1 juin 2014 : Marilyn aurait eu 88 ans aujourd'hui.
1 juin 2014
18 mai 2014
"Je vous déteste les hommes" par Nila Cara, 1943
Nila Cara (1916-1999) a enregistré en 1943 sa version de la torch-song "Je vous déteste les hommes" (Raoul Moretti, Abel Gance) dont l'original est chanté par Viviane Romance dans le mélodrame over the top d'Abel Gance, "Vénus aveugle" de 1941.
Les voix et les arrangements des deux versions sont très différents : Viviane Romance, c'est Viviane Romance (pas mal du tout dans le film) mais j'adore la voix rauque et cassée et le tempo décadent de la version Nila Cara. Quant aux paroles d'Abel Gance, elles valent leur pesant d'or.
15 mai 2014
1 mai 2014
Films vus par moi(s) : mai 2014
*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais
Godzilla (Gareth Edwards, 2014) ***
Dans le genre du film de gros monstres, un excellent cru qui, tout en étant formaté blockbuster, propose un angle original (les créatures sont toujours présentées du point de vue des personnages-spectateurs) qui crée une réelle tension, induite par la stupeur et le chaos. La réalisation efficace et la qualité des SFX assurent le (très) grand spectacle. Un hommage actualisé réussi à l'original japonais de 1954 et à ses avatars. Ciné 3D
Eaux profondes (Michel Deville, 1981) **
A Jersey, l'histoire d'amour fou entre une allumeuse (Isabelle Huppert) qui amène ses amants à sa table et son mari (Jean-Louis Trintignant) qui subit, dévoré par sa rage intérieure. Une adaptation de Patricia Highsmith, aux personnages (gamine comprise) opaques et tordus, dont l'épure touche à la froideur. L'émotion est volontairement tenue à distance et le film en tire un étrange pouvoir de fascination intellectuelle. Chabrol aurait joué autrement. BR Fr
Wit / Mon combat (Mike Nichols, 2001) ***
L'agonie à l'hôpital d'une professeur d'université en poésie du XVIIe s. (celle de John Donne) atteinte d'un cancer incurable. Un téléfilm HBO, terrible et tendre à la fois, sur le bras de fer qui s'engage entre l'esprit et le corps dans la violence d'une maladie terminale. Très écrite (le verbe est l'un des sujets du film) et audacieusement interprétée par Emma Thompson, une oeuvre intime et humaniste qui évite le pathos et remue en profondeur. DVD Z1 US
Djodaï-yé Nader az Simin / Une séparation (Asghar Farhadi, 2011) ***
Un scénario implacable, une mise en scène sans défaut et des acteurs (adultes et enfants) tous d'une surprenante justesse font de ce film iranien autour de deux couples déchirés par les conséquences en spirale d'un incident, un chef-d'oeuvre d'équilibre et de tension. Tous les éléments du mélodrame y sont mais le film les transcende pour en faire un drame humain, universel, d'une bouleversante complexité psychologique. BR Fr
El rey de la montana / Les proies (Gonazalo Lopez-Gallego, 2007) *
Un citadin qui traverse en voiture une région boisée et rocheuse est la cible de mystérieux tireurs. Un survival espagnol qui commence bien avec un point de vue radical sur le genre mais qui s'enlise dans la faiblesse de son scénario, tout entier dirigé vers une révélation fabriquée et peu significative. On peut voir ça comme une réflexion sur les jeux vidéo (c'est ce que dit son réalisateur), ouais... La Nature en revanche est très bien filmée. BR Fr
Black Robe (Bruce Beresford, 1991) ***
LE film sur l'Amérique du Nord du XVIIe s. L'hiver 1634, un jeune prêtre français (Lothaire Bluteau, habité par son rôle) et quelques indiens Algonquins entreprennent un voyage vers le Nord (en territoire Iroquois) depuis une mission jésuite et subissent les pires épreuves physiques et spirituelles. Magifiquement filmé dans la nature sauvage du Canada et doté d'un score splendide par Delerue, un film brutal de conquête et de foi. BR Allemagne
Am Ende kommen Touristen / Et puis les touristes... (Robert Thalheim, 2007) **
Un étudiant berlinois vient faire son service civil en Pologne, à Oswiecim, juste à côté de l'entrée du camp-musée d'Auschwitz. Ce petit film sobrement réalisé explore un sujet rare : le poids terrible des lieux de mémoire. Comment vivre aujourd'hui près d'Auschwitz ? Les anciens ? Les jeunes ? Une séquence résume tout : une balade à vélo dans la campagne ensoleillée débouche sur la sinistre plaine de miradors et de barbelés. DVD Z2 Allemagne
Tyrannosaur (Paddy Considine, 2011) ***
Dans une banlieue anglaise, la rencontre de deux personnages marqués par la violence, l'alcool et le sentiment d'échec. Porté par l'interprétation exceptionnelle de Peter Mullan et d'Olivia Colman dans les rôles d'un quinquagénaire veuf pétri de rage et d'une commerçante dévote battue par son mari, un film dur et désespéré où brillent pourtant de véritables éclats d'émotion et la fragile lueur d'une rédemption distante. BR Allemagne
Welcome to New York (Abel Ferrara, 2014) *
* pour Depardieu, dont la gueule bouffie et le ventre tendu à en crever envahissent l'écran avec un exhibitionnisme peu commun chez un acteur de cette magnitude. Quant au film, il est d'une médiocrité crasse dans sa mise en scène et ses dialogues. C'est le début qui est le meilleur, sur le ton voyeur comique des galipettes de DSK avec ses putes et ses potes. Et la dernière image aussi. Un film produit pour le fric, qu'évidemment il dénonce. VOD
Le dialogue des Carmélites (R.L.Bruckberger & Philippe Agostini, 1960) 0
L'éprouvant académisme de la mise en scène et la dignité révérente imposée au jeu des actrices (un casting étincelant pourtant : Alida Valli, Jeanne Moreau, Madeleine Renaud, Pascale Audret...) font que l'histoire tragique des seize Carmélites de Compiègne guillotinées à Paris en 1794 n'arrive pas à s'éléver au-dessus du spectacle de patronage. Tout est guindé et on se prend à rêver de ce que Ken Russell aurait pu faire avec ça. Web
Une vie (Alexandre Astruc, 1958) *
Malgré la splendide photographie couleur de Claude Renoir (le film semble parfois une production Hammer), c'est l'ennui qui survole cette adaptation de Maupassant, la faute au choix désastreux de commenter l'action et les sentiments en voix off sur un ton monocorde et plaintif par Maria Schell et la volonté farouche d'éviter tout débordement mélodramatique. Du coup, cette vie normande est cruellement inerte. Mais Christian Marquand est sexy. Web
Vénus aveugle (Abel Gance, 1941) **
Dédiée au Maréchal, une invraisemblable histoire d'amour et d'abnégation de 2h30 dont la première partie est un peu poussive mais dont la seconde, qui démarre avec la cécité de l'héroïne (notre superstar la plus oubliée : Viviane Romance, sublimée par la caméra et les yeux au ciel pour faire l'aveugle) accumule les outrances mélodramatiques et plonge dans le camp absolu. Avec le très laid Georges Flamant dans le rôle du séducteur. Détonnant. Web
The Aristocats / Les Aristochats (Wolfang Reitherman, 1970) *
Un Disney, revu toutes ces décennies après, qui n'a pas tenu le coup. Bon, c'est vrai, le graphisme aux traits de crayon visibles est intéressant et réussi et une séquence musicale est sympathique ("Everybody wants to be a cat") mais le scénario est si faible, le méchant si transparent et la dynamique si molle qu'on attend vainement que ça décolle. La bonne surprise : les voix des deux oies, les géniales "Pigeon Sisters" du film "The odd couple" (1968). BR Fr
Frances Ha (Noah Baumbach, 2012) ***
Le personnage de Frances (Greta Gerwig, sorte d'hybride de Kate Winslet et de Chloë Sevigny), new-yorkaise de 27 ans aux attitudes immatures, semble d'une construction si artificielle que le début du film laisse craindre le pire. Et pourtant, la grâce s'installe (aidée par la mise en scène, la photo N&B et le judicieux choix musical) et le charme prend comme par magie. Un beau film sur l'adieu difficile à l'âge d'insouciance et sur les liens de l'amitié. BR Allemagne
Yellow submarine / Le sous-marin jaune (George Dunning, 1968) **
Un trip d'animation psychédélique construit autour des Beatles et d'une douzaine de leurs chansons qui surfait sur le succès récent de leur album "Sgt. Pepper's". L'absurde et la coolitude y règnent en maîtres et le dessin permet toutes les bizarreries, graphiquement et idéologiquement marquées du sceau de la fin des Sixties. Vu aujourd'hui, c'est une time capsule vraiment sympathique. Mais 1h30, c'est quand même un peu long. BR GB
Les dernières vacances (Roger Leenhardt, 1948) ***
Un bachelier se souvient de ses dernières vacances avec ses cousins dans la propriété d'été familiale en passe d'être vendue. Un film magnifique, tourné en décors naturels, où l'humour, l'émotion et l'intelligence se combinent dans un équilibre parfait. La notion du passage du temps et de l'évolution irrésistible des étapes de la vie est brillament évoquée, avec nostalgie mais sans aucune mièvrerie. Tous les acteurs sont excellents. Web
9 / Numéro 9 (Shane Acker, 2009) *
Un film en CGI sur quelques poupées de tissu qui ont survécu à une Apocalypse et affrontent des machines féroces. L'impressionnante réussite visuelle des décors de la ville en ruines et de l'animation des petits héros ne compense pas la faiblesse du scénario (proche de "Terminator 2") cliché, répétitif et qui se prend bien trop au sérieux. Ca aurait pu être autrement meilleur avec une histoire plus travaillée. Une impression de gâchis. BR Fr
Inside Llewyn Davis (Joel & Ethan Coen, 2013) **
En 1961 à New York, handicapé par une dépression autodestructrice, un chanteur de folk (Oscar Isaac, formidable) traverse sa vie et sa carrière sans réussir à s'accrocher à rien. Un film empreint de mélancolie (incarnée dans une magnifique photo bleue-grise) et d'humour doux-amer qui distille symbolisme et morale juive pour créer un conte folk existentiel d'une forte originalité. C'est peu aimable et c'est pourtant insidieusement touchant. BR Fr
Freier Fall / En chute libre (Stephan Lacant, 2013) **
Une sorte de "Brokeback Mountain" chez les CRS du Bade-Wurtemberg. L'un, dont la compagne va bientôt accoucher, s'engage dans une liaison avec un autre, gay. Il n'y a rien de bien nouveau dans le scénario (attirance, culpabilité, réaction, homophobie...) mais le film garde une crédibilité sincère sur toute sa durée, évite les clichés embarrassants et bénéficie de bons acteurs. Une tranche de vie comme une autre autour du sexe et de l'identité. BR Allemagne
The wolf of Wall Street / Le loup de Wall Street (Martin Scorsese, 2013) ***
Cette fresque tragi-comique sur le parcours d'un courtier voyou multimillionaire dans le New York des années 90, qui enchaîne les morceaux de bravoure, est un peu un "Citizen Kane" sous acide, étiré et hystérisé. Le rythme infernal et le jeu survitaminé de DiCaprio (et des autres) peuvent épuiser le spectateur ou lui donner une poussée d'adrénaline, selon sa récéptivité. Pour ma part, je me suis laissé emporter par le panache. BR Fr
Paradies : Liebe / Paradis : Amour (Ulrich Seidl, 2012) ***
Une quinquagénaire autrichienne (étonnante Margarete Tiesel, qui ose tout) part en vacances dans un club au Kenya pour combler sa solitude dans les bras de jeunes hommes noirs. Le tourisme sexuel, dont la misère n'a jamais été aussi bien observée, est le socle de cette métaphore sur l'exploitation mutuelle des Blancs et des Noirs, des vieux et des jeunes, du Nord et du Sud... Un de ces films crus et dérangeants dont l'Autriche a le secret. DVD Z2 Belgique
Zero Dark Thirty (Kathryn Bigelow, 2012) *
La traque et l'exécution de Ben Laden, entièrement vu du point de vue d'une agent de la CIA, Maya (Jessica Chastain, très bien). Le film raconte son histoire efficacement, sur le mode du thriller contemporain (la mise en scène de Bigelow est nerveuse mais sans surprise) et dresse un intéressant portrait de femme obsédée par sa mission. Dans le genre, je préfère de loin la série "Homeland" qui bénéficie de l'émotion qu'elle porte en plus. Br Fr
Vanya on 42nd Street / Vanya, 42e Rue (Louis Malle, 1994) ***
Transposée à l'écran par Louis Malle (son dernier film), la performance théâtrale à long terme du metteur en scène André Gregory et de son équipe dans un théâtre ruiné de la 42e Rue devient une formidable démonstration de la portée universelle de certains textes littéraires (ici, Tchekhov) et de l'art de l'acteur. Si (et seulement si) on se laisse prendre au concept très original du film, on est emporté jusqu'au bouleversant monologue final. BR US
Jesse James / Le brigand bien-aimé (Henry King, 1939) **
Le scénario trop lisse ne s'attache pas aux zones d'ombres de la personnalité de Jesse James, que le film présente comme un Robin des Bois fantasmé. Mais le plaisir de voir, dans un superbe Technicolor Kalmus, Tyrone Power (Jesse) et Henry Fonda (Frank) et quelques splendides moments de mise en scène (l'attaque nocturne du train) compensent. Un western teinté d'Americana qui marqua une date dans le genre. BR Fr
A l'origine (Xavier Giannoli, 2009) **
Un petit escroc (François Cluzet) berne une petite ville du Nord sinistrée en prétendant relancer un chantier d'autoroute abandonné. Part naturaliste, part allégorique, une fable (inspirée d'une histoire vraie) sur un imposteur pathologique et ses victimes consentantes par désespoir. Le sujet est passionnant et les acteurs tous excellents mais il manque juste une petite étincelle dans la mise en scène pour propulser le film plus haut. BR Fr
Diana (Oliver Hirschbiegel, 2013) 0
En se concentrant sur la romance secrète entre Diana et le chirurgien pakistanais Hasnat Khan au cours des deux dernières années de la vie de la Princesse de Galles, le scénariste pond une bluette sans mordant ni aspérité qui tire vers le téléfilm Harlequin de luxe. La courte vie de Diana a eu son lot de mélodrames, le point de vue choisi ici est l'un des plus insipides. Noami Watts (peu mimétique) fait ce qu'elle peut avec ce qu'on lui donne. BR Fr
9 avril 2014
Louise et l'âge
Pour le plaisir inaltérable de revoir Louise de Vilmorin. Et de l'écouter. Ici, sur l'âge. Jamais Vieille France ne fut aussi jeune.
3 avril 2014
Films vus par moi(s) : avril 2014
*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais
World War Z (Marc Foster, 2013) **
Z pour Zombies. Un épidémie foudroyante fait des humains des zombies véloces et voraces. Brad Pitt va s'en occuper. Il y a de l'idée et des scènes spectaculaires (quoique souvent brouillones visuellement) et c'est plutôt une bonne surprise quand on n'attendait rien. Bien sûr, le cliché de la famille est rédhibitoire mais l'intrigante séquence de Jérusalem fonctionne bien (on se demande quelle métaphore elle file). Pas inoubliable mais pas mal. BR Fr
Le beau mariage (Eric Rohmer, 1982) 0
Autant j'adore la plupart des films de Rohmer pour leur fraîcheur naturelle, leur bavardage précieux et leur profondeur discrète, autant celui-ci m'a cassé les pieds du début à la fin, d'abord à cause du nombrilisme de son éxaspérante héroïne Sabine (Béatrice Romand) et ensuite de la faiblesse du semblant de propos général. Seules Arielle Dombasle et les rues du Mans m'ont fait tenir jusqu'au bout. Un mauvais Rohmer mais il en faut bien un. Br Fr
Nicht der Homosexuelle ist pervers, sondern die Situation, in der er lebt / Ce n'est pas l'homosexuel qui est pervers mais la situation dans laquelle il vit (Rosa von Praunheim, 1971) ***
Daniel, un jeune gay débarqué à Berlin-Ouest, explore les milieux homos de la ville en quête d'une tribu qui lui convienne mais est déçu. Un faux documentaire génial de provocation subversive comme les 70's savaient le faire, construit en voix off comme un Erklärungsfilm ("film d'explication"). Le scandale qu'il provoqua à sa sortie mit sur les rails le GayLib en Allemagne et en Autriche et fit de son réalisateur la figure tutélaire du mouvement. BR Allem
Le cercle rouge (Jean-Pierre Melville, 1970) ***
Calé sur un chromatisme gris-bleu et des plans à la composition qui imprègnent chaque moment d'une mélancolie à la limite de l'irrespirable, un thriller existentiel sur quatre loups solitaires qui sont poussés vers leur destin par des trajectoires convergentes autour d'un casse de bijoux. D'un équilibre magistral entre le fond et la forme, c'est l'archétype du film melvillien. Delon, Bourvil, Montand et Volonte ont rarement été aussi bons et douloureux. BR Fr
The day the Earth stood still / Le jour où la Terre s'arrêta (Robert Wise, 1951) **
Un classique de la SF dont l'économie des trucages et du design peuvent rebuter mais dont le scénario concentré et dynamique reste un modèle. L'appel à la raison et au pacifisme, replacé dans le contexte géopolitique de l'époque, apporte au film sa solidité culturelle. Michael Rennie et Patricia Neal forment un des couples les plus adultes de la SF. Et quelle belle idée que ces trois mots insensés et mémorables : "Klaatu barada nikto". BR Fr
Taking off (Milos Forman, 1971) ***
Le premier (et le meilleur) film américain de Forman raconte dans un style original qui fusionne le modernisme européen et américain la recherche à et autour de New York d'une ado fugueuse par ses deux parents. Avec beaucoup d'humour et de tendresse et sans juger ni l'une ni les autres, la fracture générationelle, sujet de tant de films formatés, y est révélée sous un surprenant point de vue. La séquence du casting au début est fascinante. BR Fr
Michael Kohlhaas (Arnaud des Pallières, 2013) 0
Mads Mikkelsen est encore une fois habité par ses démons et minéral dans ses expressions dans cette histoire de vengeance dans les Cévennes des années 1500 (tirée d'un fait divers réel qui s'est passé en Allemagne). Les images sont bellement composées mais le rythme languissant et l'austérité ampoulée de chaque action ou regard tournent au désavantage du film. Le film historique est un genre qui ne souffre pas l'ennui. BR Allem
Man of steel (Zack Snyder, 2013) *
Si les scènes impliquant Clark Kent/Superman parmi les humains fonctionnent et réussissent à créer une émotion, l'inflation pyrotechnique et l'action apocalyptique de tout ce qui concerne les méchants de Krypton est écoeurante. Henry Cavill est canon mais doit revoir son expressivité. Le plus intéressant dans tout ce fatras est le symbolisme christique - à la truelle - et la présence d'Amy Adams, toujours parfaite (une belle scène finale). BR Fr
Noah / Noé (Darren Aronofsky, 2014) 0
Un
navet ridicule, boursouflé comme une outre, qui fusionne le Livre de la Genèse,
The Lord of the Rings, un téléfilm SyFy et une pub écolo avec,
derrière la caméra, un réalisateur qu'on sent poussé par une mission incertaine.
L'outrance et le kitsch du sujet, qui pourraient être réjouissants, croulent
sous le poids du sérieux, incarné dans le jeu de Russell Crowe. Mais
ça plait dans la Bible Belt et ailleurs et ça, ça interroge. Ciné
The Boston strangler / L'étrangleur de Boston (Richard Fleischer, 1968) ***La traque et les auditions d'Albert DeSalvo (Tony Curtis) qui tua des femmes à Boston de 1962 à 1964. Fleischer réalise une première heure fascinante d'audace thématique et technique avec les fausses pistes révèlant différents types de déviants et l'emploi magistral du split-screen. La seconde partie, après la capture, est plus traditionnelle, hormis le point de vue sans préjugés sur la schizophrénie. Impressionnant dans le fond comme dans la forme. BR Fr
Underworld / Les nuits de Chicago (Joseph von Sternberg, 1927) **
Part film de gangster (genre duquel il fut une des matrices), part mélodrame amoureux, le premier grand film (muet) de studio de von Sternberg met en place les éléments de sa marque de fabrique (clair-obscur, décors chargés, sens de la composition et du rythme, trio romantique). Si le début laisse de la place à la comédie, la seconde partie déploie un intense suspense dont l'émotion n'est pas absente. Evelyn Brent et Clive Brook sont formidables. DVD Z1 US
Super 8 (J.J. Abrams, 2011) *
Un hommage révérencieux au Spielberg (qui l'a produit) des années 80 avec ses familles décomposées, ses ados infatigables, sa province stéréotypée, ses lumières dans la nuit, son armée cachottière et sa créature extraterrestre en vadrouille. Et le sirop des bons sentiments. Ca se laisse voir bien sûr parce que c'est éprouvé et bien fait, mais l'impression de déjà vu, du début à la fin, est omniprésente. Pour un samedi après-midi de glandouille. BR Fr
Snowpiercer (Joon-ho Bong, 2013) 0
Un film de SF écologico-marxicisant, truffé d'incohérences scénaristiques et de métaphores lourdaudes autour du futur de la Planète et de l'Humanité. Ce train qui traverse une Terre glacée avec ses passagers séparés (les renégats et les riches, pardi !) fonce dans le vide. Une scène fonctionne (la salle de classe) et Tilda Swinton, méconnaissable dans un rôle outrancier, s'amuse et casse la baraque. A l'arrivée, un navet de première classe. BR Fr
Ausente / Absent (Marco Berger, 2011) **
Un lycéen réussit à se rapprocher de son professeur de sports qu'il entraîne dans un jeu de séduction. Un petit film argentin qui semble commencer comme un thriller psychologique gay avant de bifurquer vers une étude du désir et du regret d'une sincère et émouvante banalité. Tout est en retenue et tension, fixé sur le visage et le corps de ses deux acteurs (le prof très bon, l'ado un peu moins), c'est assez réussi dans le genre du film intimiste. BR Fr
Halloween II (Rob Zombie, 2009) 0
Qu'est ce que c'est mauvais ! Michael Myers, au masque de peau, revient tuer au couteau et à la hache tout ce qui bouge. Il y a Malcolm McDowell qui bien entendu cabotine, Brad Dourif qui échoue à tirer le film vers le haut, une dame blanche, des ralentis nocturnes, des clins d'oeil grossiers (la petite fille de Frankenstein) et du gros gore qui gicle. J'ai aperçu la seconde moitié en fast forward. Et certains critiques méritent des coups de pied au cul. BR Fr
Der Baader Meinhof Complex / La Bande à Baader (Uli Edel, 2008) **
Les dix premières années de la Fraction Armée Rouge, le groupe terroriste d'Extrême-Gauche allemand des années 70 mené par Andreas Baader (Moritz Bleibtreu, médiocre) et Ulrike Meinhof (Martina Gedeck, excellente). La reconstitution de l'époque et la réalisation sont impeccables mais le scénario réduit le sujet en privilégiant l'action pure aux détriment des motivations politiques. "Carlos" d'Assayas (2010) est d'un tout autre niveau. Br Fr
9 mois ferme (Albert Dupontel, 2013) 0
Une juge vieille fille découvre qu'elle est enceinte d'un voleur assassin psychopathe. L'unanimité sur la réussite et l'humour de ce film et le César de Sandrine Kiberlain m'ont donné envie de le voir. Si l'histoire est amusante, les chichitteries de mise en scène (les placements de caméra, le gore gratuitement appuyé) et les clins d'oeil lourdauds (caméos, autoréférence) m'ont vite fatigué. Le style Dupontel, s'il existe, est juste insupportable. BR Fr
2 mars 2014
Films vus par moi(s) : mars 2014
*** excellent / ** bon / * moyen / 0 mauvais
Blue Jasmine (Woody Allen, 2013) **
Porté par Cate Blanchett, au bord du surjouage (mais sans y tomber) dans un rôle très difficile, un film douloureux sur l'effondrement social et psychologique d'une femme privilégiée victime et artisan de sa propre chute. Si le début semble annoncer une comédie dramatique, la noirceur et la cruauté prennent vite le dessus et on en sort avec une boule dans la gorge. Un portrait de femme dérangeant et attirant comme un accident de voiture. BR Fr
Frozen / La Reine des neiges (Chris Buck & Jennifer Lee, 2013) ***
Un Disney qui part du conte d'Andersen pour raconter une histoire sincèrement émouvante sur l'acceptation de soi et de l'amour des autres. L'animation et les décors sont magiques, les nombreuses chansons pas mal du tout et les caractères plutôt bien développés. J'ai juste une petite réticence pour le bonhomme de neige comique et la triste convention contemporaine des yeux démesurés. Mais globalement, c'est une réussite. BR Fr
Queen Christina / La Reine Christine (Rouben Mamoulian, 1933) ***
La présence à l'écran, toujours fascinante, de l'énigmatique Greta Garbo, compense ses limites d'actrice et la mise en scène de Mamoulian n'est pas aussi inspirée (mis à part la séquence de la chambre dans l'auberge et la fin, évidemment) que dans d'autres de ses films. Mais cet épisode d'histoire outrageusement romancé reste toujours un grand plaisir, notamment pour l'audace et l'humour de ses moments de confusion du genre. DVD Z1 US
Wreck-It Ralph / Les mondes de Ralph (Rich Moore, 2012) *
Une animation Disney/Pixar, sorte d'hybride de "Toy story" et d' "Alice au pays des merveilles", sur un personnage de jeu vidéo désespéré d'être étiqueté "méchant" et qui veut s'acheter une réhabilitation. Le début est très bon, malin et amusant mais vite, le scénario se perd dans des poursuites répétitives sans enjeu, si ce n'est de déployer la maîtrise de la technique. Avec des placements de produits assez malhonnêtes. Mouais. BR Fr
Amarcord (Federico Fellini, 1973) **
Un an de la vie d'un ado de Rimini sous Mussolini entre famille, copains et émois érotiques. Il y a beaucoup d'excellent et un peu de moins bon dans cette succession de séquences inspirées par des souvenirs de Fellini. Si quelques unes se trainent (la réception dans le Grand Hôtel), d'autres étincellent (le paon sous la neige, la buraliste). Entre humour et sens de l'absurde, c'est la tendresse, immense, qui l'emporte en fin de compte. DVD Z1 US
Roma (Federico Fellini, 1972) ***
Il n'y a pas une seule scène de ce film kaléidoscope, regard subjectif et personnel de Fellini sur Rome, qui ne s'imprime définitivement dans votre propre psyché. Du franchissement du Rubicon à la virée nocturne des motards, tout est définitif. Comme les corps et visages de ces femmes (surtout les femmes) et hommes qui parsèment l'écran. Génialement artificiel et plus vrai que nature, une exaltante déclaration de tendresse à Rome. BR UK
12 years a slave (Steve McQueen, 2013) *
J'hésite entre * et 0 mais bon, l'esclavage doit être raconté. C'est ce genre de film qui entretient la mémoire et c'est important. Mais ici, que les événements sont prévisibles, que les caractères sont stéréotypés, que certaines scènes sont putassières et que la mise en scène est académique ! Pour le cinéma et sur le même sujet, mieux vaut revoir "Mandingo" de Fleischer ou "Addo Zio Tom" de Jacopetti & Prosperi, autrement meilleurs. BR US
Rebel without a cause / La fureur de vivre (Nicholas Ray, 1955) ***
James Dean, icônique, irradie l'écran de sa présence et continue à surprendre par son jeu instinctif en décalage avec celui des autres acteurs du film. Le commentaire sur l'ennui et le malaise des jeunes américains des Fifties est bien vu et la réalisation de Ray, classique et nerveuse, colle au sujet. L'adoration ambigüe de Plato (Sal Mineo) pour Jim (Dean) est traitée de façon subtile mais réelle. Et Natalie Wood est mieux que d'habitude. BR Fr
Mademoiselle Chambon (Stéphane Brizé, 2009) *
L'attirance mutuelle réservée entre un maçon et l'institutrice de son fils. C'est avant tout un film d'excellents acteurs (Vincent Lindon et Sandrine Kiberlain), plein de regards et de silences qui émeuvent d'abord puis commencent à lasser. Le peu d'enjeux et de péripéties, l'extrême délicatesse de la réalisation et la banalité du quotidien décrit font qu'on s'ennuie malgré la volonté d'aimer. Avec une belle utilisation de Barbara sur la scène finale. DVD Z2 Fr
Er Moretto - Von Liebe leben (Simon Bischoff, 1985) *
Construit autour de l'interview d'un ex prostitué romain (sorti de la prostitution à 17 ans), un film suisse d'un hallucinant amateurisme - mais dont le surréalisme m'a amusé - qui panache reconstitutions du quotidien des jeunes gigolos et travelos du Circo Massimo (nettoyé en 1983), de leurs clients et des fantômes de la Rome antique. Certaines scènes se ridiculisent en pastichant Fellini et Pasolini, évidemment. Camp comme pas permis. DVD Z2 Allem
Persona (Ingmar Bergman, 1966) ***
Une actrice qui ne veut pas parler et son infirmière qui au contraire s'épanche cohabitent en huis-clos sur une île de la Baltique. A chaque révision son interprétation : ce film sans cesse s'échappe. Les audaces formelles et l'hernétisme existentiel du sujet restent stupéfiants, 50 ans plus tard : "Persona" est une oeuvre inépuisable, matrice de tant d'autres (dans le cinéma, la photo et l'art contemporains). Un film clé. BR Fr
Fedora (Billy Wilder, 1978) **
Passionnant plus que convaincant, l'avant-dernier film de Wilder revisite les territoires de son thème fétiche (l'usurpation d'identité) et de son propre "Sunset Boulevard" (1950). Centré sur une ex star ce cinéma recluse sur une île à Corfou. le film dégage une ambiance funèbre qui file la métaphore sur la mort du vieil Hollywood. Si William Holden est formidable, c'est dommage que Marthe Keller ne soit pas à la hauteur de son rôle. BR Fr
Argo (Ben Affleck, 2012) ***
Ca commence comme un thriller politique (autour de la crise des otages de l'ambassade US de Téhéran en 1980) pour s'orienter vers le thriller pur, ou plus exactement le film de suspense. Dans le genre, le film est formidablement réalisé, tenant en haleine du début (avec une excellente séquence d'ouverture) à la presque fin, qui vire au triomphalisme de propagande. De plus, l'histoire (vraie) est originale et non dénuée d'humour. BR Fr
La vie d'Adèle, chapitres 1 & 2 (Abdellatif Kechiche, 2013) ***
Plus qu'une histoire d'amour, un commentaire social ou les étapes d'un apprentissage (le film n'est pas loquace sur ce qu'il veut dire), ce magnifique morceau de cinéma contemporain qui colle au plus près des visages et des corps de ses personnages est un condensé d'énergie vitale, porté par l'assurance de la mise en scène et la présence magnétique de ses deux formidables actrices. Les scandales passés, il reste une pépite d'humanité. BR Fr
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