2 février 2026

Films vus par moi(s): février 2026


**** chef-d'oeuvre / *** excellent / ** bon / * médiocre / 0 mauvais

The last winter (Larry Fessenden, 2006) **
Dans le désert arctique d'Alaska, une petite équipe prépare l'installation d'une station de forage pétrolier. Avec un décor et une atmosphère proches de The Thing (Carpenter, 1982), un thriller d'horror à petit budget surclassé par la mise en scène fluide et la force des images. Comme toujours chez le réalisateur l'histoire est prétexte à dénoncer le présent par la fable, ici l'irresponsabilité de l'industrie des énergies fossiles face au changement climatique et au viol des mythes ancestraux. Du cinéma fantastique engagé et terriblement visionnaire. Avec Ron Perlman. BR US Vinegar Syndrome   

La belle de Saïgon / Red dust (Victor Fleming, 1932) ****
Le régisseur d'une plantation de caoutchouc a une liaison avec la femme d'un collègue sous le regard fataliste d'une prostituée amoureuse de lui. Dans une belle jungle d'Indochine de studio, un chef-d'oeuvre du Pre-Code aux situations adultes et aux dialogues plein de savoureux sous-entendus. La tendresse inhabituelle pour tous les personnages apporte au film un supplément d'âme à ce qui n'aurait pu être qu'un véhicule pour ses deux jeunes stars formidablement érotiques : Clark Gable et Jean Harlow. Avec Mary Astor aussi, parfaite comme toujours. BR US Warner Archive 

Substitution / Bring her back (Danny & Michael Philippou, 2025) ***
Après le décès de leur père, un garçon de 17 ans et sa jeune soeur mal voyante sont placés chez une mère d'accueil (Sally Hawkins) traumatisée par la mort de sa propre fille. Après l'excellent "La main" en 2022, les jumeaux Philippou prouvent qu'ils comptent dans l'horror contemporaine avec ce film viscéral sur le deuil parental psychotique qui choque par la jeunesse de ses personnages plongés dans la folie et le gore. Mais dans le genre, c'est une réussite par l'efficacité de la mise-en-scène et la profondeur du fond. L'avertissement est cependant nécessaire. BR FR ESCD   

Je suis le seigneur du château (Régis Wargnier, 1989) **
Un châtelain veuf recrute une gouvernante (Dominique Blanc) pour s'occuper de son fils. Quand elle s'installe avec son propre fils, la défiance et la guerre sont déclarées entre les deux garçons. Un étrange film qui utilise les paysages du Finistère (Monts d'Arée, chaos d'Hulgoat, la forêt dévastée par la tempête de 1987) et une mise en scène d'un lyrisme d'opéra pour créer un conte cruel sur les angoisses et le sadisme compétitif des enfants, comme dans une scène pivot avec les deux gosses. Mais le casting de Jean Rochefort est une erreur presque fatale. BR FR LCJ Editions

Un autre homme (Lionel Baier, 2008) **
En Suisse, un garçon qui devient petit journaliste de cinéma sans rien y connaitre à une relation trouble avec la critique d'un grand journal de Lausanne. Un film intime et fluide sur un arriviste par accident qui se fait sa place sans en avoir l'air. Tout repose sur la mise en scène aux effluves de Nouvelle Vague et de l'acteur Robin Harsch dont la caméra explore avec une ambiguïté très sensuelle le corps et l'excitant visage. Le personnage n'est pas sympathique du tout mais on sent bien qu'il ira loin, sorte de Rastignac de canton à la fois hétéro et queer, comme le film. DVD FR Epicentre Films  

Hamnet (Chloé Zhao, 2025) **
Mariés après s'être trouvés physiquement et intellectuellement, William et Agnès Shakespeare s'éloignent l'un de l'autre après la mort de leur jeune fils Hamnet. Un très beau film, trop, sur le deuil dans un couple face à la perte d'un enfant et sur la puissance du don. La reconstitution d'époque, austère et juste, et la présence de la Nature et de ses forces mystérieuses est assez fascinante mais l'émotion bizarrement m'a tenu à distance, sans doute par la pudeur démonstrative du traitement, formaté pour l'Oscar. Oui, Jesse Buckley est extraordinaire en mère dévastée. Cinéma

Fortunat (Alex Joffé, 1960) ***
En 1942, un péquenot de village conduit et installe à Toulouse une grande bourgeoise de Paris et ses deux garçons quand le mari résistant est capturé. L'outrance du fossé entre les deux personnages pourrait être ridicule si le scénario n'était aussi bien ficelé et les acteurs moins impliqués. Mais Bourvil et Michèle Morgan sont magnifiques, Gaby Morlay et Rosy Varte aussi et le jeune Frédéric Mitterrand étonnant de naturel. Avec la guerre et ses drames humains en fond d'écran, le film est à la fois dur et d'une humanité touchante. Une belle découverte, inattendue. DVD FR René Chateau

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