquement incorrect pré-Code avec ses asiatiques sadiques, ses tortures subtiles et sa peur du jaune enracinée dans les stéréotypes. Vu aujourd'hui, l'outrance est fascinante et avec un peu d'esprit critique, on se régale. Rien que pour ses gongs ! BR US Warner Archive
Late Night with the Devil (Cameron Cairnes & Colin Cairnes, 2023) **
En 1977, un présentateur TV en panne d'audience a l'idée d'inviter des professionnels du paranormal à son late show. Un sympathique petit film d'horror pas tout a fait maîtrisé dans son scénario - la résolution pèche un peu - mais qui réserve de bons moments autour des démonstrations, de la gamine possédée et d'une reconstitution bien vue des shows télé et du style mode et déco des Seventies. Les références/hommages, notamment à L'Exorciste et à Carrie, passent sans encombre et font du tout un vrai plaisir cinéphile. Aussi malin qu'original. BR FR Wild Side
Frankenstein (Guillermo del Toro, 2025) 0
Un chirurgien donne vie à une créature assemblée de cadavres. Célébrée à l'avance, cette n-ième adaptation du chef-d'oeuvre de Mary Shelley est une merde (malgré Mia Goth), une de plus dans la filmographie du réalisateur le plus inexplicablement adulé du siècle. Je n'en ai vu que 10', désespéré par la laideur des images boursouflées et du monstre grognant et invincible. Le reste en FF avec des arrêts aléatoires dont aucun ne rattrape l'autre : tout - lumière, décors, mise en scène - est ignoble du baroquisme de pacotille de del Toro. Quelle misère quel malheur. Netflix




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