5 juin 2026

Films vus par moi(s): juin 2026


**** chef-d'oeuvre / *** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais

Mondo balordo (Roberto Bianchi Montero & Albert T. Viloa, 1964) **
Après le triomphe de Mondo Cane en 1962, le genre du travelogue épicé fut une mine inépuisable de recyclage d'images titillantes ou révoltantes. Celui-ci en est un exemple précoce qui nous entraîne chez les opiomanes et les Témoins de Jehovah, les pépées plantureuses et les travelos intellos, les sorciers africains, les gouines et j'en passe. Comme dans tous les Mondos, il y a du meilleur et du pire. Moi, j'ai beaucoup aimé le nain rockeur et surtout le commentaire politiquement incorrect susurré par la voix suave de Boris Karloff lui-même. BR US Severin Something Weird

Sa femme et sa dactylo / Wife versus secretary (Clarence Brown, 1936) ****
L'épouse d'un chef-d'entreprise de New York a des doutes sur le lien de celui-ci avec sa secrétaire. L'intelligence du scénario qui tourne autour du poison de l'erreur d'interprétation et de la rumeur est sublimé par le casting parfait : Clark Gable impérial de charme entre Myrna Loy et Jean Harlow, sans doute dans son plus beau rôle. Plus le jeune James Stewart. Les dialogues admirables plein de sous-entendus et la précision d'horloge de l'écriture et de la mise en scène en font un film d'une profondeur, d'une justesse et d'une modernité inaltérables. BR US Warner Archive Collection

Oddity (Damian McCarthy, 2024) *
Accompagnée d'une effrayante statue humaine en bois, une médium aveugle cherche à savoir comment sa soeur mariée à un psychiatre a été assassinée. Un film d'horror assez encensé qui ne vaut pas plus que la somme de ses parties, individuellement bonnes. Mais à trop vouloir ouvrir de portes et de chausses-trappes, on finit par perdre le fil et on se dit à la fin Tout ça pour ça ? Reste une forte ambiance, de bons interprètes et quelques vrais moments de suspense dans la grande maison inquiétante. Puis plus rien après l'avoir vu. BR FR BQHL

Mais ne nous délivrez pas du Mal (Joël Séria, 1971) ****
Camarades d'un pensionnat catholique, deux garces de première - au sens propre : ce sont des petites salopes et elles passent le bac l'an prochain - s'amusent à séduire des hommes et à se dérober au dernier moment. Scandaleux mais moins hier qu'aujourd'hui, un film qui pousse loin la perversité psychotique portée par le jeu fiévreux des jeunes Jeanne Goupil et Catherine Wagener, hilares de leurs provocations du début à la presque fin. La post-synchronisation ajoute à l'étrangeté géniale de ce bijou noir des années 70 qui de nos jours MeToo serait impensable. BR FR Editions Montparnasse

Le voleur de crimes (Nadine Trintignant, 1969) **
Un homme qui s'ennuie dans sa vie banale adresse des lettres anonymes à la presse pour s'accuser à tort du meurtre d'une suicidée. Inspiré par l'affaire Lucien Léger, un thriller psychologique bien plus que d'action dans le Paris à la fois terne et chatoyant de la fin des Sixties. Pourvu d'une bande sonore étonnante et crispante de cantiques psychédéliques chantés, c'est une intéressante plongée dans la psyché brisée d'un paumé, interprété avec brio par Jean-Louis Trintignant habité par le personnage. Dont la silhouette, c'est trop marrant, a des airs de Macron. 

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