28 juin 2014

Learn to feel: New Age Joan


Les sages paroles et la philosophie battante de Joan Crawford sont capturées pour toute éternité dans ce montage en musique d'extraits choisis de son Town Hall interview du 8 avril 1973. J'écoute, j'entends et je m'en lasse pas.

Merci à Steve Sando pour en avoir eu l'idée et à Dj DeMille pour l'avoir mis en images sur YouTube.

7 juin 2014

Once upon a dream redux

La version chouettement atmosphérique de Lana del Rey de "Once upon a dream" pour le générique final de Maleficent. J'aime bien ce que fait cette fille.

1 juin 2014

Films vus par moi(s) : juin 2014


*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Kill list (Ben Wheatley, 2011) *
Il y a du suspense et de la rage dans ce film anglais sur un ex-militaire au chômage qui accepte avec un ami une mission de tueur à gages. La mise en scène tendue à l'extrême ménage les respirations entre quelques scènes de violence. Mais la fin qui lorgne maladroitement vers un classique bis des années 70 (et qu'on voit venir de loin) semble comme greffée sur une autre histoire et rompt l'équilibre. Les acteurs sont uniformément excellents. BR Allem

Die Wand / Le mur invisible (Julian Pölsler, 2012) *
Adaptation du roman culte de Marlen Haushofer. Dans les Alpes d'Autriche, une femme (Martina Gedeck) se retrouve coupée du Monde par un mur invisible infranchissable et organise sa vie avec quelques animaux pour compagnie. Et la Nature des forêts et alpages, magnifiquement filmée au rythme des saisons. Une métaphore existentielle d'un hermétisme rebutant, plombée par l'omniprésente voix off de la narratrice qui écrit son journal. DVD Z2 Pays Bas 

Philomena (Stephen Frears, 2013) ***
On ne peut pas quitter Judi Dench des yeux quand elle est à l'écran : chaque intonation, geste et frémissement montrent à quel point c'est une formidable actrice. Elle porte ce film très émouvant (et drôle aussi) sur une retraitée qui tente avec un journaliste (Steve Coogan, excellent) de retrouver le fils qui lui a été enlevé 50 ans plus tôt. Comme toujours, la mise en scène de Frears distille subtilement grâce et tension, qui conviennent parfaitement au sujet. BR Fr

That thing you do! (Tom Hanks, 1996) 0
En 1964, quatre copains d'un groupe amateur d'une petite ville de Pennsylvanie connaissent le succès avec un hit pop qui les conduit à Los Angeles. Un film mignon, d'une nostalgie propre et insipide comme le Tom Hanks des années 90 pouvait l'être, jusqu'à l'overdose. Le tube inspiré des Beatles, au bout de la 10e fois qu'on nous le sert, donne envie de vomir. Par contre Liv Tyler, au début de sa carrière, était une apparition miraculeuse. BR US

Pompeii / Pompéi (Paul W.S. Anderson, 2014) **
Je suis généreux avec celui-là mais si le scénario truffé de clichés et d'énormités historiques et volcanologiques laisse à désirer (toutes ces scènes de combat, enfin !), j'avoue que l'énergie de l'ensemble et surtout le grand spectacle CGI en 3D qu'offre la dernière demi-heure m'ont fait passer un bon moment de pur entertainment. Evidemment, on se prend à rêver de ce qu'en aurait fait Polanski, qui a eu quelque temps le projet en main. BR 3D Fr

Kill your darlings (John Krokidas, 2013) *
Dans les Forties, la rencontre sur le campus de Columbia des pères de la Beat Generation, leurs défiances rebelles et leurs rapports tumultueux, cristallisés autour d'un meurtre gay (l'affaire Kammerer). La réalisation est monotonement prévisible et la volonté de Daniel Radcliffe (en Allen Ginsberg) de vouloir briser son image d'Harry Potter est criante. Mais bon, Ginsberg, Burroughs et Kerouac n'ont jamais vraiment été ma tasse de thé... BR UK 

Dersou Ouzala (Akira Kurosawa, 1975) ***
Il ne se passe pas grand chose dans cette histoire magnifique sur l'amitié entre deux hommes, le géographe Arseniev et son guide-chasseur Dersou, dans la taïga de l'Extrême-Orient russe des années 1900 mais l'humanisme universel du propos, la spectaculaire beauté de la photographie en 70mm (la Nature est un personnage à part entière) et l'excellence des deux principaux acteurs sont magnétiques. Un beau film, d'une rare et bouleversante pureté. Cinémathèque

Le congrès (Ari Folman, 2013) ***
Je suis un peu sorti du film au moment où on passe à l'animation mais la première partie est tellement forte et le sujet riche (dans un futur proche, les acteurs numérisés remplacent les vrais et les individus peuvent vivre virtuellement l'identité qu'ils veulent) que c'est l'enthousiasme qui l'a emporté. Robin Wright est formidable dans un rôle complexe et risqué (elle joue Robin Wright et son avatar animé). De la SF intelligente et émouvante. BR Fr 

The miracle of the bells / Le miracle des cloches (Irving Pichel, 1948) *
Un vraie curiosité que ce mélodrame catholico-marxiste dans lequel une jeune actrice (Alida Valli, aussi belle que mauvaise) qui vient de tourner "Joan of Arc" à Hollywood meurt de tuberculose et se fait enterrer dans la paroisse minière du prêtre Frank Sinatra par l'agent Fred MacMurray qui monte un coup de comm' autour de son cercueil et de cloches d'églises. Tout ce fatras est d'une étonnante morbidité et d'un sens incertain. Inclassable. BR US

A field in England / English Revolution (Ben Wheatley, 2013) 0
Pendant la Guerre Civile anglaise (l'époque de Cromwell), trois déserteurs et un dévôt traversent un champ dans lequel ils rencontrent un mystérieux aristocrate. Ils ingurgitent aussi des champignons. Le splendide N&B et la beauté de certains plans ne compensent pas l'effarante inanité du scénario et la pauvreté de certains effets visuels. On s'ennuie du début à la fin de ce film prétentieusement arty. Un ratage complet, inexcusable. BR Allem

How to train your dragon / Dragons (Dean DeBois & Chris Sanders, 2010) **
Le film (une animation DreamWorks) raconte son histoire linéaire et sympathique (un jeune Viking apprivoise un dragon) sans grande surprise mais fait la part belle à l'animation, formidablement réussie. Les décors et les dragons sont un enchantement, notamment les attitudes félines du dragon du héros et les séquences de voltige avec la bête. Si le scénario n'a pas la profondeur qu'on aurait aimée, le spectacle à lui seul vaut le détour. BR 3D Fr

A cottage on Dartmoor (Anthony Asquith, 1929) ***
Deux séquences brillantes (dans une salle de cinéma où la caméra regarde les visages des spectateurs et dans une scène de suspense sur un fauteuil de coiffeur) sont les sommets de ce film britannique de l'extrême fin du muet autour d'une histoire d'amour fou et de jalousie. D'un banal mélodrame, Asquit tire une oeuvre pleine de fulgurances visuelles, inspirées mais pas copiées d'Eisenstein et d'Hitchcock. Avec d'excellents acteurs. DVD Z2 UK

Pacific rim (Guillermo del Toro, 2013) *
Un gros film pop corn pas désagréable et qui s'oublie aussitôt vu. Des monstres lovecraftiens (sortes d'énormes crustacés-poissons) surgissent d'une faille océanique près de Hong-Kong pour détruire l'Humanité qui construit d'énormes robots pour les combattre. Et ça se met sur la gueule à tout va. Les combats sont peu lisibles dans leur démesure et les complexes interfamiliaux apportent la touche de gravité requise. Décérébré. BR Fr

Phantom of The Paradise (Brian de Palma, 1974) ***
Malgré ses faiblesses (la fin expédiée, la jeu médiocre de Jessica Harper), ce film culte des Seventies garde un fascinant pouvoir d'attraction grâce à son look et à son esprit Glam Rock, à sa réalisation malicieuse, pleine de références littéraires, cinéphiles et musicales et à la flamboyance de l'ensemble, portée les prestations gratinées des acteurs. Et à ses morceaux musicaux évidemment, tous inoubliables. On peut le revoir sans modération. BR Fr

Her (Spike Jonze, 2013) **
Une fable originale (dans un futur proche, un homme seul tombe amoureux de la voix féminine du système d'exploitation de son ordinateur) sur de multiples sujets brûlants (la solitude affective, la confusion entre virtuel et réel) qui tient toutefois l'émotion un peu trop à distance. Joaquin Phoenix, dans un rôle écrasant, est exceptionnel mais les gloussements de rire de la voix (Scarlett Johansson) dans chacune de ses phrases m'ont saoulé. BR US

Untold history of the United States / Les Etats Unis : l'histoire jamais racontée (Oliver Stone, 2012) **
Produit par Showtime, un documentaire fleuve (10 épisodes de 45') sur la politique étrangère des USA  de Pearl Harbour à nos jours. Hiroshima, la Guerre Froide, le Vietnam, JFK, les années Reagan et Bush, 9/11, Obama... sont passés à la moulinette visuelle et verbale d'Oliver Stone, qui démolit les mythes consacrés par l'histoire officielle US. Seuls restent debout ses quelques héros : Wallace, JFK, Gorbatchev. Passionnément gauchisant. BR US 

Metropolitan (Whit Stillman, 1990) **
Les rencontres et soirées d'un petit groupe de jeunes débutants hauts-bourgeois de Manhattan qui accueille un étudiant à sensibilité "socialiste". Le petit budget est compensé par l'écriture des dialogues et le jeu des connections entre les personnages (le film fait souvent penser à Rohmer). On navigue entre théâtre, sitcom et new-wave avec ce ton très particulier du réalisateur, dont c'était le premier film. Beaucoup de charme et de tendresse. BR US

This is the end / C'est la fin (Evan Goldberg, Seth Rogen, 2013) 0
Retranchés dans la maison de James Franco à L.A., les acteurs habitués des films de Judd Apatow (Jonah Hill, Seth Rogen...) sont confrontés à l'Apocalypse. Une comédie catastrophe où les personnages sont les acteurs jouant leurs propres rôles. On sent qu'ils s'amusent comme des fous avec leurs vannes pipi-caca et les clins d'oeil à leur univers professionnel mais le concept ne tient pas la route sur 1h45. Pour les fans irréductibles seulement. BR UK   

Theatre of blood / Théâtre de sang (Douglas Hickhox, 1973) ***
Une idée de scénario géniale : un acteur de théâtre has been et frustré tue ses critiques ennemis en s'inspirant des meurtres des pièces de Shakespeare. Le film est un véritable festival de camp, mené par un Vincent Price en pleine forme dans les costumes de plusieurs personnages shakespeariens et accompagné d'un casting étincelant (Robert Morley, Coral Browne, Diana Rigg...). Du second degré très fun et malin comme tout. BR UK

Marilyn's birthday



1 juin 2014 : Marilyn aurait eu 88 ans aujourd'hui.

18 mai 2014

"Je vous déteste les hommes" par Nila Cara, 1943


Nila Cara (1916-1999) a enregistré en 1943 sa version de la torch-song "Je vous déteste les hommes" (Raoul Moretti, Abel Gance) dont l'original est chanté par Viviane Romance dans le mélodrame over the top d'Abel Gance, "Vénus aveugle" de 1941.

Les voix et les arrangements des deux versions sont très différents : Viviane Romance, c'est Viviane Romance (pas mal du tout dans le film) mais j'adore la voix rauque et cassée et le tempo décadent de la version Nila Cara. Quant aux paroles d'Abel Gance, elles valent leur pesant d'or.

15 mai 2014

Friedrich Wilhelm & Johnny


Improbable rencontre ? F.W. Murnau et Johnny Weismuller à Hollywood.

1 mai 2014

Films vus par moi(s) : mai 2014




*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Godzilla (Gareth Edwards, 2014) ***
Dans le genre du film de gros monstres, un excellent cru qui, tout en étant formaté blockbuster, propose un angle original (les créatures sont toujours présentées du point de vue des personnages-spectateurs) qui crée une réelle tension, induite par la stupeur et le chaos. La réalisation efficace et la qualité des SFX assurent le (très) grand spectacle. Un hommage actualisé réussi à l'original japonais de 1954 et à ses avatars. Ciné 3D

Eaux profondes (Michel Deville, 1981) **
A Jersey, l'histoire d'amour fou entre une allumeuse (Isabelle Huppert) qui amène ses amants à sa table et son mari (Jean-Louis Trintignant) qui subit, dévoré par sa rage intérieure. Une adaptation de Patricia Highsmith, aux personnages (gamine comprise) opaques et tordus, dont l'épure touche à la froideur. L'émotion est volontairement tenue à distance et le film en tire un étrange pouvoir de fascination intellectuelle. Chabrol aurait joué autrement. BR Fr

Wit / Mon combat (Mike Nichols, 2001) ***
L'agonie à l'hôpital d'une professeur d'université en poésie du XVIIe s. (celle de John Donne) atteinte d'un cancer incurable. Un téléfilm HBO, terrible et tendre à la fois, sur le bras de fer qui s'engage entre l'esprit et le corps dans la violence d'une maladie terminale. Très écrite (le verbe est l'un des sujets du film) et audacieusement interprétée par Emma Thompson, une oeuvre intime et humaniste qui évite le pathos et remue en profondeur. DVD Z1 US 

Djodaï-yé Nader az Simin / Une séparation (Asghar Farhadi, 2011) ***
Un scénario implacable, une mise en scène sans défaut et des acteurs (adultes et enfants) tous d'une surprenante justesse font de ce film iranien autour de deux couples déchirés par les conséquences en spirale d'un incident, un chef-d'oeuvre d'équilibre et de tension. Tous les éléments du mélodrame y sont mais le film les transcende pour en faire un drame humain, universel, d'une bouleversante complexité psychologique. BR Fr

El rey de la montana / Les proies (Gonazalo Lopez-Gallego, 2007) *
Un citadin qui traverse en voiture une région boisée et rocheuse est la cible de mystérieux tireurs. Un survival espagnol qui commence bien avec un point de vue radical sur le genre mais qui s'enlise dans la faiblesse de son scénario, tout entier dirigé vers une révélation fabriquée et peu significative. On peut voir ça comme une réflexion sur les jeux vidéo (c'est ce que dit son réalisateur), ouais... La Nature en revanche est très bien filmée. BR Fr 

Black Robe (Bruce Beresford, 1991) ***
LE film sur l'Amérique du Nord du XVIIe s. L'hiver 1634, un jeune prêtre français (Lothaire Bluteau, habité par son rôle) et quelques indiens Algonquins entreprennent un voyage vers le Nord (en territoire Iroquois) depuis une mission jésuite et subissent les pires épreuves physiques et spirituelles. Magifiquement filmé dans la nature sauvage du Canada et doté d'un score splendide par Delerue, un film brutal de conquête et de foi. BR Allemagne  

Am Ende kommen Touristen / Et puis les touristes... (Robert Thalheim, 2007) **
Un étudiant berlinois vient faire son service civil en Pologne, à Oswiecim, juste à côté de l'entrée du camp-musée d'Auschwitz. Ce petit film sobrement réalisé explore un sujet rare : le poids terrible des lieux de mémoire. Comment vivre aujourd'hui près d'Auschwitz ? Les anciens ? Les jeunes ? Une séquence résume tout : une balade à vélo dans la campagne ensoleillée débouche sur la sinistre plaine de miradors et de barbelés. DVD Z2 Allemagne

Tyrannosaur (Paddy Considine, 2011) ***
Dans une banlieue anglaise, la rencontre de deux personnages marqués par la violence, l'alcool et le sentiment d'échec. Porté par l'interprétation exceptionnelle de Peter Mullan et d'Olivia Colman dans les rôles d'un quinquagénaire veuf pétri de rage et d'une commerçante dévote battue par son mari, un film dur et désespéré où brillent pourtant de véritables éclats d'émotion et la fragile lueur d'une rédemption distante. BR Allemagne

Welcome to New York (Abel Ferrara, 2014) *
* pour Depardieu, dont la gueule bouffie et le ventre tendu à en crever envahissent l'écran avec un exhibitionnisme peu commun chez un acteur de cette magnitude. Quant au film, il est d'une médiocrité crasse dans sa mise en scène et ses dialogues. C'est le début qui est le meilleur, sur le ton voyeur comique des galipettes de DSK avec ses putes et ses potes. Et la dernière image aussi. Un film produit pour le fric, qu'évidemment il dénonce. VOD

Le dialogue des Carmélites (R.L.Bruckberger & Philippe Agostini, 1960) 0
L'éprouvant académisme de la mise en scène et la dignité révérente imposée au jeu des actrices (un casting étincelant pourtant : Alida Valli, Jeanne Moreau, Madeleine Renaud, Pascale Audret...) font que l'histoire tragique des seize Carmélites de Compiègne guillotinées à Paris en 1794 n'arrive pas à s'éléver au-dessus du spectacle de patronage. Tout est guindé et on se prend à rêver de ce que Ken Russell aurait pu faire avec ça. Web

Une vie (Alexandre Astruc, 1958) *
Malgré la splendide photographie couleur de Claude Renoir (le film semble parfois une production Hammer), c'est l'ennui qui survole cette adaptation de Maupassant, la faute au choix désastreux de commenter l'action et les sentiments  en voix off sur un ton monocorde et plaintif par Maria Schell et la volonté farouche d'éviter tout débordement mélodramatique. Du coup, cette vie normande est cruellement inerte. Mais Christian Marquand est sexy. Web

Vénus aveugle (Abel Gance, 1941) **
Dédiée au Maréchal, une invraisemblable histoire d'amour et d'abnégation de 2h30 dont la première partie est un peu poussive mais dont la seconde, qui démarre avec la cécité de l'héroïne (notre superstar la plus oubliée : Viviane Romance, sublimée par la caméra et les yeux au ciel pour faire l'aveugle) accumule les outrances mélodramatiques et plonge dans le camp absolu. Avec le très laid Georges Flamant dans le rôle du séducteur. Détonnant. Web 

The Aristocats / Les Aristochats (Wolfang Reitherman, 1970) * 
Un Disney, revu toutes ces décennies après, qui n'a pas tenu le coup. Bon, c'est vrai, le graphisme aux traits de crayon visibles est intéressant et réussi et une séquence musicale est sympathique ("Everybody wants to be a cat") mais le scénario est si faible, le méchant si transparent et la dynamique si molle qu'on attend vainement que ça décolle. La bonne surprise : les voix des deux oies, les géniales "Pigeon Sisters" du film "The odd couple" (1968). BR Fr

Frances Ha (Noah Baumbach, 2012) ***
Le personnage de Frances (Greta Gerwig, sorte d'hybride de Kate Winslet et de Chloë Sevigny), new-yorkaise de 27 ans aux attitudes immatures, semble d'une construction si artificielle que le début du film laisse craindre le pire. Et pourtant, la grâce s'installe (aidée par la mise en scène, la photo N&B et le judicieux choix musical) et le charme prend comme par magie. Un beau film sur l'adieu difficile à l'âge d'insouciance et sur les liens de l'amitié. BR Allemagne

Yellow submarine / Le sous-marin jaune (George Dunning, 1968) **
Un trip d'animation psychédélique construit autour des Beatles et d'une douzaine de leurs chansons qui surfait sur le succès récent de leur album "Sgt. Pepper's". L'absurde et la coolitude y règnent en maîtres et le dessin permet toutes les bizarreries, graphiquement et idéologiquement marquées du sceau de la fin des Sixties. Vu aujourd'hui, c'est une time capsule vraiment sympathique. Mais 1h30, c'est quand même un peu long. BR GB

Les dernières vacances (Roger Leenhardt, 1948) ***
Un bachelier se souvient de ses dernières vacances avec ses cousins dans la propriété d'été familiale en passe d'être vendue. Un film magnifique, tourné en décors naturels, où l'humour, l'émotion et l'intelligence se combinent dans un équilibre parfait. La notion du passage du temps et de l'évolution irrésistible des étapes de la vie est brillament évoquée, avec nostalgie mais sans aucune mièvrerie. Tous les acteurs sont excellents. Web

9 / Numéro 9 (Shane Acker, 2009) *
Un film en CGI sur quelques poupées de tissu qui ont survécu à une Apocalypse et affrontent des machines féroces. L'impressionnante réussite visuelle des décors de la ville en ruines et de l'animation des petits héros ne compense pas la faiblesse du scénario (proche de "Terminator 2") cliché, répétitif et qui se prend bien trop au sérieux. Ca aurait pu être autrement meilleur avec une histoire plus travaillée. Une impression de gâchis. BR Fr 

Inside Llewyn Davis (Joel & Ethan Coen, 2013) **
En 1961 à New York, handicapé par une dépression autodestructrice, un chanteur de folk (Oscar Isaac, formidable) traverse sa vie et sa carrière sans réussir à s'accrocher à rien. Un film empreint de mélancolie (incarnée dans une magnifique photo bleue-grise) et d'humour doux-amer qui distille symbolisme et morale juive pour créer un conte folk existentiel d'une forte originalité. C'est peu aimable et c'est pourtant insidieusement touchant. BR Fr

Freier Fall / En chute libre (Stephan Lacant, 2013) **
Une sorte de "Brokeback Mountain" chez les CRS du Bade-Wurtemberg. L'un, dont la compagne va bientôt accoucher, s'engage dans une liaison avec un autre, gay. Il n'y a rien de bien nouveau dans le scénario (attirance, culpabilité, réaction, homophobie...) mais le film garde une crédibilité sincère sur toute sa durée, évite les clichés embarrassants et bénéficie de bons acteurs. Une tranche de vie comme une autre autour du sexe et de l'identité. BR Allemagne

The wolf of Wall Street / Le loup de Wall Street (Martin Scorsese, 2013) ***
Cette fresque tragi-comique sur le parcours d'un courtier voyou multimillionaire dans le New York des années 90, qui enchaîne les morceaux de bravoure, est un peu un "Citizen Kane" sous acide, étiré et hystérisé. Le rythme infernal et le jeu survitaminé de DiCaprio (et des autres) peuvent épuiser le spectateur ou lui donner une poussée d'adrénaline, selon sa récéptivité. Pour ma part, je me suis laissé emporter par le panache. BR Fr

Paradies : Liebe / Paradis : Amour (Ulrich Seidl, 2012) ***
Une quinquagénaire autrichienne (étonnante Margarete Tiesel, qui ose tout) part en vacances dans un club au Kenya pour combler sa solitude dans les bras de jeunes hommes noirs. Le tourisme sexuel, dont la misère n'a jamais été aussi bien observée, est le socle de cette métaphore sur l'exploitation mutuelle des Blancs et des Noirs, des vieux et des jeunes, du Nord et du Sud... Un de ces films crus et dérangeants dont l'Autriche a le secret. DVD Z2 Belgique

Zero Dark Thirty (Kathryn Bigelow, 2012) *
La traque et l'exécution de Ben Laden, entièrement vu du point de vue d'une agent de la CIA, Maya (Jessica Chastain, très bien). Le film raconte son histoire efficacement, sur le mode du thriller contemporain (la mise en scène de Bigelow est nerveuse mais sans surprise) et dresse un intéressant portrait de femme obsédée par sa mission. Dans le genre, je préfère de loin la série "Homeland" qui bénéficie de l'émotion qu'elle porte en plus. Br Fr

Vanya on 42nd Street / Vanya, 42e Rue (Louis Malle, 1994) ***
Transposée à l'écran par Louis Malle (son dernier film), la performance théâtrale à long terme du metteur en scène André Gregory et de son équipe dans un théâtre ruiné de la 42e Rue devient une formidable démonstration de la portée universelle de certains textes littéraires (ici, Tchekhov) et de l'art de l'acteur. Si (et seulement si) on se laisse prendre au concept très original du film, on est emporté jusqu'au bouleversant monologue final. BR US

Jesse James / Le brigand bien-aimé (Henry King, 1939) **
Le scénario trop lisse ne s'attache pas aux zones d'ombres de la personnalité de Jesse James, que le film présente comme un Robin des Bois fantasmé. Mais le plaisir de voir, dans un superbe Technicolor Kalmus, Tyrone Power (Jesse) et Henry Fonda (Frank) et quelques splendides moments de mise en scène (l'attaque nocturne du train) compensent. Un western teinté d'Americana qui marqua une date dans le genre. BR Fr 

A l'origine (Xavier Giannoli, 2009) **
Un petit escroc (François Cluzet) berne une petite ville du Nord sinistrée en prétendant relancer un chantier d'autoroute abandonné. Part naturaliste, part allégorique, une fable (inspirée d'une histoire vraie) sur un imposteur pathologique et ses victimes consentantes par désespoir. Le sujet est passionnant et les acteurs tous excellents mais il manque juste une petite étincelle dans la mise en scène pour propulser le film plus haut. BR Fr

Diana (Oliver Hirschbiegel, 2013) 0
En se concentrant sur la romance secrète entre Diana et le chirurgien pakistanais Hasnat Khan au cours des deux dernières années de la vie de la Princesse de Galles, le scénariste pond une bluette sans mordant ni aspérité qui tire vers le téléfilm Harlequin de luxe. La courte vie de Diana a eu son lot de mélodrames, le point de vue choisi ici est l'un des plus insipides. Noami Watts (peu mimétique) fait ce qu'elle peut avec ce qu'on lui donne. BR Fr